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Manière de voir
Éduquer est un devoir : Les parents ont-ils dé... missionné de leur... mission parentale ?
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Manière de voir
Éduquer est un devoir : Les parents ont-ils dé... missionné de leur... mission parentale ?
Notre société est en pleine mutation. La cellule familiale a déjà implosé. Ceux au bas de l’échelle pensent d’abord à faire bouillir la marmite. Au sein de la classe moyenne, focus sur les études de leurs enfants, mais ils disposent de moins en moins de temps libre. Les horaires de travail accaparent maris et épouses. Alors, il se peut qu’ils passent à côté de l’essentiel : l’éducation de leurs enfants et adolescents.
Stop à un grand malentendu. À l’école ou au collège, enfants et élèves vont acquérir des savoirs académiques via instituteurs et enseignants. Ces derniers n’ont pas pour tâche d’éduquer. C’est essentiellement aux parents de s’en charger. Idem dans un foyer monoparental, chez les divorcés et les familles recomposées.
Devoirs des parents
Les parents sont responsables de protéger, de subvenir à tous les besoins comme nourrir, soigner, habiller, mais leur tâche ne s’arrête pas là. C’est à eux d’éduquer leurs enfants et adolescents. Transmettre des valeurs, dialoguer avec eux, les écouter tout en les encadrant, les aider tant que faire se peut dans leurs études, répondre à leurs questions sans tabou. «Les enfants sont les symptômes des parents.»
C’est là où le bât blesse. Les parents de nos jours subviennent à tous les besoins matériels, mais ne trouvent plus le temps pour se consacrer à l’éducation. Vie moderne trépidante ? Eux aussi doivent souffler pendant le week-end. Alors, place à la détente, aux divertissements tel le jeu vidéo, la plage, les rencontres avec les amis... les ados ont les leurs. Gros vide pour ne pas dire bide sur le plan éducatif.
Notre société n’en est pas tout à fait consciente. Aussi, il existe des organismes qui tentent de combler cette lacune : KONEKTE, Parents Teachers’ Associations... Mais ils atteignent des segments minoritaires de parents qui ne pensent qu’aux études. C’est une stratégie parcellaire. Ne faudrait-il pas une structure systémique qui engloberait les principaux concernés ? Nous y reviendrons.
Passé et présent
Remontons dans le passé qui ne comportait pas que des défauts. La tradition voulait que le dimanche, toute la famille (les plus âgés, les parents, les enfants de tout âge) se réunisse pour déjeuner. Ça s’étirait souvent même tout le long de la journée. Toutes les générations s’entrecroisaient, échangeaient, dialoguaient. Inconsciemment, des petits messages se transmettaient sur le plan éducatif. Un mode de vie en perte de vitesse.
La télévision est venue bousculer le dîner le soir réunissant parents, enfants et adolescents. Pas d’échanges puisque les yeux et l’attention sont braqués sur le petit écran. La déferlante des portables allait... renverser la table. Dorénavant, chacun dîne presque de son côté ou scrute le portable sous la table. N’existent plus que quelques murmures avant que chacun ne se retire avec son in... supportable pour communiquer ! Avec qui ? Plus de dialogue.
L’aménagement bouscule aussi cette cellule qui n’enferme plus personne. Des immeubles poussent et on s’aperçoit que l’on ne pourra plus loger les plus âgés, la passerelle avec les petits-enfants. Quand et où les parents responsables vont-ils procéder à l’éducation de ces jeunes ? Ils feront peut-être le point sur la journée scolaire et s’enquerront superficiellement de tout autre problème de la collégienne, par exemple, «T’inquiète, je gère...»
Tous au pied du mur
Les conséquences sont flagrantes. Jadis, les parents s’en prenaient directement aux jeunes, mais de nos jours, c’est la faute du corps professoral ; ou mieux encore de la police qui ne surveille pas assez ces jeunes qui traînent à l’heure de la sortie des classes ; ou pire de l’État via le ministère. Hélas, ces accusés n’assurent en rien l’éducation de ces jeunes. Encore une fois, c’est la tâche des parents qui, les temps modernes obligent, volontairement ou pas dé... missionnent de leur principal devoir. L’apprentissage de leur progéniture.
Il ne s’agit pas de revenir en arrière en imposant une discipline de fer. C’est à eux d’inculquer une certaine discipline, voire de la rigueur, s’ils veulent que ces jeunes ne leur échappent pas complètement. Les médias comme les journaux rapportent quotidiennement des incidents sur des ados qui auraient pris le dessus, parfois même physiquement, sur les parents ou les plus âgés.
Comment s’étonner alors que dans certains quartiers chauds et sous la pression de mauvaises fréquentations, les vendeurs de drogues ne trouvent pas là des proies faciles ? Comment expliquer que même des collégiennes s’étripent en public ou dans les autobus ? La vie sexuelle démarre maintenant à 14 ans. Soit les parents se bouchent les yeux, soit ils prennent les devants grâce à l’éducation. Voyez le nombre d’adolescentes mineures et naïves qui sont les victimes des amateurs de vidéo porno que des jeunes délinquants menacent de diffuser sur les fameux réseaux sociaux. Les parents les ont-ils mises en garde ?
Sur ce thème, qu’est-ce que les autorités attendent pour interdire le portable avant l’âge de 16 ans comme le font déjà certains pays ? Il existe aussi des portables qui ne donnent pas accès à des sites toxiques. Nous, on en est à conscientiser les enfants du primaire à la sexualité et à interdire le portable en classe ? C’est le verre à moitié vide au lieu d’aller au fond des choses. Pendant ce temps, la vente des sex-toys a fait son apparition.
Il faudrait imposer des obligations à certains parents. Celle par exemple de consacrer deux heures par semaine à faire le point sur le plan scolaire, mais aussi à dialoguer en toute franchise sur tous les sujets, loin de la télé et du portable éteints. C’est là qu’il faut instaurer un vrai dialogue. Envisager un couvre-feu à partir de 19 heures aux moins de 16 ans. Sinon, le laisser-aller ne fera que souffler sur les braises.
Revenons aux études avec la méthode qui consiste à organiser le conseil de classe à la fin de chaque trimestre. Faire le point sur chaque élève en sa présence, celle obligatoire de ses parents, des enseignants, de la direction. Passer en revue toutes les matières, jouer carnet de notes sur table, donner la parole à chacun des participants. Prendre des résolutions à revoir à la fin du prochain trimestre. Nul besoin de faire des rapports ou d’avoir recours à des experts pour mettre en place une telle méthode dont les résultats sont tangibles ailleurs. En faire une obligation, pas une recommandation. Qui s’y opposerait ?
La balle est dans le camp des parents et des décideurs politiques. Ou est-ce déjà trop tard ?
Kraz kor paran!
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