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Affaire Ravatomanga
Nasser Beekhy revient à la FCC avec de nouvelles «preuves»
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Affaire Ravatomanga
Nasser Beekhy revient à la FCC avec de nouvelles «preuves»
Nasser Beekhy à la FCC hier. (Photo : © Dev Ramkhelawon)
L’affaire Mamy Ravatomanga connaît un nouvel épisode avec le retour de Nasser Beekhy dans les locaux de la Financial Crimes Commission (FCC). L’homme d’affaires s’y est présenté dans l’après-midi d’hier, accompagné de son avocat, Mᵉ Samad Golamaully, avec un affidavit et une clé USB contenant, selon la défense, des éléments susceptibles d’intéresser les enquêteurs.
À sa sortie, Mᵉ Golamaully a de nouveau présenté son client comme un lanceur d’alerte qui, malgré ses déclarations, s’est lui-même retrouvé au cœur de l’enquête. Il a affirmé avoir remis à la FCC des éléments qu’il considère comme particulièrement sérieux. «Si zot fer lanket kouma bizin, pou ena bann gro tsunami», a-t-il lancé, estimant que l’exploitation de ces informations pourrait entraîner de nouveaux développements dans le dossier.
L’avocat a également dit ne pas douter de l’authenticité des éléments transmis. Selon lui, certaines personnes auraient cherché à profiter de l’affaire Ravatomanga en considérant l’homme d’affaires malgache comme une «cash cow». Il a par ailleurs soutenu que certaines des informations communiquées à la FCC étaient déjà en possession de la commission depuis l’année dernière et proviendraient de deux téléphones portables.
Quant à Nasser Beekhy, il est resté discret sur sa démarche, réaffirmant seulement qu’il se considère comme un dénon- ciateur dans cette affaire. Il fait actuellement face à une accusation provisoire de trafic d’influence. Les faits allégués remontent au 15 octobre 2025 et concernent notamment une rencontre présumée avec l’avocat Junaid Haroon Fakim, alors commissaire à la FCC, en présence de David Jean Christian Thomas, présenté comme un proche de Mamy Ravatomanga.
Le récit explosif de l’affidavit
Nasser Beekhy a livré sa version dans un affidavit de neuf pages déposé devant la Cour suprême, le jeudi 10 septembre. Celui qui affirme avoir été un proche et fidèle soutien de Navin Ramgoolam pendant plusieurs décennies y soutient avoir tenté de dénoncer de graves allégations de trafic d’influence, de corruption et d’extorsion autour de l’affaire Mamy Ravatomanga. Il affirme notamment qu’une somme de Rs 350 millions était au cœur des demandes présumées et assure disposer d’un enregistrement audiovisuel ainsi que d’autres éléments de preuve. Dans cet affidavit, Nasser Beekhy revient aussi longuement sur ses liens avec Navin Ramgoolam et le Parti travailliste. Il affirme avoir participé à plusieurs campagnes électorales, avoir assumé différentes responsabilités politiques et avoir fait partie de l’équipe assurant la sécurité personnelle de Navin Ramgoolam, notamment lors des élections générales de 2014 et 2019.
Son récit prend une autre tournure avec l’arrivée de Mamy Ravatomanga à Maurice en octobre 2025. Nasser Beekhy affirme avoir été informé que l’homme d’affaires malgache faisait l’objet de demandes portant sur des sommes considérables. Selon lui, celles-ci auraient été formulées en échange de l’exercice, ou du prétendu exercice, d’une influence politique ou officielle.
Il soutient avoir cherché à transmettre ces informations aux autorités et à des responsables politiques. Il dit notamment avoir contacté le secrétaire au Cabinet ainsi qu’un conseiller de l’ancien Premier ministre adjoint. Il explique également avoir considéré Junaid Haroon Fakim, alors commissaire de la FCC, comme une personne digne de confiance et à qui les informations pouvaient être communiquées.
Nasser Beekhy affirme toutefois que sa démarche s’est retournée contre lui. Après avoir été intercepté à l’aéroport le 24 octobre 2025, alors qu’il comptait se rendre en France, il dit avoir été conduit dans les locaux de la FCC avant d’être détenu. Il a ensuite été provisoirement accusé de complot en vue de commettre un délit de trafic d’influence. Il rejette dans l’affidavit toute participation à un accord criminel.
L’un des passages les plus sensibles concerne les Rs 350 millions. Nasser Beekhy affirme que le système présumé portait sur cette somme et concernait des personnes qui auraient été présentées comme étant directement liées au Prime Minister’s Office. Il prend toutefois soin de préciser qu’il ne possède aucune preuve directe que Navin Ramgoolam ait personnellement formulé, autorisé ou participé à une quelconque demande illégale.
Nasser Beekhy assure détenir un enregistrement audiovisuel directement pertinent pour ces allégations. Une copie aurait, pour des raisons de sécurité, été conservée hors de Maurice. Il se dit prêt à remettre ce matériel à une équipe d’enquête indépendante et légalement constituée, évoquant même la possibilité d’enquêteurs du Metropolitan Police Service britannique, communément appelé Scotland Yard.
L’affidavit marque également une rupture avec Navin Ramgoolam. Nasser Beekhy affirme ne plus avoir la confiance qu’il avait autrefois en lui, estimant qu’une enquête indépendante et transparente aurait dû être menée. Il dit aussi craindre des représailles contre sa famille et lui, et affirme envisager de rendre l’enregistrement public si les autorités n’agissent pas, tout en assurant qu’il respectera la loi et toute décision de justice.
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