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Les richesses
«Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l?utilité commune » tel est, au sein de nos frontières, le résumé du contrat social par la seconde phrase de la Déclaration des droits de l?homme et du citoyen de 1789.
Pour traiter cette question, il est apparu fondamental de s?accorder tout d?abord sur une définition des richesses susceptibles de faire l?objet d?un partage. Cette définition doit être complète et extensive. La définition de la valeur est d?autant plus importante que ce débat se situe dans un contexte de crise intellectuelle, de « vide idéologique » actuel. Au-delà des valeurs économiques cette définition doit comprendre :
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Les richesses matérielles : elles sont capitales, et manquent cruellement à une très grande majorité de nos concitoyens dont les besoins fondamentaux ne sont pas couverts (eau, air, nourriture, énergie, sécurité) ;
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Les richesses immatérielles : ce sont aussi des valeurs intellectuelles (éducation, savoirs, science, connaissances), que des valeurs morales qui n?existent que si elles sont partagées, qu?elles soient universelles (liberté, égalité, fraternité, primauté de la loi et de la règle de droit) ou identitaires (patriotisme, honneur, « self respect », valeurs que l?on s?exposerait, si on les négligeait, à voir proliférer sous leurs formes déviantes du nationalisme et des différentes variantes du particularisme exacerbé : régionalismes, sectarismes, puritanismes, etc.).
Le partage actuel des richesses est en effet inégalitaire. Il n?est pas nécessaire de reprendre ici des chiffres bien connus sur les oppositions et les contrastes entre Tiers-monde et sociétés d?opulence. Sans doute est-ce aussi le poids du passé. Et à cet égard, c?est un choc technique, de savoir-faire, de civilisation, qui résume le phénomène de la colonisation, du XIXe siècle, plus que des aspects militaires, autant que des affirmations d?ordre moral. Mais les temps ont changé. Il est nécessaire de souligner que la barrière entre richesse et pauvreté, passe à l?intérieur même de nos propres sociétés, baignant elles-mêmes dans un univers internationalisé et mondialisé.
Nous sommes tous concernés par la question du partage des richesses : la mondialisation de la société vient rejoindre notre idéal d?universalité, comme le disait Dominique Wolton dans sa récente conférence à Maurice. Nos consommations sont ainsi d?une certaine manière liées aux pénuries du Tiers-monde. Nos économies sont liées à un mode d?exploitation des ressources qui favorise la confiscation de la rente (pétrolière ou gazière).
La force de travail que représentent les travailleurs immigrés, chez nous ou sous d?autres latitudes (asiatiques dans le Golfe arabo-persique ou au Japon, Mexicains aux États-Unis) représente à la fois un enrichissement pour « ceux qui ont » et un appauvrissement pour « ceux qui n?ont pas », et en particulier leurs pays d?origine. Plus, au sein des pays du Sud des démarcations insoupçonnées perdurent : l?esclavage, par exemple.
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