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Environnement

COP31 : le pays mise sur les consultations pour mieux passer à l’action

14 août 2026, 16:00

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COP31 : le pays mise sur les consultations pour mieux passer à l’action

Les consultations nationales pour la COP31 ont été lancées hier. © Rishi Etwaroo

En amont de la COP31 – 31st Conference of the Parties to the United Nations Framework Convention on Climate Change –, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie, le ministère de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique a lancé, hier, le processus national de préparation. La cérémonie de lancement du National Preparatory Process COP31 s’est tenue au Hennessy Park Hotel, à Ébène. Ce processus prévoit des consultations avec les représentants des secteurs public et privé afin de recueillir leurs contributions en vue de la conférence.

Pour le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, le principal enjeu de la prochaine COP sera de passer des engagements à l’action. La COP31 devra notamment porter sur la mise en œuvre des NDC 3.0, soit la troisième génération des Nationally Determined Contributions, les nouvelles feuilles de route climatiques des pays, ainsi que sur les plans d’adaptation. «Less on what, but more on how» : le ministre souhaite ainsi que les discussions s’attardent davantage sur la manière de concrétiser les engagements pris jusqu’ici, plutôt que de se limiter à fixer de nouveaux objectifs.

Cette question est particulièrement importante pour les pays les plus vulnérables au changement climatique, notamment les petits États insulaires en développement comme Maurice. L’un des principaux enjeux reste la mobilisation effective du financement climatique, alors que plusieurs engagements pris lors des précédentes COP tardent encore à se concrétiser.

Pour Karen Foo Kune-Bacha, qui participait à son premier événement officiel en tant que junior minister à l’Environnement, les effets du changement climatique se font déjà sentir au quotidien. Elle a cité les épisodes de canicule observés en Europe, aux États-Unis et au Canada, ainsi que les pluies torrentielles, les crues soudaines, les inondations et les glissements de terrain enregistrés dans plusieurs régions du monde. Elle a notamment évoqué le stress hydrique auquel le pays est actuellement confronté. «Les chiffres de la Water Resources Commission parlent d’eux-mêmes.» À Mareaux-Vacoas, le niveau du réservoir est passé sous la barre des 40 % de sa capacité, contre 90 % à la même période l’an dernier. À La Nicolière, il est descendu à 45 %.

Derrière ces chiffres, a souligné la junior minister, se trouvent des familles, notamment les plus vulnérables, qui doivent s’adapter au quotidien, mais aussi des planteurs qui s’inquiètent pour leurs récoltes et des entreprises contraintes de revoir leur fonctionnement. Face à cette situation, elle estime que l’inaction n’est plus une option. «Ce n’est plus uniquement une question environnementale. C’est une question économique. C’est une question sociale. C’est une question de santé publique.»

Rajesh Bhagwan est revenu sur les débats de la COP30 à Belém, marqués par l’opposition entre les pays producteurs de pétrole et ceux qui réclamaient une feuille de route claire pour une sortie progressive des énergies fossiles. Pour le ministre, ces divergences illustrent les difficultés à parvenir à un consensus lors des sommets climatiques. Il estime néanmoins que les pays doivent dépasser leurs différences pour parvenir à des engagements concrets.

Pour construire la position du pays, le ministère entend s’appuyer sur l’expertise et l’expérience des différents acteurs concernés. «Nous, au ministère, en tant que Point focal national désigné depuis 1992, nous irons vers ceux qui sont directement concernés», a expliqué Rajesh Bhagwan, citant notamment les communautés côtières, les pêcheurs et autres gens de mer, les planteurs, les éleveurs, les employés des collectivités locales, les jeunes et les femmes.

Cette volonté d’associer les jeunes et les femmes au processus a également été mise en avant par Karen Foo Kune-Bacha. Elle estime que la jeunesse doit non seulement vivre avec les décisions prises aujourd’hui, mais aussi participer à leur élaboration. Dans cette optique, le ministère travaille à la reconstitution du National Youth Environment Council, qui doit servir de plateforme pour recueillir les idées et propositions des jeunes sur la transformation de l’environnement.

Pour Rajesh Bhagwan, l’expérience et la connaissance du terrain des différents groupes concernés sont indispensables à cette démarche. «Nous aurions pu réunir quatre ou cinq experts autour d’une table et leur demander de pondre un rapport. Non, ce n’est pas ça, la solution», a-t-il affirmé. L’objectif est de faire remonter des propositions concrètes répondant aux réalités du terrain et de mettre clairement en avant les attentes de Maurice à la COP31. «C’est pour cela que ce mois-ci et le mois prochain, avant la COP31, nous irons, à travers le pays, à l’écoute de ces groupes ciblés que j’ai mentionnés», a précisé le ministre. Le grand public sera également invité à soumettre ses idées et propositions. Un communiqué à cet effet sera publié prochainement.

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