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Une poésie au doux nom de la femme
L?intimité donne un sens plus profond aux mots. Des paroles tantôt lourdes, tantôt légères, qui virevoltent autour d?un thème : celui de la femme. Jocelyn Louise, gérant de la galerie Max Boullé en collaboration avec la municipalité de Beau-Bassin-Rose-Hill, a organisé mardi dernier un récital de poésie autour de la femme. Celle qui soigne les égratignures, celle qui aiguise l?esprit d?un passionné ou encore celle qui dit non au laisser-aller.
Marie-France Favory n?est pas montée sur les planches ce soir-là mais elle ?a joué son poème? au plus proche de son public. Mo mama. Son poème retrace la vie de sa mère ?morte d?un mal de tête?. Puisant du créole, elle dresse devant nous un mur d?interrogations. Mais Marie-France finit par dire : ?ti ena koulou dan lizie mo mama?.
Celle-ci ne souffrait pas véritablement de ce fatal ?mal de tête?, mais d?un mal encore plus profond : la pauvreté. Mangeant les restes d?un dîner après ses enfants. S?éreintant. Ruisselante de larmes. Tuée par le fatalisme. C?est cette femme-là qui est devenue l?exemple à suivre.
Dénoncer la société patriarcale
Cette nuit, la poésie s?est faite symbole de délivrance. Certains sont venus, principalement des femmes, pour clamer leurs poèmes en totale liberté. C?est de sa voix douce qui caresse les mots que Catherine Huguet, lançait à une assemblée non-préparée, des mots gonflés de sensualité. ?Je désire?.
Elle y parle du désir d?un homme. Désirant tout de cette femme, que ce soit ses fesses, ses seins. Une femme sans cervelle mais qui possède une ?tignasse sur la tête?. Le choix de ce poème reste quelque peu ambigu mais Catherine Huguet l?a bien fait revivre en cette veille de journée mondiale de la femme.
De tous les thèmes qui auront effleurés la femme, nous aurons entendu celui de France Sooparayen, réveillant un poème de Jocelyn Louise. ?To pa paillasson. To marche pied ?, dira-t-il de la femme. ?Fam dibout. Dibout lor to de lipie ?. Ce poème fait référence à cette silhouette féminine, bafouée, qui se cambre sous les lois d?une société farouchement patriarcale.
Mais Femme Noire de Léopold Sédar Senghor enleva toute ride d?étonnement. ?Femme nue, femme obscure/ Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche ?. Quoi de mieux pour soulever en nous des vagues de passion.
La poésie entoure la taille de la femme et la fait valser aux sons des notes de Senghor. Homme politique et écrivain sénégalais (1906-2001), qui parlait de la femme comme celle s?élançant dans la ?savane aux horizons purs, savane qui frémit aux caresses ferventes du Vent de l?Est ?.
Et puis, c?est au tour de l?hésitant Jocelyn Siou de prendre la parole. Raffinant les courbes rondes et orientales de la danseuse d?Ellora. Le poète, aux mains qui tremblent, à la voix qui craque sous le poids de l?émotion, cède son âme à la passion. Consumant les gouttelettes poétiques d?une faim insatiable.
Tentez de comprendre comment Jocelyn Siou parvient à déclamer une poésie en cinq minutes, sans s?arrêter, toujours avec la même pulsion. Fouillant cette danseuse qui extrait en l?homme la passion d?un Rajah. L?amour d?un homme qui s?embrase sous le regard aux longs cils de la danseuse. Rien au monde ne pourra décrire l?émotivité d?un poète.
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