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Finances publiques
Un déséquilibre accentué en 2024-2025
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Finances publiques
Un déséquilibre accentué en 2024-2025
[Illustration : IA] ■ Les recettes fiscales, avec Rs 164,8 milliards (83,6 % du total), ont représenté la principale source de revenus de l’administration publique au cours de l’exercice.
L’exercice 2024-2025 a été marqué par une nette détérioration des finances publiques. D’après Statistics Mauritius, les recettes de l’administration publique consolidée ont progressé de 15,7 % pour s’établir à Rs 197,2 milliards, alors que les dépenses ont bondi de 20,5 %, à Rs 273,2 milliards. Le besoin net de financement s’est par conséquent creusé à Rs 76,1 milliards, contre Rs 56,2milliards l’année précédente.
Entre juillet 2024 et juin 2025, les recettes publiques ont représenté 27,5 % du PIB, contre Rs 170,4 milliards un an plus tôt. Les impôts en constituent l’essentiel, avec Rs 164,8 milliards (83,6 % du total), en hausse de 15,6 %. La fiscalité sur la consommation domine : la TVA a rapporté Rs 60 milliards, devant les impôts sur le revenu et les bénéfices (Rs 48,3 milliards), les droits d’accise (Rs 24,7 milliards) et les taxes sur les transactions financières et de capital (Rs 11,4 milliards). Les droits de douane ont atteint Rs 2,2 milliards, les taxes sur la masse salariale Rs 1,1 milliard, les impôts fonciers Rs 0,2 milliard et les autres taxes, Rs 7,3 milliards.
Les cotisations sociales ont progressé de 18 %, à Rs 14,4 milliards, dont Rs 13,7 milliards pour les régimes de sécurité sociale, financés par les employeurs (Rs 8,7 milliards), les employés (Rs 4,7 milliards) et les indépendants (Rs 0,2 milliard). Les dons ont augmenté de 50,3 %, à Rs 1,1 milliard, composés à 90,6 % de dons de capital. Les autres recettes non fiscales ont crû de 13,1 %, à Rs 16,9 milliards, incluant Rs 7 milliards de revenus de la propriété, Rs 5,7 milliards issus de la vente de biens et services, Rs 3,6 milliards de transferts courants et Rs 0,6 milliard d’amendes.
À l’échelle internationale, les données de l’OCDE pour 2023 situent le ratio impôts/PIB du pays à 23,1 %, contre une moyenne africaine de 16,1 %, ce qui le place au cinquième rang sur 38 pays, derrière la Tunisie, les Seychelles, le Maroc et l’Afrique du Sud. La TVA et la fiscalité indirecte pèsent 57% des recettes (52% en Afrique), les impôts sur le revenu 28 % (37 % sur le continent). Pour les recettes non fiscales, le pays n’occupe que le 25ᵉ rang sur 37, avec 2,6% du PIB contre 5,9% en moyenne.
Plus de dépenses
Côté dépenses, les Rs 273,2 milliards représentent 38,1 % du PIB, contre 34,1 % auparavant. Les dépenses courantes ont atteint Rs 262,1 milliards (+22,1 %). Les prestations sociales en constituent le premier poste, avec Rs 99,8 milliards, suivies de la rémunération des employés (Rs 65,7 milliards), des transferts courants (Rs 49,3 milliards), de la consommation de biens et services (Rs 23,6 milliards) et des intérêts de la dette (Rs 19,1 milliards).
Par fonction, les secteurs sociaux et communautaires ont absorbé Rs169milliards (61,8% du total), dont Rs 106,3 milliards pour la protection sociale, Rs 28,2 milliards pour l’éducation et Rs 20,7 milliards pour la santé. Les fonctions économiques et de gouvernance ont mobilisé Rs 104,2 milliards. En revanche, l’investissement brut dans les actifs non financiers a reculé à Rs 11,1 milliards, soit 1,5% du PIB. Les soldes publics se sont donc dégradés. Le déficit opérationnel brut est passé de 6,7% à 9,1% du PIB.
Le besoin net de financement a atteint 10,6 % du PIB et le déficit primaire 7,9 %. Pour le couvrir, l’État a surtout émis des titres de créance (Rs 62,8 milliards, quasi exclusivement domestiques) et contracté Rs 12 milliards d’emprunts supplémentaires, majoritairement externes. Conséquence : la dette publique est passée de Rs 491,9 milliards à Rs 570,5 milliards en un an (+16%), portant le ratio dette/ PIB de 74 % à 79,6 %.
Enfin, la valeur nette de l’administration publique a diminué de Rs 80 milliards, plombée notamment par Rs 25,5 milliards de pertes actuarielles sur les engagements de retraite.
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