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Collège Patten
Malgré la polémique, des générations d’élèves refusent de tourner la page
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Collège Patten
Malgré la polémique, des générations d’élèves refusent de tourner la page
■ Le collège Patten, un héritage familial de père en fils.
Alors que l’avenir du collège Patten suscite aujourd’hui débats et interrogations, une autre réalité se dessine loin des discussions administratives : celle des élèves qui y ont trouvé un espace pour se reconstruire, reprendre confiance et, parfois, réinventer leur avenir. Pour beaucoup, Patten n’aura pas été qu’un établissement scolaire. Il aura représenté une main tendue, un lieu où l’on pouvait recommencer, et dans certains cas, le point de départ d’une vie professionnelle.
L’école a accueilli des élèves en difficulté, des jeunes ayant perdu confiance, mais aussi des adolescentes devenues mères. Autant de parcours fragiles qui auraient pu s’interrompre brutalement, mais qui ont pu se poursuivre grâce à un encadrement jugé bienveillant. Car pour certains jeunes, le défi n’est pas seulement de réussir à l’école, mais de continuer à croire qu’ils peuvent réussir.

■ (De g. à dr.) : Sathuda Patten, (plus connu comme Da Patten), Gavin Patten et Endy Patten.
Lorsqu’un enfant accumule les difficultés, le regard social peut vite le réduire à un élève «incapable» ou «destiné à l’échec». Derrière ces étiquettes se cache souvent un jeune qui a simplement besoin qu’on lui donne une chance. C’est ce que plusieurs familles affirment avoir trouvé au collège Patten. «Sa lekol la inn donn mo zanfan lasans kontan lekol. Kot nou ti pase, lezot lekol inn refiz li», raconte une mère. Sa fille, qui avait dépassé la durée normale de scolarité, a pu redoubler sa 9e année et poursuit aujourd’hui son SC. Pour cette mère, le collège Patten a su croire en des élèves auxquels beaucoup ne prédisaient aucune réussite. L’école, dit-elle, a choisi de regarder vers l’avenir plutôt que de s’arrêter aux difficultés.
Vision de l’avenir
Parmi les parcours marquants figurent ceux d’adolescentes devenues mères. La grossesse d’une élève peut rapidement devenir un sujet de jugement ou de rejet. Certaines familles se retrouvent alors dans une situation délicate : leur enfant devant affronter la maternité tout en essayant de ne pas abandonner ses études. Une ancienne élève, aujourd’hui devenue une professionnelle, raconte que le directeur lui avait affirmé qu’une adolescente devenue mère ne perdait pas son droit à l’éducation. Le véritable obstacle, selon elle, relevait davantage du regard social que d’une impossibilité réelle de poursuivre sa scolarité. Elle a obtenu son HSC avant d’entrer à l’université, soutenue par l’établissement.
Pour les parents d’un enfant en situation de handicap, la scolarité est souvent source d’inquiétude : l’encadrement sera-t-il adapté ? Les besoins seront-ils compris ? Une mère affirme avoir trouvé cette écoute au collège Patten. Le directeur répond personnellement à ses appels et lui a même communiqué son numéro de portable. Pour elle, cette disponibilité signifie que son enfant n’est pas seulement inscrit dans une école, mais est réellement accompagné.
Au fil des années, le collège Patten a vu passer des générations d’élèves. Certains sont devenus des professionnels, d’autres ont poursuivi des études supérieures. Beaucoup ont simplement retrouvé un chemin qu’ils pensaient perdu. Pour eux, la valeur d’une école ne se mesure pas uniquement aux résultats, mais à ce que deviennent ses élèves. Et parmi ceux qui ont fréquenté le collège Patten, nombreux sont ceux qui gardent le souvenir d’une institution qui leur a permis de croire qu’un autre avenir était possible.
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Questions à… Endy Patten, Ancien recteur suppléant
■ L’UPSEE affirme que le poste de recteur du collège des filles serait resté vacant près de cinq ans, alors que vous étiez «acting rector». Dans quelles circonstances avez-vous assumé ces responsabilités ?
Le poste n’a pas été vacant durant toute cette période. En 2020, après le départ à la retraite du précédent recteur, j’ai été promu au poste de recteur, répondant aux critères de qualification et d’ancienneté. Toutefois, une anomalie dans le rapport du PRB 2016 sur les promotions dans les collèges privés, combinée à l’absence de poste de recteur-adjoint en raison de l’effectif, a conduit à ma nomination comme recteur par intérim. Une circulaire de 2022 m’a ensuite pénalisé, me maintenant dans ce statut malgré l’entrée en vigueur de nouvelles règles.
■ Le syndicat évoque des contestations de nominations et transferts internes. Avez-vous rencontré des difficultés dans la gestion des ressources humaines ?
Oui, lors de la mutation du Senior Educator du collège des garçons vers celui des filles. Les deux établissements appartiennent à ma famille et cette décision s’inscrivait dans le cadre légal, guidée par l’intérêt des élèves. Toutes les promotions ont été accordées à des candidats qualifiés, conformément à la réglementation. Nos recrutements reposent sur la performance et les compétences, non sur l’ancienneté seule. Gérer un établissement exige de choisir les personnes les mieux préparées pour encadrer la nouvelle génération.
■ L’UPSEE fait état de plaintes pour harcèlement et affirme que certains enseignants auraient été laissés sans classes. Comment réagissez-vous ?
Je regrette que la gestion de conflits soit interprétée comme du harcèlement. Le syndicat défend ses membres, ce que je comprends. J’ai dû intervenir dans des situations tendues pour préserver la dignité du personnel et la sécurité des élèves. L’absence d’emploi du temps pour certains enseignants découle de la baisse des effectifs, un problème technique de sureffectifs. Tous les enseignants concernés ont été pris en considération dans la gestion de cette situation.
■ Que représent e aujourd’hui le collège Patten pour vous ?
C’est un héritage familial. Mon grand-père a fondé les collèges Patten et les valeurs transmises durant ma jeunesse m’ont conduit à assumer cette responsabilité. Je poursuis mes études pour diriger l’établissement, dans la continuité de la vision de mon père et de mon grand-père.
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L’UPSEE dénonce une gestion contestée et interpelle la PSEA
Le bras de fer se poursuit entre l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) et la direction des collèges Patten. Au centre des tensions : nominations, transferts internes et pratiques jugées inéquitables par le syndicat, qui appelle désormais la Private Secondary Education Authority (PSEA) à intervenir. Selon Arvind Bhojun, président de l’UPSEE, le différend remonte à plusieurs années. Il affirme que le poste de recteur du collège des filles serait resté vacant près de cinq ans sans être officiellement publié.
Durant cette période, un enseignant de mathématiques – présenté comme le fils de la famille fondateur – aurait assuré l’intérim, tandis que plusieurs éducateurs éligibles à une promotion seraient partis à la retraite sans avoir pu postuler. Le syndicat dit avoir porté le dossier au ministère de l’Éducation, après quoi la PSEA aurait demandé la publication du poste. Une réorganisation interne aurait alors suivi : transfert de la rectrice du collège des garçons vers celui des filles et promotion d’un Senior Educator au poste de recteur.
Mais l’UPSEE s’interroge sur les mouvements ultérieurs. Le Senior Educator promu aurait été rappelé au collège des garçons, alors qu’il souhaiterait rester en poste. Parallèlement, un appel à candidatures pour un poste de Senior Educator aurait été lancé puis suspendu, laissant les candidats dans l’incertitude. Le syndicat dit également avoir été informé qu’un recrutement en mathématiques serait envisagé au collège des garçons, ce qui pourrait entraîner une nouvelle réorganisation. Il précise toutefois qu’il s’agit d’informations provenant de ses membres et appelle la direction à clarifier la situation.
Face à ce méli-mélo administratif, plusieurs enseignants ont écrit à la PSEA pour obtenir des explications sur les procédures en cours. L’UPSEE évoque enfin des plaintes déposées au ministère du Travail pour des allégations de harcèlement, affirmant que certains enseignants ayant exprimé leurs préoccupations se seraient retrouvés sans classes à enseigner.
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