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«Teachers’ Day»
Enseigner, c’est bien plus que transmettre
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«Teachers’ Day»
Enseigner, c’est bien plus que transmettre
La Journée mondiale des enseignants a été célébrée hier sous le thème «Standing with teachers: 60 years of protecting the profession, advancing its status and shaping our futures». Reconnaissance, conditions de travail, autonomie et soutien : autant de réalités qui façonnent aujourd’hui le quotidien de ceux et de celles qui ont pour mission de préparer les générations de demain.
Jérôme Khedoo, enseignant de braille et de technologie pour les aveugles, est lui-même malvoyant : «Cette journée a une saveur particulière. Enseigner le braille n’est pas juste enseigner un alphabet. C’est offrir de l’autonomie.» Pour lui, cette journée est la reconnaissance d’un métier de l’ombre, fait de patience, où chaque lettre apprise est une petite victoire sur l’exclusion. Jérôme se sent valorisé par le fait que la reconnaissance vienne surtout de ses élèves. Quand un ancien élève l’appelle pour lui dire qu’il a pu utiliser un ordinateur seul grâce à un logiciel ou qu’il a lu son premier livre en braille, c’est sa plus belle médaille. Il aimerait que l’éducation spécialisée soit mise plus en lumière au niveau national.
■ Jérôme Khedoo, enseignant de braille et de technologie pour les aveugles.
Les défis sont en effet énormes. Par exemple, une imprimante braille et le papier spécial coûtent cher et sont difficiles à obtenir. Souvent, les éducateurs doivent transcrire et adapter eux-mêmes les manuels scolaires en braille, page par page. Jérôme doit aussi constamment se former sur les nouvelles technologies d’assistance comme les logiciels JAWS et NVDA et les téléphones adaptés. Cependant, pour lui, le plus grand défi, c’est de changer les mentalités, car derrière chaque élève aveugle qui réussit le Primary School Achievement Certificate ou le School Certificate, il y a tout un combat silencieux qui mérite d’être soutenu, pas seulement le 5 octobre. «L’aveugle n’a pas besoin de pitié. Il a besoin d’opportunités.»
■ Roshan Boodnah, chargé de cours de philosophie au Mahatma Gandhi Institute.
Roshan Boodnah, chargé de cours au Mahatma Gandhi Institute, enseigne la philosophie, notamment indienne et occidentale, l’éthique, la logique ainsi que différentes traditions de pensée. Pour lui, enseigner ne consiste pas uniquement à transmettre des connaissances : il s’agit aussi d’aider les étudiants à réfléchir, développer leur esprit critique et à devenir responsables. La Journée mondiale des enseignants invite aussi ces derniers à réfléchir à leur propre responsabilité. Pour Roshan, les enseignants ne transmettent pas seulement un programme académique : ils transmettent aussi des valeurs, des attitudes, une manière de penser et, parfois même, une certaine vision de la vie. Cependant, il pense que la véritable reconnaissance du métier d’enseignant ne devrait pas se limiter à une seule journée dans l’année. La valorisation doit également se traduire au quotidien par le respect accordé à la profession, par de bonnes conditions de travail, par l’écoute des enseignants et par une réelle reconnaissance des responsabilités qu’ils assument.
Continuer à inspirer
Alors que le métier devient beaucoup plus complexe, l’enseignant doit aussi continuellement s’adapter aux nouvelles technologies, à l’intelligence artificielle, aux nouvelles méthodes pédagogiques et aux changements dans le système éducatif. À cela s’ajoute une charge de travail qui dépasse largement les heures passées dans une classe : préparer les cours, corriger, évaluer, accompagner les étudiants, participer aux activités institutionnelles et gérer des responsabilités administratives importantes. Mais pour lui, le défi le plus profond reste peut-être celui de continuer à inspirer. Derrière le prof qui entre dans une salle de classe, il y a une personne qui prépare, qui réfléchit, qui se remet en question et qui souhaite sincèrement voir ses étudiants progresser. Parfois, il peut être exigeant, mais cette exigence vient souvent d’une conviction très simple : «Nous savons que l’étudiant est capable de faire mieux.»
Il aimerait également que les élèves réalisent que les enseignants se souviennent souvent longtemps d’eux. Leur réussite devient aussi, d’une certaine manière, leur propre réussite. Lorsque, plusieurs années plus tard, un ancien étudiant revient simplement pour dire «Monsieur, je me souviens de ce que vous m’avez appris», c’est probablement l’une des plus belles formes de reconnaissance qu’un enseignant puisse recevoir.
Vima Sham est enseignante de philosophie. Pour elle, la Journée mondiale des enseignants est le moment où l’on reconnaît leur contribution à l’avenir des enfants et, à terme, du pays. Ce sont les enseignants qui jettent les fondations solides de chaque métier – manuel, académique, professionnel. Pour Vima, c’est un métier qui exige beaucoup de dévouement. Les enseignants assument plusieurs rôles à la fois : ils partagent leurs connaissances, sont parfois psychologues et dispensent des conseils pour assurer le bien-être mental de l’élève, deviennent des papas ou des mamans qui apportent le soutien nécessaire à l’enfant afin qu’il se sente protégé, ou encore jouent le rôle de guides et de philosophes dans la vie quotidienne de l’élève et l’encadrent afin de s’assurer qu’il se forge une personnalité.
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