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Financial Crimes Commission

Quand des informations sensibles circulent sur le téléphone de Steven Moothoocurpen

5 septembre 2026, 16:00

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Quand des informations sensibles circulent sur le téléphone de Steven Moothoocurpen

■ Steven Moothoocurpen, en cour jeudi, demeure en cellule policière jusqu’au 17 septembre, la FCC ayant demandé un délai pour avancer l’enquête. Photos: Dev Ramkhelawon.

Malgré les tensions et les tentatives présumées de fragiliser l’institution, la Financial Crimes Commission (FCC) entend rester debout. Au sein de la commission, le message est désormais celui de la cohésion : l’équipe reste soudée et solidaire, alors que l’enquête sur les fuites présumées entre dans une phase plus sensible. L’arrestation de Steven Moothoocurpen, loin de clore le dossier, pourrait au contraire ouvrir de nouvelles pistes et conduire les enquêteurs vers d’autres protagonistes.

L’affaire ne se résume plus au seul parcours d’un homme. Depuis l’arrestation de Steven Moothoocurpen, les enquêteurs s’attachent à comprendre comment certaines informations relatives aux investigations de la FCC ont pu se retrouver entre les mains de personnes extérieures à la commission. Documents, noms d’enquêteurs et informations liées à certains dossiers figureraient parmi les éléments désormais soumis à vérification.

Âgé de 35 ans et domicilié à Petit-Verger, Saint-Pierre, Steven Moothoocurpen a été arrêté le mercredi 2 septembre après plusieurs heures d’interrogatoire. Il a comparu le lendemain devant le tribunal de Moka, où il a été reconduit en cellule policière sous une accusation provisoire de complot en vue d’entraver le cours de la justice. Son avocat, Me Neil Pillay, a présenté une motion pour sa remise en liberté. La police s’y est opposée. La demande a été examinée vendredi devant la même juridiction. En attendant la décision judiciaire, Steven Moothoocurpen demeure en cellule policière jusqu’au 17 septembre car la FCC a demandé un délai pour faire avancer l’enquête.

Le téléphone au centre du puzzle

L’exploitation du téléphone du suspect constitue désormais une pièce importante du puzzle. Les enquêteurs y auraient découvert plusieurs informations concernant des membres de la FCC, notamment des noms et des détails liés à certains officiers engagés dans des investigations. La question centrale est désormais de déterminer l’origine de ces informations. Comment sont-elles par venues jusqu’au téléphone de Steven Moothoocurpen ? Qui les lui aurait communiquées ? Et surtout, dans quel but ?

Ces interrogations prennent une dimension particulière alors que la FCC mène parallèlement un travail de comparaison entre des documents ayant circulé sur des messageries privées et les éléments contenus dans ses propres dossiers. L’objectif est de reconstituer la chaîne de transmission et de déterminer si certaines informations confidentielles auraient pu provenir de l’intérieur de l’institution.

Des enquêteurs ciblés

Les investigations portent également sur des menaces qui auraient été proférées à l’encontre de membres de la commission. Selon les éléments examinés, au moins deux enquêteurs seniors auraient été visés. L’un d’eux aurait été pris pour cible dans le contexte d’un dossier impliquant un ancien policier déjà arrêté dans la série d’arrestations de blanchiment d’argent lié à Steven Moothoocurpen dans le passé.

Les enquêteurs cherchent à établir la nature exacte des relations entre les différents protagonistes. Steven Moothoocurpen et cet ancien policier auraient été décrits par certains comme des «brothers in arms», une proximité dont la portée réelle reste toutefois à déterminer. Plus troublant encore, des photographies liées à un membre de la famille d’un de ces enquêteurs auraient été retrouvées sur le téléphone du suspect, ainsi que des informations relatives à son domicile. Les deux enquêteurs auraient également fait l’objet de menaces. Ces éléments en cours de vérification devront être confrontés aux autres informations recueillies dans le cadre du dossier.

Le journal de bord d’un enquêteur retrouvé sur la toile

Cette nouvelle affaire fait également ressurgir l’épisode du journal de bord d’un enquêteur de la FCC, dont la disparition avait été signalée à la police de Goodlands il y a quelques mois. Une vidéo montrant des extraits de ce carnet, avec des références à plusieurs dossiers, avait circulé en ligne. Le directeur général de la FCC, Titrudeo Sanjay Dawoodarry, avait alors expliqué que ce document ne contenait pas d’informations compromettantes, mais essentiellement des notes de travail prises dans le cadre d’enquêtes. «Il n’y a rien de compromettant dans ce diary.»

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