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Les entrepreneurs

12 mars 2006, 00:00

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Alexandre Maurel, le fou d?Éthanol

Ce jeune homme de 31 ans a déjà acquis une riche expérience du monde des affaires. Après avoir décroché en 1997 son diplôme avec une double spécialisation en finance et marketing de Boston University, School of management aux Etats Unis, il fait ses premières armes dans le secteur du tourisme en tant que Financial Controller au Domaine les Pailles.

Deux ans plus tard, il intègre le groupe Mauvilac et occupe le poste de Financial Adviser and Controller. L?année 2000 marque un tournant dans sa carrière. À 25 ans, il part dans le Sultanat d?Oman, en tant qu?Acting General Manager d?Excel Coatings (Middle East) LLC. Sa mission : construire et lancer une unité de fabrication de peinture pour commercialiser la marque Mauvilac au Moyen-Orient.

En 2002, il initie avec Roland Maurel un projet ambitieux et novateur : produire de l?éthanol à grande échelle pour l?exporter vers le marché européen. L?usine d?Alcodis sera inaugurée une année plus tard. Il est convaincu que les Mauriciens ont conscience de l?importance de protéger leur environnement. « La canne à sucre deviendra notre principale source d?énergie. Ce sera une énergie propre et renouvelable, notre électricité sera produite à partir de la bagasse et nos véhicules vont carburer à l?éthanol. Cette image d?une île Maurice verte va soutenir la croissance dans le nombre d?arrivées de touristes à fort pouvoir d?achat. »

Jenny Pidial, la valeur ajoutée avant tout

Pour Jenny Pidial, il n?y a pas d?avenir dans le textile à Maurice? sauf si on se spécialise dans des activités à valeur ajoutée. L?entreprise qu?elle dirige avec son mari, Fit-U Garments, a amorcé ce changement salutaire il y a quatre ans. Depuis elle produit des polos, des sweats, des pantalons et des T-shirts qu?elle exporte vers l?Europe et l?Afrique du Sud.

Afin de mieux gérer son entreprise de 75 salariés, Jenny Pidial a décroché un diplôme en gestion à l?université de Maurice. En pleine expansion les deux usines de Fit-U de St-Pierre produisent 15 000 à 20 000 unités à haute valeur ajoutée par mois. « C?est simple, si nous faisons du basique, c?est la mort ! »

Mais, elle reste donc optimiste. C?est un certain textile qui a de l?avenir pour elle, pas tout le secteur.

« Ce sont les moyennes entreprises qui feront des produits haut de gamme qui survivront. En s?associant entre elles pour créer de plus grands réseaux d?approvisionnement, elles réaliseront des économies dans des achats et matières premières. »

Elle estime néanmoins que des entreprises comme la sienne doivent bénéficier d?un soutien particulier d?Enterprise Mauritius ou de la Small Enterprise and Handicrafts Development Agency, notamment en matière de consultants spécialisés en branding.

L?autre problème, c?est la main-d??uvre. « Mais il devient très difficile de trouver des gens qui acceptent de travailler dans le textile ou qui ont les compétences voulues. C?est bien pourquoi nous employons 18 ouvrières chinoises. » Ce qui lui fait dire que s?il y a une urgence, c?est de revaloriser ces métiers afin d?amener les ouvriers à réinvestir les machines qu?ils ont trop longtemps désertés.

Valérie Cervello, l?accro du maillot

Elle compte parmi ses clients Les Galeries Lafayette et Le Bon Marché à Paris. Mais représente aussi la marque Riverwoods sur notre sol. Valérie Cervello a converti la fabrique familiale de maillots de bain qui existe depuis 1984 en entreprise dynamique employant 80 femmes et exportant ses produits vers la France et la Belgique.

En reprenant l?affaire en 95, elle se fixe l?objectif de fabriquer des maillots de bain avec les meilleures matières. « Il faut être différent. Pour cela, nous créons nos propres collections, nous nous inspirons de ce que font les autres en essayant d?améliorer leur produit et d?ajouter notre griffe. »

C?est dans le haut de gamme que Valérie se sent le plus à l?aise. Elle explique ainsi qu?il est plus intéressant pour son entreprise de fabriquer une mini-série de maillots de bain qui se vendra très cher aux Galeries Lafayette plutôt que de fabriquer 60 000 pièces bas de gamme. « Il faut privilégier les activités où nous pouvons réaliser la plus forte valeur ajoutée », explique-t-elle.

La directrice de Waveline pense qu?il est difficile de prévoir au-delà de deux ans dans le textile. Pour elle, développement et consolidation ne passent pas par expansion et achat d?équipements chers. « La force des entreprises comme la mienne sera de rester petites, de tabler sur des marchés existants et une main-d??uvre qualifiée. C?est à ce prix que le textile aura encore un avenir. »

Adesh Ramanah, le dénicheur de niches

À 24 ans, Adesh Ramanah, dirige Worldwide Busines Outsourcing (WBO), une petite boîte de Business Process Outsourcing (BPO) qui emploie sept personnes. C?est avec son frère, installé en Angleterre, qu?il a fondé l?entreprise en 2004. Celle-ci s?occupe du traitement de données comptables liées à la facturation et au recouvrement des dettes. Ses clients sont anglais, français et luxembourgeois.

Fièrement, Adesh Ramanah, détenteur d?une licence en management et marketing de l?université de Maurice, explique que son entreprise compte déjà un portefeuille de 600 clients. Qui lui a permis de générer un chiffre d?affaires de Rs 8 millions en 2005. Le jeune chef d?entreprise affiche de l?ambition. « Nous avons demandé une Offshore Management licence à la Financial Services Commission. Ce qui nous permettra de mener quelques activités offshore. Dès que nous obtenons le permis, nous serons en mesure de recruter sept autres personnes essentiellement des comptables. »

Si Adesh Ramanah se montre très optimiste pour son entreprise il l?est un peu moins pour le secteur des technologies de l?information et de la communication (TIC) à Maurice. Il montre du doigt les « fardeaux administratifs » qui font que des demandes de permis prennent trois à quatre mois à être traitées. Puis, il y a aussi cette perception tenace qui empêche le décollage du secteur à Maurice. « Pour les jeunes, le BPO et les Tic se résument aux centres d?appels. C?est là qu?ils vont chercher de l?emploi. Mais les horaires de ce secteur d?activité font fuir plus d?un. » Pour Ramanah, il est inutile d?entretenir le rêve d?une grande industrie Tic à Maurice employant des dizaines de milliers de personnes. « Il faut se spécialiser dans les marchés niches. Accorder une plus grande importance aux activités de BPO à forte valeur ajoutée. Il faut faire découvrir ce secteur à des jeunes et faire en sorte qu?ils se forment pour y travailler après. »

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