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L?environnement tue 1 300 Mauriciens par an
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L?environnement tue 1 300 Mauriciens par an
L?air, l?eau, notre milieu ambiant, sont des tueurs en série. Quel-que 1 300 personnes décèdent chaque année à Maurice en raison de la mauvaise qualité de l?environnement. C?est ce que révèle une étude de l?Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée le 13 juin. Cette enquête, basée sur des données de 2004, est une première.
Des scientifiques de l?OMS ont passé au peigne fin, pays après pays, les effets des facteurs environnementaux* sur la santé. Et le résultat à Maurice est atterrant : les maladies liées à l?environnement tuent 25 personnes par semaine.
Une tragédie silencieuse
Des chiffres bruts à l?analyse, il existe deux approches : l?une pessimiste, l?autre optimiste. L?analyse pessimiste met au jour une tragédie silencieuse : Maurice est malade de sa pollution, malade de son environnement malsain. Il est responsable de 15 % des 8 483 décès enregistrés en 2004. Autrement dit, les maladies liées à l?environnement tuent dix fois plus que les accidents de la route.
L?analyse optimiste consiste à comparer nos malheurs à ceux des 192 autres pays étudiés. On constate alors que Maurice est plutôt bien notée. Nous faisons partie des bons élèves, avec des scores légèrement supérieurs à nos voisins proches (Seychelles), ou éloignés (Sri Lanka, Fidji).
Anil Bachoo, le ministre de l?En-vironnement, préfère, lui aussi, voir le verre à moitié plein : « Maurice se situe près des niveaux les plus bas. » Un brin sceptique, il ajoute : « Le décès de 1 300 personnes en 2004 est avancé par l?OMS. » Or, « au ministère de l?Environnement, il n?existe pas de rapport » mettant en évidence le lien entre pollution et maladies. Difficile d?admettre que notre puissions générer notre propre vulnérabilité?
Pour le représentant de l?OMS à Maurice, le propos est différent. Krishnanand Bissoonathsingh estime ainsi que « notre devoir est de réagir.
Nous devons réviser fondamentalement nos comportements, à commencer par les règles d?hygiène ».
« Un large brainstorming s?impose, poursuit-il. Identifions nos échecs et définissons une stratégie. Pas seulement entre la Santé et l?Environnement. L?action doit être collective pour avoir de l?impact. Un vecteur comme l?école pourrait être intelligemment utilisé et servir de support de mobilisation. »
Encore faudrait-il redéfinir ce que l?on entend par « mobilisation ». Car les faits sont là et tordent le coup aux belles intentions : nos gouvernants ne considèrent pas l?écologie comme une priorité, mais comme une préoccupation subsidiaire.
- Les facteurs environnementaux considérés sont les suivants : la pollution, les dangers sur le lieu de travail, les rayonnements ultraviolets, le bruit, les risques agricoles, les changements climatiques et les modifications des écosystèmes.
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