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Journée mondiale des personnes âgées

Reconstruire les ponts entre les générations

2 octobre 2026, 10:00

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Reconstruire les ponts entre les générations

■ Un appel à renforcer la solidarité entre les générations et à préserver la dignité des aînés a été lancé hier, lors de la Journée mondiale des personnes âgées, au J&J Auditorium à Phoenix. © Rishi Etwaroo

Réunis à Phoenix, responsables politiques, représentants des seniors et artistes ont plaidé pour la dignité des aînés, leur protection et le dialogue entre générations.

Vieillir ne signifie ni perdre sa place dans la société, ni renoncer à ses droits. C’est autour de ce principe que s’est tenue la célébration nationale de la Journée mondiale des personnes âgées hier, au J&J Auditorium, à Phoenix, sur le thème Signe de la solidarité interrelationnelle. Plus de 2 000 seniors étaient attendus pour cet événement, financé à hauteur d’environ Rs 3 millions.

Dans un pays qui vieillit, où les familles se resserrent et où de nombreux jeunes partent à l’étranger, les intervenants ont tous insisté sur la nécessité de repenser les liens entre les générations. Président du Senior Citizens Council, Vijay Naraidoo a rappelé que cette journée devait d’abord célébrer la vie et la contribution des aînés. Il a appelé à changer le regard porté sur eux, trop souvent perçus comme dépendants ou incapables de décider pour eux-mêmes. Les seniors ont une histoire et un patrimoine à transmettre, a-t-il souligné, tandis que les jeunes peuvent les initier aux nouvelles technologies. Un échange qui, selon lui, renforcerait les liens sociaux et combattrait l’isolement.

Le junior minister à la Sécurité sociale, Kugan Parapen, a évoqué les mutations de la société mauricienne. Soixante ans marquent désormais une nouvelle étape de vie, avec ses attentes et ses besoins. Mais la famille élargie cède du terrain aux foyers restreints, et les contraintes professionnelles, le coût de la vie et l’émigration des jeunes accentuent l’isolement de certains aînés. D’où l’impératif, a-t-il dit, de «reconstruire les ponts» entre les générations, une question de solidarité, de civisme et de cohésion sociale.

Protéger et préserver la dignité

Le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, a rendu hommage aux générations qui ont bâti le pays et au rôle des seniors au sein des familles. Il a annoncé la préparation d’un projet d’Ombudsperson for Elderly et le renforcement des dispositifs légaux contre les abus, la dépossession des biens des personnes âgées ayant également été évoquée.

Parmi les mesures citées : l’extension des visites médicales à domicile, le renforcement des services gériatriques dans les hôpitaux et le relèvement de l’allocation destinée aux carers à Rs 4 250. Le ministre a aussi averti que les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle ne sauraient remplacer la présence humaine auprès des aînés.

La Deputy Prime Minister, Arianne Navarre-Marie, a salué les sacrifices des générations précédentes. Selon les chiffres avancés lors de la cérémonie, quelque 250 000 Mauriciens ont aujourd’hui plus de 60 ans. Cette évolution impose de nouvelles responsabilités aux pouvoirs publics, mais aussi aux familles et à la société.

Elle a plaidé pour davantage d’échanges dans les écoles et les centres communautaires : les jeunes accompagneraient les aînés dans l’usage du numérique, ces derniers transmettant en retour leur expérience et leur histoire. Les travaux sur la Protection of Elderly Act se poursuivent, notamment pour les protection orders en faveur des personnes âgées victimes de violence. Le projet de loi sur l’Ombudsperson for Elderly devrait être prochainement présenté au Parlement.

Au-delà des pensions

La cérémonie a aussi fait la part belle à la musique et aux arts, avec la Police Band, Manu Desroches, les élèves de l’école sir Veerasamy Ringadoo et Art Academy. La présence de la langue des signes a rappelé l’enjeu de l’inclusion et de l’accessibilité.

Un constat s’est dégagé des interventions : le vieillissement ne se résume pas aux pensions et aux soins. Il touche à la place des aînés, à la transmission et aux liens familiaux. Reste le défi d’une solidarité au quotidien, pour que les personnes âgées demeurent protégées, respectées et pleinement actrices de la société mauricienne.

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