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Sithanen craint plus pour le textile que pour le sucre

7 décembre 2005, 00:00

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Le ministre des Finances, Rama Sithanen, affirme avoir plus d?appréhension pour le secteur textile et pour l?export processing zone que pour le sucre. Cette crainte a été émise lors des débats sur le discours-programme, hier à l?Assemblée nationale.

?Nous avons eu quatre années difficiles. Cette année le sera encore plus.? Le ministre des Finances ne cache pas ses craintes pour l?économie mauricienne. Déjà, le secteur sucrier est menacé par la baisse du prix du sucre. Mais c?est le textile qui est le plus en danger puisqu?il ne dispose pas des mêmes mesures d?accompagnement proposées pour le sucre.

Rama Sithanen souhaite obtenir l?aide de pays amis comme la France et, d?une manière générale, de l?Union européenne même si celle-ci ?nous a laissé tomber? pour le sucre. Il fait de nouveau un état des lieux alarmant de l?économie mauricienne avec des indicateurs ?in deep red? : croissance en baisse, chômage en hausse, dette publique et déficit budgétaire importants, balance commerciale déficitaire. Il fustige les ?erreurs fondamentales? de l?ancien gouvernement.

Au niveau sectoriel, la situation n?est pas brillante non plus. Le sucre, le textile, on l?a dit, sont dans une impasse. Le tourisme, milieu compétitif où Maurice évolue ?sans protection?, ne génère pas assez de croissance au niveau des arrivées. Certains avantages du secteur financier (la non double imposition) sont suspendus par des pays comme la Malaisie. Bref, comme le résume le ministre des Finances, ?les jours des préférences sont comptés?.

<B>Un secteur privé hésitant</B>

Au niveau interne, le coûts de production sont en hausse, la main- d??uvre est moins flexible, la formation insuffisante, le secteur privé hésite à prendre des risques. Rama Sithanen se veut rassurant. ?L?économie est malade mais cela ne veut pas dire qu?il n?y a pas d?espoir.?

Il affirme que les devises sont suffisantes ?pour 15 ou 18 mois? à condition cependant que tout le monde coopère? Il veut surtout dynamiser les investissements dans l?immobilier (integrated resort schemes) et dans l?hôtellerie.

Il souhaite aussi intervenir dans chacun des secteurs d?activités tout en explorant de nouvelles avenues. Il reprend donc les classiques : diminuer les coûts de production sucrière à travers la centralisation, aller vers une industrie de la canne, saisir les nouvelles opportunités dans le tourisme, se trouver des ?niches? dans le textile, approfondir et élargir les services financiers et les technologies de l?information et de la communication, développer le seafood hub?

<B>De nouveaux créneaux</B>

Pour Rama Sithanen, Maurice a toujours eu une économie ouverte qu?il faut cependant savoir gérer. Il compte sur de nouveaux créneaux comme le knowedge hub. Il veut encourager les petites et moyennes entreprises à exporter, notamment vers des pays amis comme l?Inde.

Il souhaite que la State Investment Corporation ?désinvestisse? dans les activités commerciales (casinos, restaurants?) pour se concentrer sur les investissements ?stratégiques?. Il souhaite ?mettre de l?ordre dans la politique fiscale, contenir les dépenses, améliorer la collecte des taxes.?

En matière de discipline, il mentionne surtout la création d?un système d?audit permanent des dépenses publiques au niveau de chaque ministère.

Rama Sithanen rappelle les dangers de la pandémie du sida. Le nombre de malades augmente chaque année de façon alarmante. ?S?il n?y a pas de changement, il y aura 10 000 malades à Maurice en 2010.?

Il conclut son intervention en insistant sur la nécessité de réformer le système électoral. ?Il est possible de réformer le système, mais il faut que nous nous inspirions de meilleures pratiques.?

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