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L’intensification de la guerre au Moyen-Orient vient assombrir les perspectives
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L’intensification de la guerre au Moyen-Orient vient assombrir les perspectives
Avec l’intensification de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage du détroit d’Ormuz, les espoirs d’un retour de la paix et de la stabilité dans cette partie du monde se sont vite effrités. Après avoir chuté autour de 70 dollars dans le sillage du protocole d’accord du 17 juin, les cours pétroliers sont en train de flamber. À lundi soir, le cours du Brent affichait 87 dollars. Les marchés basculent de nouveau dans la sinistrose, avec le scénario d’une «guerre totale» qui semble se préciser.
Cette perspective n’augure rien de bon pour l’économie mauricienne. Avec la désescalade du conflit armé, la brume se dissipait et la pression se relâchait quelque peu sur les prix. Ainsi, pour le mois de juin, Statistics Mauritius calculait l’inflation en glissement annuel à 3,7 % contre 4,3 % en mai. Au vu de la conjoncture géopolitique actuelle, il n’est pas exclu que l’inflation ne reparte à la hausse au second semestre. Car, parallèlement, le gouvernement maintient la trajectoire de sa politique d’austérité fiscale en vue d’assainir les finances publiques. Dans le pire des scénarios, on pourrait se retrouver avec une inflation supérieure à 5 %, voire 6 % d’ici à la fin de l’année, avec les conséquences que l’on connaît sur le pouvoir d’achat, la croissance et la balance courante.
L’autre risque concerne la non-ratification avant la fin de l’exercice financier 2026-2027 du traité portant sur la restitution des Chagos à la République de Maurice. L’investiture d’Andy Burnham comme Premier ministre du Royaume-Uni est accueillie positivement par Port-Louis du fait que le nouveau locataire du Downing Street a exprimé son intention de sceller l’accord. Mais, on le sait : aussi longtemps que les Américains mobiliseront la base militaire de Diego Garcia dans le cadre des opérations militaires contre Téhéran, le président Donald Trump ne lèvera pas son veto. Cela veut probablement dire que le Trésor public devrait d’ores et déjà songer à ne pas budgétiser les Rs 10,6 milliards au titre des revenus devant être perçus sur le deal des Chagos pour l’exercice fiscal 2026-2027. C’est un autre trou béant dans les finances publiques qui devrait être comblé après les Rs 6,2 milliards qui manqueront dans les caisses suivant les multiples reculades sur la réforme du système des pensions.
Les vents contraires soufflent fort. Si on veut les braver, on doit regarder la réalité en face. À une semaine de la présentation du Finance Bill, texte qui donnera force de loi au budget national, le Premier ministre devrait s’asseoir avec ses techniciens au ministère des Finances et retravailler ses estimations budgétaires en prenant en considération le pire des scénarios. Ce n’est pas être pessimiste, mais responsable.
La Banque de Maurice se doit également de mobiliser toute son énergie compte tenu des risques inflationnistes qui se profilent. Dans son dernier Selected issues paper rendu public en ce mois de juillet, le Fonds monétaire international (FMI) exhorte la Banque centrale à renforcer son cadre de politique monétaire et à se tenir prête à resserrer les conditions monétaires dans l’éventualité d’un choc sur les prix des matières premières qui aurait pour conséquence que l’inflation se situerait en dehors de la fourchette cible de 2 % à 5 %.
Il faut savoir que le comité de politique monétaire avait relevé le Key Rate de 25 points de base à l’issue de sa réunion du 20 mai dernier. Sa prochaine réunion, qui se tiendra le 12 août, sera cruciale. La Gouverneure Priscilla Muthoora Thakoor sera sans doute appelée à faire un arbitrage des plus problématiques entre la croissance et l’inflation. À ce sujet, le FMI conseille à la Banque centrale de renforcer sa communication, notamment sur les données macroéconomiques, le processus d’évaluation des risques et la façon dont elle aligne ses opérations sur la politique fiscale.
Par ailleurs, le FMI recommande à la Banque de Maurice de consolider le cadre de politique monétaire adopté en 2023. S’appuyant sur l’émission de billets arrivant à maturité dans 7 jours, ce cadre a pour but d’améliorer le mécanisme de transmission monétaire, c’est-à-dire de s’assurer que les objectifs fixés en termes d’ancrage de l’inflation sont atteints. Qu’est-ce qu’implique concrètement le renforcement du cadre de politique monétaire ? Faudra-t-il émettre de nouveaux Bank of Mauritius Bills pour les besoins de la politique monétaire ?
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