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Ambiance parlementaire

Écrans allumés, débats en sourdine

22 juillet 2026, 09:30

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Écrans allumés, débats en sourdine

La cloche sonne à 11 h 37, avec un léger retard sur l’horaire habituel. Les bancs des parlementaires sont un peu plus dégarnis que d’ordinaire, mais l’Hémicycle donne malgré tout une impression de salle comble : une dizaine d’élèves ont pris place dans la tribune du public, venus tout droit de la Guadeloupe pour observer, le temps d’une séance, le fonctionnement du Parlement mauricien. Ils suivent les débats avec attention, contrairement à certains élus qui, eux, ont les yeux rivés sur leur téléphone pendant que des collègues interviennent, que ce soit lors des Private Notice Questions, du Prime Minister’s Question Time ou des questions parlementaires ordinaires. Chose habituelle.

On aimait comparer l’Hémicycle à une salle de classe dissipée ; sur le volet téléphone, la comparaison ne tient plus. Sans se prononcer sur ce qui est permis ou non dans l’enceinte, le constat, lui, reste simple : peu, visiblement, suivent vraiment les débats. Il serait presque plus court de citer ceux qui, à l’accoutumée, gardent les yeux sur les débats plutôt que sur leur écran (du moins, de ce que l’on peut voir depuis la galerie de la presse) : les junior ministers Kugan Parapen et Véronique Leu Govind, ou encore les ministres Anil Bachoo, Ajay Gunness, Arvin Boolell, Rajesh Bhagwan, Mahen Gungapersad et le Premier ministre (PM) lui-même. Pour la liste de ceux qui, à l’inverse, ne décrochent presque jamais de leur téléphone, il aurait fallu davantage de place.

L’affaire du jour s’ouvre pourtant dans une ambiance étonnamment paisible. La PNQ porte sur le recrutement de travailleurs étrangers dans le secteur agricole, et le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, multiplie les questions supplémentaires. Le ton des réponses reste posé, presque apaisé. Le sarcasme, d’ordinaire monnaie courante, n’est pas de mise. Estce une nouvelle atmosphère qui s’installe au Parlement ? La semaine dernière avait déjà été d’un calme comparable. La PNQ se termine à 12 h 12 ; place aux questions au PM.

À la troisième question de la séance, l’ambiance prend des allures de changement. La question porte sur l’endettement des organismes parapublics et des entreprises d’État. Le PM, Navin Ramgoolam, y voit visiblement l’occasion parfaite pour dérouler, chiffres à l’appui, le bilan de la dette accumulée sous le précédent régime, en s’attardant sur le Central Electricity Board et la State Trading Corporation, avant de revenir sur une vieille promesse de ne jamais injecter «une seule roupie» d’argent public dans le dossier, une promesse qu’il qualifie sans détour de mensonge. Il conclut en espérant que la population mauricienne s’en souviendra le moment venu…

Pendant toute la réponse, la chief whip Stéphanie Anquetil ponctue chaque révélation d’un «Incroyable !», d’un «Shocking !», visiblement peu surprise, mais bien décidée à le faire savoir. Puis vient sa question supplémentaire, calculée pour faire du bruit : «Qui, à l’époque, occupait le poste de ministre de la bonne gouvernance ?» Réponse sans détour du PM : «On le sait tous, c’est Roshi Bhadain.» Dans la salle, un long «Ahhhh» est suivi d’un éclat de rire collectif. Le nom tombe deux jours à peine après le grand rassemblement du Reform Party à La Louise…

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