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Organismes paraétatiques et entreprises publiques : L’État face à une dette de Rs 67,5 milliards
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Organismes paraétatiques et entreprises publiques : L’État face à une dette de Rs 67,5 milliards
La situation financière des organismes parapublics et des entreprises détenues par l’État continue de peser lourdement sur les finances publiques. Répondant à une question du député Ravin Jugurnauth, le Premier ministre (PM) Navin Ramgoolam, a dressé un état des lieux préoccupant de leur endettement. Il a révélé que cinq organismes parapublics et vingt entreprises publiques cumulaient, à fin juin 2026, plus de Rs 67,5 milliards de dettes, tout en annonçant une série de mesures de restructuration destinées à rétablir leur viabilité financière.
Les chiffres communiqués par le ministère des Finances montrent qu’à la fin de juin 2026, cinq organismes parapublics affichaient une dette totale de Rs 18,6 milliards, dont Rs 15,4 milliards contractées auprès de banques commerciales et Rs 3,2 milliards auprès d’autres institutions financières.
Navin Ramgoolam a souligné que cette dette avait plus que doublé sous le précédent gouvernement, passant de Rs 6,2 milliards en décembre 2014 à Rs 15,9 milliards en décembre 2024. Cette hausse est principalement attribuée au Central Electricity Board, dont l’endettement est passé de Rs 3,4 milliards à Rs 10,3 milliards, ainsi qu’à la State Trading Corporation, dont la dette est passée de Rs 1,1 milliard à Rs 5,3 milliards. Le chef du gouvernement a également indiqué que 20 entreprises détenues par l’État totalisaient, à la même période, une dette de Rs 48,9 milliards. De ce montant, Rs 16,5 milliards étaient dues aux banques commerciales, tandis que Rs 32,4 milliards provenaient d’autres institutions financières, dont Rs 7,2 milliards empruntées auprès de la Banque de Maurice.
Là encore, Navin Ramgoolam a dénoncé une forte progression de l’endettement sous le précédent régime. Selon lui, la dette de ces entreprises publiques est passée de Rs 15,1 milliards en décembre 2014 à Rs 54,3 milliards à la fin de 2024, soit plus du triple. Les principales hausses concernent Metro Express Ltd, MauBank Holdings Ltd et Mauritius Telecom.
Le PM a également cité la Development Bank of Mauritius (DBM), Industrial Finance Corporation of Mauritius (IFCM) Ltd et la State Investment Corporation Ltd, dont les niveaux d’endettement ont fortement augmenté à la suite des différents mécanismes de soutien mis en place durant la pandémie de Covid-19 et financés grâce à une ligne de crédit de la Banque de Maurice.
Selon Navin Ramgoolam, cette accumulation de dettes traduit «l’absence totale de discipline budgétaire» du précédent gouvernement et son incapacité à maîtriser les emprunts du secteur public. Il estime que cette situation exerce une pression supplémentaire sur les finances de l’État, réduit les marges de manœuvre pour financer les investissements prioritaires et accroît les risques financiers auxquels le gouvernement est exposé.
Concernant les aides publiques accordées pour permettre à ces organismes de respecter leurs échéances de remboursement, le Premier ministre a indiqué que Rs 14,4 milliards avaient été injectées depuis 2020.
Dans le détail, Rs 7,9 milliards ont été versées au National Property Fund Ltd (NPFL) en 2020-2021 afin de rembourser les prêts syndiqués contractés pour indemniser les souscripteurs du Super Cash Back Gold Scheme (SCBG). À cela s’ajoutent Rs 3,6 milliards accordées au NPFL au cours des deux derniers exercices financiers afin de rembourser la ligne de crédit consentie par la Banque de Maurice pour régler les créances des investisseurs du SCBG et de Bramer Assets Management Ltd.
Par ailleurs, Rs 1,5 milliard a été allouée à Metro Express Ltd depuis 2021 pour le paiement des intérêts liés au prêt contracté auprès de l’EXIM Bank of India pour le projet Metro Express. Enfin, Rs 1,4 milliard a été injectée dans MauBank Holdings Ltd durant l’exercice 2025-2026 afin de lui permettre d’honorer ses engagements envers la Banque africaine de développement et MauBank Ltd.
Navin Ramgoolam a insisté sur le fait que Rs 11,5 milliards avaient finalement été mobilisées pour rembourser les détenteurs de produits liés au SCBG malgré les assurances données à l’époque qu’aucun fonds public ne serait utilisé après la liquidation de l’ancien groupe BAI. Il a accusé les anciens dirigeants d’avoir «délibérément menti» à la population sur cette question.
Pour l’exercice financier 2026-2027, le gouvernement a déjà prévu Rs 1,9 milliard supplémentaires afin de soutenir MauBank Holdings Ltd et Metro Express Ltd dans le remboursement de leurs dettes.
Le PM a indiqué que plusieurs organismes publics mettent actuellement en œuvre des plans de restructuration. Metro Express Ltd prépare un plan de transformation pour améliorer sa performance financière, tandis que Mauritius Post Ltd cherche à diversifier ses revenus et optimiser son réseau. MauBank Holdings Ltd mise sur le recouvrement des prêts en souffrance, la rationalisation de ses dépenses et la cession d’actifs non stratégiques. De son côté, la DBM revoit ses procédures de recouvrement et modernise ses produits financiers.
Navin Ramgoolam a également annoncé la création d’un Steering Committee on Public Sector Efficiency, qu’il présidera, afin d’identifier les doublons, de réduire le gaspillage et d’améliorer l’efficacité du secteur public.
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