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Les chercheurs
Vassen Kauppaymuthoo Le chantre de l?océan
Il est bien agréable de parler océanographie avec Vassen Kauppaymuthoo, 34 ans. Sa passion pour la mer est contagieuse, elle vous entraîne dans ces fonds marins qui recèlent de richesses insoupçonnées.
De retour à Maurice en 1998 ? « pour apporter sa pierre à l?édifice » ? après une maîtrise en ingénierie environnementale à l?École des mines en France et une maîtrise en océanographie à l?université de Québec, Vassen Kappaymuthoo se lance dans un plaidoyer pour l?océanographie auprès des dirigeants d?alors. « L?économie était à son apogée. Avec une zone économique exclusive équivalente à quatre fois la superficie de la France, l?avenir réside dans l?exploitation des ressources océanographiques. »
Ceux qui détiennent les rênes du pouvoir trouvent ses idées intéressantes, sans plus. Il claque la porte du Mauritius Oceanography Institute, créé en 1999, où il occupe le poste de Project Officer pendant quelques mois. Son épanouissement, il le trouvera à Delphinium Ltd, une agence de consultants en environnement et océanographie, qu?il dirige depuis 2000. Il a collaboré régulièrement avec des institutions internationales telles que le Rimouski Oceanographic Centre du Canada, ainsi qu?avec des agences internationales comme l?UNDP, l?Union européenne.
Aujourd?hui, tous parlent du Seafood Hub comme un secteur d?avenir. « On a la possibilité d?exploiter ces ressources dans le lagon ou en pleine mer. À Malte, par exemple, on trouve des fermes de thon en pleine mer. On peut imaginer aussi des fermes de pieuvres ou d?algues comme au Japon. »
Mooznah Auleear Owodally, l?universitaire optimiste
Ancienne lauréate et chargée de cours à l?université de Maurice, Mooznah Auleear Owodally est de ces jeunes mauriciennes qui veulent s?investir pour une île Maurice meilleure. « J?ai été lauréate et cela m?a permis de faire un BA Hons en anglais à l?université de Newcastle et un MA en applied linguistics à Durham. Je me sens redevable envers mon pays et c?est pourquoi, je suis rentrée », affirme-t-elle.
Rentrée en 1998, elle enseigne au collège de Lorette de Quatre-Bornes avant d?intégrer l?université de Réduit. Elle prépare actuellement un doctorat avec l?université de Cape Town sur l?initiation à l?anglais et à l?écriture (literacy) en préscolaire. Mooznah Auleear Owodally se montre très réservée sur les réformes proposées par le ministre Dharam Gokhool. « Le retour à la compétition va renforcer une école à deux vitesses. Et pourrait restreindre la mobilité et l?ingénierie sociale que permet l?éducation. »
« Le pays aura à relever d?autres défis importants, tant au niveau économique que social. Mais je suis optimiste : à chaque fois que le pays a connu des moments difficiles, les Mauriciens s?en sont toujours sortis grâce à leurs initiatives et à leur engagement. » La jeune universitaire veut s?engager « de manière plus précise » dès qu?elle aura terminé son doctorat. « On ne peut se permettre de rester sur le banc de touche et de critiquer. On doit s?engager de manière plus concrète dans la société civile. »
L?ancienne lauréate propose une nouvelle taxe de 0,5 % sur les salaires de plus de Rs 5 000. Les recettes ainsi perçues permettraient de financer plusieurs projets dans le secteur éducatif. « Il est inconcevable que l?on parle de world class education et que les élèves de plusieurs écoles primaires n?ont pas d?accès régulier à une bibliothèque digne de ce nom. » Elle persiste et signe :
« Aujourd?hui, l?éducation n?est gratuite que sur papier. Dans les faits, c?est loin d?être le cas : on paie des leçons particulières. »
« Il nous faut nous poser les vraies questions sur l?échec de notre système éducatif et nous attaquer aux causes du mal. Et non nous contenter d?agir sur les conséquences. »
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