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«Finance Bill»
Portrait : Malina Cheeneebash, le sourire qui a marqué le «sit-in»
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«Finance Bill»
Portrait : Malina Cheeneebash, le sourire qui a marqué le «sit-in»
Avec son chien Loulou, Malina Cheeneebash a occupé le terrain devant l’Assemblée nationale contre le «Finance Bill».
Au milieu des slogans et des banderoles devant l’Assemblée nationale, un visage a rapidement retenu l’attention. Depuis mardi, Malina Cheeneebash et son chien Loulou sont devenus l’un des symboles du sit-in organisé contre le Finance Bill. Souriante malgré les longues heures passées sur le trottoir, elle a multiplié les échanges avec les passants, les jeunes et les curieux. Les réseaux sociaux ont fait le reste.
Pourtant, son engagement ne date pas de cette semaine. Ceux qui la connaissent la décrivent volontiers comme une «tête brûlée», une étiquette qu’elle assume sans difficulté. «Je voulais défendre les droits des femmes. Elles ont moins de liberté que les hommes. Pour moi, tout le monde mérite d’être traité de la même manière. L’égalité doit être une réalité pour tous», affirme-t-elle.
Très jeune, elle dit avoir refusé de se conformer au rôle que l’on attendait d’elle. «On voulait me mettre dans une boîte, faire de moi ce que les autres pensaient être bien pour une jeune fille. J’ai toujours préféré défendre mes idées, même si cela créait des tensions.»
Une bourse d’études lui ouvre ensuite les portes des États-Unis. Sur son campus universitaire, elle découvre le militantisme à travers le mouvement Black Lives Matter. Elle participe à des sitin et à des discussions autour de la justice raciale. «Nous parlions de la manière dont les personnes de couleur étaient traitées et de la nécessité de faire évoluer les mentalités.»
Son parcours la mène ensuite en Colombie, où elle réalise une thèse en anthropologie consacrée aux peuples autochtones. Elle y participe à des manifestations dénonçant les violences dont ces communautés sont victimes. «Des personnes perdaient la vie simplement parce qu’elles protestaient contre l’accaparement de leurs terres. Ces réalités m’ont profondément marquée», confie-t-elle.
Ces expériences ont façonné sa vision de l’engagement. À New York, elle découvre aussi une ville portée par sa diversité et l’implication de ses citoyens. Elle suit avec intérêt l’émergence d’une nouvelle génération de responsables politiques, portée selon elle par les jeunes et les réseaux sociaux, un phénomène qu’elle observe également dans d’autres pays.
Revenue à Maurice en 2020, après l’échouage du MV Wakashio, elle retrouve un militantisme plus proche de chez elle. Ces derniers jours, des publications sur les réseaux sociaux l’ont également associée à un parti politique lors des élections de 2019. Elle dément cette affirmation et rappelle qu’elle n’est rentrée à Maurice qu’en 2020.
Elle cite notamment les syndicalistes Jack Bizlall et Dev Ramano parmi les personnes qui l’inspirent pour leur engagement en faveur des causes sociales.
Le sit-in de cette semaine lui laisse surtout le souvenir d’une solidarité inattendue. Étudiants, intellectuels, anciens toxicomanes, personnes sans-abri et simples citoyens sont venus discuter de la réforme des pensions et partager leurs préoccupations. «Beaucoup nous ont apporté de l’eau, des fruits et même de la nourriture pour Loulou. Cela redonne confiance dans les autres», raconte-t-elle.
Sur le plan professionnel, Malina Cheeneebash a travaillé dans le UX Design afin de rendre les technologies plus accessibles avant d’intégrer le secteur bancaire. Une expérience qu’elle dit avoir quittée après avoir été confrontée à des situations d’injustice et d’exploitation. Elle a, depuis, choisi de développer ses propres projets.
Après plusieurs jours de mobilisation, elle compte désormais prendre un peu de repos. Mais une chose est sûre : son engagement, lui, ne semble pas près de s’arrêter.
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