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Les cadres

12 mars 2006, 00:00

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Vedna Essoo : de la MEF a Accenture

Après 10 ans de bons et loyaux services à la Mauritius Employers? Federation (MEF), Vedna Essoo s?apprête à occuper de hautes responsabilités au sein de la filiale locale d?Accenture. Cette ancienne étudiante de la London School of Economics a vite gravi les échelons de la MEF. Entrée comme économiste, elle est devenue, en 2004, directrice adjointe.

Deux ans après, elle décide de couper les ponts. Elle explique qu?elle part faute d?avoir « vu les choses changer ». Elle rappelle que cela fait plus d?une dizaine d?années qu?on parle de l?importance de changer l?Industrial Relations Act pour rendre le marché du travail moins rigide. « Mais les gouvernements successifs n?ont pas voulu perdre le capital politique en touchant aux lois du travail. Les syndicats se sont contentés du statu quo. Alors que beaucoup de patrons ne se sont vraiment pas intéressés à la question. »

Pour Vedna Essoo, il s?agit désormais de faire preuve de citoyenneté.

« Chacun doit prendre ses responsabilités et faire preuve de témérité. La nation entière doit arrêter de se tourner vers l?aide extérieure. Nous avons été gâtés par l?État providence. Mais il faut que la population cesse de toujours se tourner vers le gouvernement. Il faut maintenant que chacun apprenne à se tenir debout tout seul ! »

Frederic Basset Le roi du Thon

Comptable de formation, Frédéric Basset occupe la fonction de directeur financier de l?une des entreprises dynamiques et en pleine expansion du Seafood Hub, Thon des Mascareignes. Quelques mois à peine après sa création, celle-ci espère réaliser un chiffre d?affaires de Rs 2 milliards par an. Mais le directeur financier ne se voyait pas à un poste à responsabilité dans une entreprise de produits de la mer. « En rentrant à Maurice, il y a 10 ans, après mes études de comptabilité en Angleterre, je n?y aurai jamais pensé », assure-t-il.

Mais tous les chemins mènent à la seafood pour le moment. « C?est un secteur extrêmement porteur. Je m?investis donc à fond dans mon travail quitte à sacrifier malheureusement un peu ma vie privée. Mais cela vaut le coup. » Toutefois, ce jeune de 33 ans remet les choses en perspective en rappelant que l?océan Indien est, certes, poissonneuse, mais que cette ressource, n?est pas intarissable.

« Qui sait de quoi sera fait notre avenir dans 10 ou 15 ans. Il y a aura peut-être moins de poissons à pêcher. Je pense donc qu?il faut qu?on soit responsable en gérant comme il faut nos ressources en poissons et empêcher le pillage dans nos eaux », prévient-il. En souhaitant que le gouvernement et tous les acteurs du secteur se rencontrent à intervalles réguliers pour gérer l?exploitation de nos ressources en poissons.

Pour assurer l?avenir du Seafood Hub à Maurice, Frédéric Basset estime ainsi qu?il faut profiter de nos ressources sans se montrer trop gourmand. Il faut trouver le juste milieu. Et si les choses tournent mal ? « Il faut savoir changer et saisir de nouvelles opportunités. Je pense par exemple que le secteur de l?éthanol a un très bel avenir. Je m?y intéresse. Si dans 10 ou 15 ans, je dois changer de secteur, je choisirai peut-être celui-là. »

David constantin cinéaste engagé

David Constantin, jeune cinéaste ayant réalisé Bizanvil veut croire en Maurice. Comment voit-il le pays dans dix ans ?

« Idéalement, mon île Maurice serait celle qui se serait enfin débarrassée de toutes ces considérations communautaires qui minent les grandes décisions. » Il espère que les dirigeants réfléchiront à une vraie politique culturelle pour tous, permettant à de nouveaux talents d?éclore. Un pays qui aurait compris que son développement économique et social ne pourra éternellement se faire sans considération pour sa culture et son identité.

Un des nombreux défis qui attendent le pays sera de savoir quelle éducation offrir aux enfants et quelle place nous accorderons au culturel et à l?artistique dans ce système. Dans dix ans, les conséquences de ce qui se met en place aujourd?hui au niveau de l?éducation seront beaucoup plus palpables.

En attendant, il continuera à réaliser des films, « une forme d?engagement. » « Mon travail consiste à proposer à travers les images et les sons un regard subjectif sur notre société pour susciter une réflexion. »

Kervyn Rayeroux, L?hôtellerie dans la peau

Il est l?un des jeunes managers qui brillent dans l?hôtellerie. À 33 ans, cet ancien du collège St Esprit illustre à merveille la nécessité de se perfectionner pour garder sa compétitivité dans le tourisme.

Entré chez Beachcomber en 1994 comme stagiaire en hotel management, il ne cesse de continuer sa formation dans le domaine hôtelier. Alternant les formations à l?université de Cornell, à New York avec des stages dans de prestigieux établissements français comme le Plaza Athénée ou le restaurant du chef étoilé Guy Savoy. Impossible de s?arrêter : actuellement, il poursuit un Masters in Hospitality and Tourism Management à l?université de Birmingham.

Sa détermination et son goût du travail lui valent d?être promu Food and Bevergages Manager de l?hôtel Dinarobin, fin 2004. Quand on lui demande de définir son métier, Kervyn Rayeroux explique qu?il s?agit avant tout de se rendre disponible. « C?est un métier prenant et contraignant. Où il faut faire preuve de beaucoup de flexibilité. Quand les autres s?amusent, nous, on travaille. »

Pour son secteur, Kervyn Rayeroux regarde l?avenir avec sérénité. Certes, la barre a été placée haut en termes d?arrivées et de qualité de service à maintenir. « Mais je crois que le Mauricien a un sens de l?accueil inné qui le rend différent des autres. Nous réussissons aussi à garder une forme d?authenticité qui nous est propre. »

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