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Central Criminal Investigation Department
Pravind Jugnauth réclame les éléments à la base des soupçons
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Central Criminal Investigation Department
Pravind Jugnauth réclame les éléments à la base des soupçons
■ L’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, hier, au CCID. © Tony Fine
Le désaccord entre Pravind Jugnauth et la police tient à une question précise : quels éléments ont réellement été communiqués à l’ancien Premier ministre avant la poursuite de son interrogatoire le 17 septembre ? Hier, de retour au Central Criminal Investigation Department (CCID), le leader du Mouvement socialiste militant a maintenu la position qu’il avait exprimée dans son précédent communiqué en date du 18 septembre. La police, elle, campe sur la version exposée dans son communiqué du 17 septembre.
Pravind Jugnauth s’était déjà présenté au CCID le 17 septembre, dans le cadre de l’enquête portant sur l’acquisition et l’utilisation, au Prime Minister’s Office, d’équipements et de systèmes destinés à l’interception de données, au monitoring et à la surveillance.
À l’issue de cette audition, l’ancien Premier ministre avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas poursuivre son interrogatoire dans les conditions proposées. Dans un communiqué publié le lendemain, il expliquait que la police avait refusé, selon lui, de lui communiquer les faits et circonstances sur lesquels elle fondait ses soupçons.
Hier, accompagné de Mᵉ Raouf Gulbul, Pravind Jugnauth a maintenu cette position. Il a affirmé que les éléments demandés à la police pour comprendre et apprécier la base des soupçons n’avaient toujours pas été communiqués dans leur intégralité.
La défense considère donc que son client ne dispose pas des informations qu’il estime nécessaires avant de répondre aux questions des enquêteurs. Pravind Jugnauth a toutefois insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas, selon lui, d’une volonté de se soustraire à l’enquête, mais de l’exercice de ses droits. Il a aussi expliqué qu’il viendra autant de fois que la police fera appel à lui concernant cette enquête.
Par ailleurs, dans son communiqué du 17 septembre, la police indiquait que les faits, les circonstances et la nature des infractions pour lesquelles Pravind Jugnauth faisait l’objet d’une enquête avaient été exposés à l’ancien Premier ministre et à ses conseils légaux.
Selon les Casernes centrales, le processus d’interrogatoire avait effectivement débuté avant que Pravind Jugnauth ne refuse de répondre aux questions, indiquant ne pas être satisfait de l’existence d’une base suffisante justifiant les soupçons portés contre lui.
Chagos et prix des carburants
La police avait également précisé que la poursuite de l’interrogatoire avait été ajournée à la demande de Pravind Jugnauth, notamment en raison de l’indisponibilité de son Senior Counsel.
Au-delà de cette confrontation de versions, les investigations du CCID se poursuivent afin d’établir les circonstances entourant l’acquisition et l’utilisation présumées des équipements au centre de l’enquête.
Dans une déclaration à la presse, l’ancien Premier ministre a revendiqué l’accord sur les Chagos et a accusé le gouvernement de mensonges sur la baisse du prix de l’essence.
Pravind Jugnauth s’est longuement attardé sur le dossier des Chagos. Selon lui, l’accord avait déjà été conclu sous son gouvernement. Keir Starmer restait prêt à signer le traité et lui-même avait été invité au Royaume-Uni pour la signature, mais les élections étaient intervenues et il n’avait pas pu mener la campagne qu’il souhaitait.
L’ancien Premier ministre a rappelé que Jonathan Powell, envoyé spécial du Premier ministre britannique, était venu à Maurice pour presser le nouveau gouvernement de signer le traité. Il a ajouté que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, l’ancien Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, et les autres membres du gouvernement pensaient pouvoir obtenir «un much better deal». Pravind Jugnauth a dénoncé les changements qu’ils avaient apportés.
Il a dit constater que le gouvernement n’avait toujours pas obtenu la reconnaissance de la souveraineté ni perçu d’argent, alors que le montant figure dans le Budget depuis deux années financières. Il a aussi critiqué la décision du Premier ministre de ne pas se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies parce que les billets coûtent cher. Selon lui, c’est justement là qu’il aurait fallu poursuivre le dossier.
Pravind Jugnauth a affirmé avoir négocié un accord qui aurait donné à Maurice la souveraineté et des fonds pour des projets d’infrastructure et de développement, représentant des milliards de roupies. Il a ajouté que les parties s’étaient entendues sur la création d’un trust fund pour les Chagossiens et sur un programme de réinstallation, pour ceux qui le souhaitent, dans l’archipel, à l’exception de Diego Garcia.
Sur le prix des carburants, il a accusé le gouvernement d’avoir menti pour gagner les élections. Les prix devaient baisser dès le lendemain, a-t-il dit, mais ils ont continué à monter. Il a soutenu que ce sont les Mauriciens qui paient les conséquences de ces promesses.
À une question sur le Price Stabilisation Account (PSA), il a répondu que celui-ci est très déficitaire, à hauteur d’environ Rs 3 milliards, ce qui empêche toute baisse. Il estime que, dans l’opposition, ces dirigeants connaissaient la situation réelle du PSA. Malgré cela, ils avaient promis une baisse de Rs 30 au lendemain des élections. «Pourquoi n’a-t-elle pas eu lieu ?», a-t-il demandé.
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