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Accès aérien

Un «National Aviation Council» pour reprendre la main d’ici un mois

5 septembre 2026, 11:00

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Un «National Aviation Council» pour reprendre la main d’ici un mois

Une délégation d’Airport Holdings Ltd et d’Air Mauritius a rencontré le Premier ministre, Navin Ramgoolam, jeudi, sur le futur «National Aviation Council», qui reverra la politique d’accès aérien du pays. (Photo : GIS)

Le gouvernement s’apprête à revoir en profondeur la politique d’accès aérien de Maurice. Un National Aviation Council (NAC), placé sous la tutelle du Bureau du Premier ministre, devrait être institué dans le courant du mois prochain avec pour objectif la centralisation de l’expertise et, surtout, les négociations concernant l’accès au marché mauricien. Une réforme qui intervient alors que la question des droits de trafic et de l’équilibre entre connectivité, intérêts économiques et l’avenir d’Air Mauritius est débattue depuis plus de 20 ans.

L’annonce de la création prochaine de ce conseil a été faite jeudi après-midi par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’issue d’une rencontre de plus d’une heure avec les dirigeants d’Airport Holdings Ltd (AHL) et d’Air Mauritius. L’objectif est de mettre en place une structure disposant d’une expertise spécialisée en aviation et en politiques d’accès aérien, appelée à conseiller le gouvernement sur les demandes de nouvelles compagnies et les négociations avec les pays souhaitant obtenir des droits de trafic pour leurs transporteurs.

Mais le changement envisagé va plus loin. À l’avenir, le NAC devrait être la seule instance habilitée à négocier l’accès aérien, dans le cadre d’accords bilatéraux avec l’objectif que l’ouverture du marché mauricien repose sur une logique de réciprocité et de bénéfices économiques pour Maurice et son transporteur national. Cette volonté de revoir le modèle actuel trouve notamment son origine dans l’expérience des dernières décennies. Le cas d’Emirates est particulièrement révélateur.

Un Memorandum of Understanding (MoU) avait été conclu entre Dubaï, l’un des sept émirats constituant les Émirats arabes unis, et le directeur de l’Aviation civile. Il ne s’agissait donc pas, à proprement parler, d’un accord bilatéral entre les deux États. Ce MoU, qui est resté en vigueur jusqu’à présent, a notamment servi de cadre aux opérations d’Emirates à Maurice et à la coopération commerciale entre Emirates et Air Mauritius.

Lorsque la compagnie émiratie a commencé à desservir Maurice, elle opérait deux vols hebdomadaires avant de passer à quatre en 2004. Selon un spécialiste du secteur, la logique était alors qu’Emirates apporte du trafic supplémentaire à Maurice, notamment en provenance de nouveaux marchés. Or, avec le temps, cette équation ne se serait pas vérifiée comme prévu. Emirates a certes contribué à accroître la connectivité de Maurice, mais elle aurait également capté une partie du trafic traditionnellement alimenté par Air Mauritius sur les marchés européens, notamment Londres, Paris et Francfort.

La situation a depuis considérablement évolué. Emirates assure aujourd’hui 14 vols hebdomadaires entre Dubaï et Maurice et a formulé une demande pour porter cette fréquence à 21 vols par semaine. Le même débat se pose avec Turkish Airlines, qui opère actuellement huit vols hebdomadaires sur Maurice. Idem pour Ethiopian Airlines. La question n’est donc plus simplement de savoir combien de sièges supplémentaires peuvent être apportés au marché, mais de déterminer quelle valeur économique ces droits de trafic génèrent pour le pays et quel impact ils ont sur l’écosystème aérien local.

Etihad : un nouveau test pour la politique d’accès

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’intérêt manifesté par Etihad Airways pour desservir Maurice. Le gouvernement entend éviter que l’arrivée éventuelle d’un nouvel opérateur soit traitée uniquement comme une demande de droits de trafic. L’approche souhaitée serait de rechercher, dans le cadre des négociations, des contreparties susceptibles de bénéficier plus largement à l’économie mauricienne.

Cela pourrait concerner non seulement l’augmentation du nombre de sièges et la diversification des marchés, mais également le tourisme, les échanges commerciaux, les investissements et la capacité de Maurice à se positionner comme une plateforme internationale. Le principe défendu au sein du gouvernement semble donc être celui d’une «connectivité contre une valeur économique» : l’accès au marché mauricien ne devrait plus être considéré comme un droit accordé indépendamment des retombées attendues pour le pays.

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