Publicité

Les politiques

12 mars 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Oomar uteem, La politique autrement

Il est venu au monde l?année où le pays a accédé à l?Indépendance, n?a pas toujours sa langue dans sa poche et rêve de faire de la politique autrement.

Cardiologue de profession, Oomar Uteem a fait ses études de médecine à Bordeaux. Élevé dans une famille qui souffre d?un « besoin maladif d?aller vers les autres » et qui parle politique midi, matin et soir, il finit par emboîter le pas à son père. Il se présente à la députation en 2005 dans la deuxième circonscription de la capitale. Sans succès.

Lui qui croyait tout savoir de la chose politique devra bien vite se rendre à l?évidence face à certains comportements. Cette première expérience lui a cependant appris qu?idéalisme ne rime pas toujours avec réalisme. Il refuse néanmoins de jeter l?éponge.

Oomar Uteem réfléchira à deux fois à l?approche des élections municipales et choisit finalement de rester à l?écart. Il décide de faire de la politique autrement. Pour maintenir le contact avec les gens de sa circonscription, il ouvre un cabinet de consultations où des soins sont gratuitement prodigués à ceux qui sont les plus démunis. Oomar Uteem attend son heure. « Militant je suis et militant je reste. »

Il a cependant du mal à cacher quelques regrets. Notamment à propos du statu quo à la direction de son parti, le MMM. « Je note que le renouvellement tant promis tarde à se concrétiser. »

Il reste cependant optimiste pour son pays. « Je pense que dans l?immédiat, les choses vont être difficiles, mais je reste persuadé que nous avons les moyens à long terme de surmonter nos difficultés. Pour atteindre de tels objectifs, il faut se donner les moyens humains, pas uniquement au niveau politique. »

Il y a lieu, dit-il, de contrer l?exode des jeunes talents et de tout faire pour encourager ceux qui décrochent les bourses d?État à rentrer après leurs études. Quitte à revoir les conditions attachées à ces bourses.

De l?optimisme et le rêve de faire de la politique autrement. C?est tout le mal que l?on est tenté de souhaiter pour un 12 mars.

Leela Devi Dookun-Luchoomun ou la confiance faite femme

Ce n?est pas par accident qu?elle a fait son entrée sur la scène politique. Cette enseignante de biologie du collège St-Esprit vient d?une famille qui a toujours été liée à la chose politique. Son grand-père paternel, Rambans, avait été candidat du PMSD aux élections de 1967. Mais contrairement à ce dernier, la jeune femme ne partage pas les mêmes convictions. Elle s?intéresse au bouleversement que connaît le pays au début des années 80 alors qu?elle était encore collégienne au couvent de Lorette de Quatre-Bornes. À sa façon, elle milite, demande à ses copines de ne pas acheter de cahiers chez Prisunic, mais de consommer mauricien et suit avec assiduité les cours de l?Institut pour le développement et le progrès. Partie étudier à Delhi, elle se tient informée du chamboulement dans l?île. Rentrée au pays, elle suit de loin les événements politiques et, en 1996, n?y tenant plus et encouragée par ses proches, elle se jette dans l?arène. Elle prendra contact avec sir Anerood Jugnauth, un parent éloigné. Candidate MSM aux élections municipales à Vacoas, elle mord la poussière, mais est repêchée en tête de liste aux législatives de 2000, portée par la vague blanc mauve. PPS au début, cette férue de biologie sera ministre de la Culture durant sept mois avant les élections. Ce qu?elle veut voir : une île « dépouillée de ses préjugés », que les Mauriciens « cohabitent en harmonie » car elle considère que « le tissu social est fragile ». La politicienne s?inquiète aussi de la dégradation de l?ordre public et de la montée de la criminalité. Elle rejoint un peu la vision rouge en disant vouloir un pays qui privilégie une « equal opportunity » pour tous ses citoyens. Elle espère que dans vingt ans, ses rêves seront devenus réalité car elle place sa confiance dans ceux avec qui elle travaille : les jeunes.

Nita deerpalsingh, la passonaria travailliste

À peine la quarantaine. Adore ses parents, fonctionnaires et farouchement apolitiques, qui lui ont donné dès le jeune âge, une « conscience sociale » et le goût de la lecture. Nita Deerpalsingh lit tout ce qui lui tombe sous la main et dévore, dès l?adolescence et avec un même appétit, le manifeste de Karl Marx et les ?uvres d?Aimé Césaire.

Après des études d?actuaire au Canada, elle s?inscrit en cours de route à des cours du soir en philosophie à l?université de Vancouver et découvre qu?elle n?est « qu?une ignorante ». Elle se délecte des discussions passionnantes que de telles études lui procurent.

Elle rentre une première fois au pays en 1997 et travaille dans le privé. Elle repart en direction de Londres à la faveur d?une bourse du Sloans Programme réservée aux femmes qui ont brillé à des postes à responsabilité. Un itinéraire qui aiguise son sens de la critique et son goût pour les joutes verbales.

De retour en 2003, elle prend position sur des thèmes d?intérêt national et contribue ainsi à certains débats au niveau de la presse. Fin 2003, Navin Ramgoolam demande à la rencontrer à la suite de la publication d?un de ses articles. Il l?invite à participer à des sessions de réflexion au sein du Parti travailliste. Puis, on lui demande d?apporter sa contribution à la rédaction du programme gouvernemental de l?Alliance sociale.

Malgré pareil engagement, elle songe à peine à se jeter dans l?arène. Elle sera néanmoins alignée à Belle-Rose-Quatre-Bornes. « Je me voyais candidate en 2010, mais pas avant. J?ai été désignée à la dernière minute et j?ai animé ma première réunion le jour de la présentation des candidats. »

Le coup d?essai lui est favorable. Elle est ensuite choisie pour représenter le Parlement mauricien au comité paritaire ACP-Union européenne. Elle est également membre du Public Accounts Committee et vice-présidente du comité gouvernemental sur la démocratisation de l?économie. Le Premier ministre lui confie aussi la responsabilité de faire partie du comité de suivi du programme gouvernemental de l?Alliance sociale.

À cheval sur des principes et passionnée dans tout ce qu?elle entreprend, Nita Deerpalsingh rêve d?un pays « où fleurit la dignité humaine, où chacun a la chance de s?ouvrir à la culture mondiale ». Elle constate que la première session parlementaire s?est déroulée dans la sérénité. « La présence des femmes assainit l?ambiance au Parlement. »

Le pays, dit-elle, va au-devant d?une phase de transition difficile, mais inévitable dans sa marche vers le progrès.

Publicité