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Voyage de presse

Israël : Nous l’avons échappé belle

21 juin 2025, 17:00

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Israël : Nous l’avons échappé belle

■ Au marché de Mahane Yehuda, Jérusalem, les morts sont au milieu de l’animation des vivants.

Sap lwin ! Quel immense soulagement. D’avoir quitté Tel Aviv à temps, le vendredi 13 juin. En embarquant à l’aéroport Ben Gurion, à bord d’un vol d’Ethiopian Airlines prévu à 1h du matin, c’était sans savoir que l’opération «Rising Lion» serait déclenchée pile ce matin-là.

À l’atterrissage à Addis Abeba, environ quatre heures et demie plus tard, c’est l’incrédulité. Israël –le pays qui nous a invitée et bien accueillie, le pays du festivalmartyre Nova, le pays des kibboutzim suppliciés du 7 octobre 2023, le pays où pas un jour ne passe sans que l’on réclame, avec des torrents de larmes, une sainte colère et des prières, le retour des otages, qu’ils soient vivants ou non living comme ils disent - ce pays-là a bombardé l’Iran.

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En premier. Dès la connexion au wifi de l’aéroport de Bole à Addis Abeba, établie, nous regardons défiler des images pour nous convaincre de cette nouvelle réalité liée à la menace nucléaire.

L’Histoire au pas écrasant, nous a presque frôlée. Mais dans nos yeux ensommeillés, d’autres images persistent. Celles des deux jours passés à Tel Aviv, le mercredi 11 et le jeudi 12 juin. Cette ville solaire, avec ses filets de beach-volley tendus sans que l’on sache tout à fait si c’est entre les joueurs ou vers la mer Méditerranée. Tel Aviv, où dès l’heure du petitdéjeuner, on lève les yeux du buffet pour admirer des corps musclés, bronzés et huilés qui déambulent. L’heure des gentils toutous en laisse qui poussent la promenade jusqu’à la marina. Totalement inconcevable que ce décor de bord de mer sombre sous les bombes.

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Le souffle coupé

Mais la satisfaction d’avoir quitté Tel Aviv à temps n’est pas totale. Vite, on se rend à l’évidence. Un confrère, le malgache Tanjona Niaina Harijaona de Midi Madagasikara n’a pas eu la même chance. Son vol a été annulé quand l’espace aérien a été fermé. Il est resté cloué au sol, les pieds pris dans la carte postale. Obligé par des forces majeures, à explorer l’envers du décor. On en a le souffle coupé. On s’étrangle en mesurant combien une poignée d’heures d’écart entre deux vols peut tout changer. Depuis avant-hier, nous respirons mieux. C’est par la route que notre confrère a quitté Israël, traçant sa destinée vers d’autres aventures. Gageons qu’il n’oubliera pas de sitôt – oubliera-t-il jamais ?- le voyage organisé par le ministère des Affaires étrangères israélien, du 8 au 12 juin, à l’intention d’une dizaine de journalistes d’Afrique francophone, de République Démocratique du Congo, Côte d’Ivoire en passant par le Sénégal, le Togo, le Bénin, le Caméroun, le Burundi, et bien sûr, l’océan Indien.

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