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On passe à l?action !

29 juin 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La lutte contre l?extrême pauvreté a franchi un nouveau palier. Annoncé dans le budget 2008-2009, le comité de l?Eradication of Absolute Poverty (EAP) est désormais une réalité. Il tiendra sa première réunion de travail ce mercredi. Ce comité sera présidé par Carrim Currimjee (voir hors-texte) et sera composé de 12 membres, dont Roland Dubois, Sheila Baguant, Manda Boolell, entre autres. Le comité sera appelé à assurer la coordination des moyens et à définir une stratégie intégrée afin de lutter efficacement contre l?extrême pauvreté. « L?EAP sera un sous-comité du Trust Fund For the Integration of Vulnerable Groups. Il travaillera en collaboration avec l?Empowerment Programme (EP), les départements Corporate Social Responsibility des entreprises et la société civile », a annoncé le ministre des Finances lors d?une conférence de presse en présence des membres de l?EAP.

Mais la bataille s?annonce rude. Selon les enquêtes, 7 157 familles vivent dans la précarité extrême et elles sont réparties dans 229 poches de pauvreté à travers 118 régions du pays. Le défi de l?EAP sera d?aider ces familles à sortir la tête de l?eau et à s?émanciper. « Il s?agit de leur permettre de rejoindre le mainstream », explique le ministre des Finances.

Pour réussir, l?EAP travaillera en concertation avec les entreprises des régions. « Il faudra décentraliser les actions et identifier des entreprises qui ont des intérêts économiques dans chacune des régions concernées. Avec le ?peering? entre entreprises et poches de pauvreté et les instances de l?EAP, on aidera les pauvres », préconise Rama Sithanen tout en lançant un appel à toutes les entreprises de Maurice de participer au programme de l?EAP. Le secteur privé contribuera à hauteur de 30 % dans ce programme.

L?accent sera mis sur l?éducation

Mais selon le ministre des Finances, le problème de la pauvreté à Maurice mérite d?être relativisé. Toutes les définitions de la pauvreté indiquent que celle-ci est très basse dans le pays. Ainsi, alors que la pauvreté extrême est de 18 % à travers le monde et de 41 % en Afrique subsaharienne, elle est estimée à moins de 1 % à Maurice.

Par ailleurs, ceux qui vivent avec moins de deux dollars par jour à Maurice ne représenteraient que 1,5 % de la population, soit environ 5 000 foyers. Basé sur le concept de « relative poverty », soit ceux qui reçoivent moins de 50 % du revenu médian, seuls 7,9 % de la population, soit environ 26 400 familles sont concernées. Bref, la situation de la pauvreté à Maurice est sans commune mesure comparable à d?autres pays. Donc, d?ici sept à dix ans, on pourrait venir à bout de la pauvreté.

« Sinon, elle nous reviendra à la figure dans dix ans », précise Rama Sithanen.

Et pour démarrer l?EAP, le scolaire aura une place prioritaire parmi les cinq autres axes d?action, qui sont la formation et le reskilling, les micro-entreprises, les logements sociaux, l?accompagnement social et les life-skills, et le « problème de genre » dans la pauvreté.

L?accent sera mis sur le fait que les enfants des régions défavorisées aillent à l?école. « On demandera aux enfants de 3 à 4 ans d?attendre. On va répertorier dans les écoles pré-primaires le nombre de places qu?il y a et on fera un matching de sorte que les enfants puissent être scolarisés. S?il faut leur donner une facilité de transport pour être présents à l?école, on le fera. S?il y a encore des problèmes, on aidera les gens de la région à créer leur propre école maternelle », déclare Rama Sithanen.

« Redonner confiance en l?avenir »

De son côté, Jean-Claude de l?Estrac, président du Steering Committee de l?EP, estime que le scolaire a le potentiel d?aider les familles pauvres à retrouver confiance en elles. « L?expérience de l?EP démontre qu?il y a parmi les pauvres des gens qui n?ont aucune confiance dans l?avenir. Quand on leur propose de la formation, ils ne viennent pas et ne veulent pas y croire. Ils restent bloqués. Or, faire que leurs enfants aillent à l?école, c?est leur donner le moyen de reprendre confiance dans l?avenir », soutient-il. Et d?ajouter que le travail de l?EAP est fondamental et complémentaire aux actions de l?EP. « C?est un préalable à la réussite de l?EP. L?EP est un deuxième échelon », souligne Jean-Claude de l?Estrac.

Alors que l?économie nationale a retrouvé ses couleurs, la lutte contre la pauvreté assurera, sans conteste, que la croissance soit partagée entre tous nos compatriotes indistinctement.

CARRIM CURRIMJEE : « JE NE POUVAIS PAS REFUSER CE DEFI »

Il pilotera l?Eradication of Absolute Poverty Programme. Titulaire d?un BSc en économie de la London School of Economics, Carrim Currimjee a effectué ses études secondaires à Madagascar et en Inde. Une fois rentré au pays, il a démarré sa carrière au sein de l?entreprise familiale, Currimjee Jeewanjee. Il a été Chairman de l?entreprise pendant 20 ans, avant de prendre sa retraite en 1998. Son engagement dans le social, il le cultive depuis qu?il a été en poste chez Currimjee Jeewanjee.

Il est, entre autres, membre du Presidential Education Fund. Marié, il est père de trois enfants et de cinq petits-enfants. Carrim Currimjee concède volontiers que la tâche qui lui a été confiée en tant que président de l?Eradication of Absolute Poverty Programme ne sera pas aisée. « C?est un challenge, mais ce qui me frappe, c?est la volonté et la motivation des membres pour combattre la pauvreté. C?est un défi que je ne pouvais refuser et le travail démarre dès ce mercredi », soutient Carrim Currimjee.

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