Publicité

Junior

Arts et nature : Et si les arbres avaient une histoire à raconter ?

14 août 2026, 14:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Arts et nature : Et si les arbres avaient une histoire à raconter ?

À Rose-Hill, une danseuse et un compositeur vont faire dialoguer leurs arts avec les arbres du Jardin Balfour dans une performance pas comme les autres. Suis-nous pour en apprendre davantage.

Imagine-toi dans un jardin. Autour de toi, des arbres, des feuilles, des branches qui bougent avec le vent et soudain, une danseuse commence à évoluer au milieu de tout ce décor. Pas de scène traditionnelle, pas de rideau, pas de projecteurs : la nature devient elle-même partie prenante du spectacle. C’est le principe d’«Embrasser un arbre, embrasser le temps», une performance de danse contemporaine, qui sera présentée le samedi 5 septembre à 15 heures au Jardin Balfour, à Rose-Hill. Organisée par l’Institut français de Maurice en partenariat avec la mairie de Beau-Bassin–Rose-Hill, elle sera gratuite et ouverte à tous. Pendant 40 à 50 minutes, la danseuse et chorégraphe française Emmanuelle Huynh et le compositeur Christian Sebille vont créer un dialogue entre mouvements, musique et environnement. Ici, les arbres ne servent pas simplement de décor : ils deviennent de véritables partenaires artistiques.

Une performance née au Vietnam

L’histoire de cette création commence en 2020 au Vietnam. Lors d’une résidence à la Villa Saïgon, Emmanuelle Huynh part sur les traces de son père, qui avait quitté le Vietnam pour la France en 1950. Pendant ce voyage, elle réalise quelque chose de particulier : les flamboyants sont les seuls êtres qui ont été témoins du départ de son père. Ces arbres étaient déjà là lorsqu’il est parti et, des décennies plus tard, ils étaient toujours là pour accueillir sa fille. Face à cette présence silencieuse, Emmanuelle Huynh se met naturellement à danser avec eux. Ce geste devient le point de départ d’un nouveau cycle artistique. Elle poursuivra ensuite cette recherche dans d’autres paysages, notamment dans les montagnes d’Annecy, puis parmi les oliviers millénaires des Pouilles en Italie. À chaque fois, elle prend le temps de s’immerger dans le lieu avant de créer sa performance.

Pourquoi danser avec un arbre ?

C’est une question que tu peux te poser. Après tout, un arbre ne bouge presque pas. Il ne parle pas, ne danse pas et ne peut pas répondre. Pourtant, il possède quelque chose que nous avons parfois tendance à oublier : une mémoire du temps. Un arbre peut vivre pendant des dizaines, voire des centaines d’années. Il traverse les saisons, les changements de paysage, les générations humaines. Il est là avant nous et peut continuer à exister après nous. C’est justement cette idée qui intéresse Emmanuelle Huynh : faire ressentir, grâce au corps et aux mouvements, cette relation particulière entre l’être humain, le paysage et le temps. Dans «Embrasser un arbre, embrasser le temps», la danse devient donc une manière d’observer autrement ce qui nous entoure. Au lieu de simplement regarder un arbre, on peut commencer à imaginer tout ce qu’il a pu «voir» au fil des années.

Deux artistes, deux langages

La performance repose sur la rencontre de deux univers. Emmanuelle Huynh est danseuse, chorégraphe et enseignante. Son travail ne se limite pas aux mouvements du corps : elle s’intéresse aussi à la littérature, à la musique, à l’architecture et aux sciences sociales. Elle dirige notamment l’atelier danse-performance aux Beaux-Arts de Paris depuis 2016 et a dirigé le Centre national de danse contemporaine d’Angers entre 2004 et 2012. À ses côtés, Christian Sebille apporte la musique. Compositeur et directeur du Centre national de création musicale de Marseille, il travaille depuis plusieurs décennies autour de la musique électroacoustique et des musiques mixtes. Son univers artistique accorde une place importante à l’espace et au paysage sonore. Son catalogue compte plus de 70 œuvres. Le résultat ? La danse fait ressentir le passage du temps tandis que la musique transforme l’espace qui entoure les spectateurs.

Sortir des salles de spectacle

Cette performance pose aussi une question intéressante : pourquoi enfermer l’art dans des théâtres et des salles de spectacle ? Depuis un certain temps, de nombreux artistes choisissent de sortir des lieux traditionnels pour créer dans des parcs, des rues, des bâtiments historiques ou d’autres espaces publics. Cela permet de rapprocher les œuvres des personnes qui ne fréquentent pas forcément les salles de spectacle. À Rose-Hill, le Jardin Balfour devient ainsi bien plus qu’un simple lieu d’accueil. Cet espace vert historique participe à la création. Les arbres, le paysage et l’environnement influencent la manière dont la performance est vécue. Et puisque chaque endroit possède son propre caractère, la représentation peut prendre une couleur différente d’un lieu à l’autre.

Un duo qui a de l’avenir

Pourquoi cette rencontre entre les arts et la nature est-elle importante, en particulier aujourd’hui ? Parce que nous vivons dans un monde où nous passons énormément de temps devant des écrans. Nous regardons des vidéos, écoutons de la musique avec des écouteurs, jouons en ligne et échangeons à travers nos téléphones. Mais combien de temps consacrons-nous simplement à observer un arbre, écouter les oiseaux ou regarder le mouvement des feuilles ? L’art peut nous aider à ralentir et à regarder autrement. Une danse dans un jardin peut ainsi devenir une invitation à prendre conscience de notre environnement. La nature n’est plus seulement quelque chose que l’on traverse ou qu’on utilise : elle devient une présence avec laquelle nous pouvons dialoguer. Et peutêtre qu’après avoir vu cette performance, certains regarderont les arbres du Jardin Balfour, ou ceux de leur quartier, avec un peu plus de curiosité.

Alors, le samedi 5 septembre, pourquoi ne pas changer un peu tes habitudes et prendre la direction du Jardin Balfour ? La performance débutera à 15 heures, durera entre 40 et 50 minutes et sera entièrement gratuite, sans réservation.

***** 

Le saviez-vous? Le jardin Balfour tire son nom de sir Andrew Balfour

Au cœur de Beau-Bassin–Rose-Hill se cache un espace vert, qui a déjà vu passer plusieurs générations de Mauriciens : le Jardin Balfour. Situé sur les berges de la Grande-Rivière-Nord-Ouest, ce jardin couvre environ cinq arpents et offre un véritable coin de nature au milieu de la ville. Mais sais-tu d’où vient son nom ? Le jardin a été créé en 1950 et doit son appellation à sir Andrew Balfour, un médecin spécialisé en médecine tropicale. Une rue de Beau-Bassin porte également son nom. Au fil des années, le Jardin Balfour est devenu un lieu apprécié des familles, des promeneurs et des sportifs. Les enfants peuvent notamment profiter d’une aire de jeux, tandis que les visiteurs peuvent observer les célèbres tortues du jardin. On y trouve également de nombreux arbres et plantes, des sentiers, ainsi qu’une cascade qui contribue au charme particulier du site. En 2016, le jardin a bénéficié d’importants travaux de rénovation, notamment au niveau de l’aire de jeux et de l’espace réservé aux tortues. Aujourd’hui, son intérêt est peut-être encore plus grand : ce lieu historique permet à la nature, aux loisirs et désormais aux arts de se rencontrer. Un endroit où le passé continue tranquillement de côtoyer le présent !

Publicité