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Les Bleus voient rouge

16 septembre 2007, 00:00

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«Depuis l?arrivée des Bleus au sein du gouvernement, la direction du Parti mauricien social démocrate (PMSD) a eu à affronter une avalanche de questions et d?opprobres. Si, la déclaration de Navin Ramgoolam, dimanche dernier, à Union Park, a interpellé plus d?un au sein du PMSD, c?est surtout la clientèle électorale qui gravite à la périphérie du parti qui a été la plus secouée.

L?entrée du PMSD au gouvernement avait créé des remous au sein de ce parti. Toutefois, la transition et l?accueil qui leur avaient été réservés avaient conforté Maurice Allet et Eric Guimbeau dans leur décision. Les liens tissés avec les membres du gouvernement et avec le Premier ministre en particulier, avaient fini par sceller les nouveaux rapports entre les membres de l?Alliance sociale et le PMSD.

Mais après la déclaration du Premier ministre, l?agitation a gagné les rangs des Bleus. Des messages, on ne peut plus clairs, ont sommé les dirigeants du PMSD de se retirer du gouvernement. Le leader, Maurice Allet, a eu du mal à cacher son désarroi et sa colère. Colère refoulée, selon son entourage. La pression s?est exercée sur lui, une pression venant surtout des partisans manifestement mécontents.

En effet, Maurice Allet a eu fort à faire pour contenir les récriminations de ses partisans. Le leader des Bleus a aussi eu à gérer la pression exercée par certains représentants du secteur privé qui lui ont demandé de réagir. Mais il a toutefois choisi la voie de l?apaisement, même s?il a laissé faire son adjoint, Eric Guimbeau (voir aussi page 7). Ce dernier devait une nouvelle fois monter au créneau pour montrer sa désapprobation, comme lors de l?épisode de la taxe sur les campements.

Aller dans le sens d?un apaisement

Alors que Maurice Allet a décidé de jouer la carte de la prudence dans cette affaire, son numéro 2, a, pour sa part, réclamé le droit à la parole. À l?évidence, Eric Guimbeau ne ménage pas ses critiques à l?égard des propos tenus par le chef du gouvernement. En effet, ce dernier donne libre cours à ses critiques, alors que le leader du PMSD reste en retrait.

Mais Eric Guimbeau est dans une impasse. Ecartelé entre sa loyauté envers Maurice Allet et son parti d?une part, et sa proximité avec les membres de l?Alliance sociale, Eric Guimbeau tel un funambule avance avec peine. À l?évidence, Eric Guimbeau, est seul au front et agite le drapeau de l?unité. Il estime que le Premier ministre doit agir en rassembleur et ne pas se laisser influencer par des « monter chula ».

Et Le Parti travailliste (PTr) n?est pas resté insensible aux déclarations d?Eric Guimbeau. « Mon ami Eric a probablement fait une lecture différente des propos du Premier ministre. Il sait par expérience que nous appartenons à l?école de la tolérance et de l?ouverture. Nos discussions se passent toujours dans le respect mutuel et je ne vois pas pourquoi cela changerait », a relativisé James Burty David.

Au sein du PMSD, on souhaite que tout retourne à la normale, car il faut éviter que la prochaine rentrée parlementaire soit polarisée sur ces derniers événements. De plus, les Bleus caressent toujours l?espoir de voir Maurice Allet occuper un portefeuille ministériel et cela à la faveur d?un remaniement ministériel dont la prérogative est celle du Premier ministre.

Toutefois, jeudi dernier, lors du banquet au Hua Lien dans le cadre de la semaine chinoise, le Premier ministre aurait tenu des propos rassurants au leader du PMSD. Il est certain qu?Eric Guimbeau ne serait pas insensible à la nomination de son leader à un poste ministériel. Ce qui serait légitime pour son chef de parti après tant d?années consacrées au PMSD. Toutefois, Eric Guimbeau se réserve le droit d?interpeller le gouvernement sur des questions qui, estime-t-il, devraient aller dans le sens d?un apaisement envers sa communauté.

En tout cas, c?est la deuxième fois que les dirigeants du PMSD et le premier député de Curepipe-Midlands se voient obligés de sortir de leurs réserves pour exprimer leur désaccord avec leur principal allié, le PTr. Mais la situation devrait évoluer positivement, selon les milieux proches de Maurice Allet, après la réunion prévue avec le Premier ministre.

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