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Le poulet sous la menace de nouvelles augmentations
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Le poulet sous la menace de nouvelles augmentations
La basse-cour est en ébullition. En deux ans, le prix du poulet a connu une hausse de près de 50 %. La dernière augmentation est intervenue lundi dernier. Le poulet Chantecler coûte Rs 1,15 (le demi-kilo) plus cher (de Rs 45 à Rs 46,15). Les majorations se font plus fréquentes face aux coûts de production qui n?arrêtent pas d?augmenter. La nourriture pour volaille, le fret et l?électricité sont autant d?intrants à l?activité avicole qui ont subi des hausses conséquentes. D?autres ajustements se profilent à l?horizon.
Food & Allied Industries Ltd (FAIL), le producteur de Chante-cler, ne sera très probablement pas le seul à afficher une augmentation du prix (recommandé). Innodis, fournisseur des marques Prodigal, Carmen et Le Poulet Fermier, compte bien lui emboîter le pas. ?Nous suivons la situation de près. Il est évident qu?une hausse du prix est inévitable. Nous n?allons pas pouvoir continuer à absorber les coûts?, avance un responsable de la compagnie Innodis.
La nourriture pour oiseaux, qui représente 60 % du coût de production, est un facteur qui a beaucoup déstabilisé les exploitants. En seulement une année, le prix de ce composant a augmenté par moitié. Le maïs, principal intrant dans la production de cette nourriture, est pris dans la dynamique des hausses de matières premières au niveau mondial.
En effet, le maïs est dévié vers la fabrication de biocarburants, une activité nettement plus rentable que la nourriture pour volaille. Cette politique de substitution du pétrole a mis des pressions considérables sur les stocks mondiaux de ce produit qui sont au plus bas depuis 50 ans.
?Les producteurs doivent faire face à la réalité du terrain. Le courant coûte plus cher et il faut aussi tenir compte des hausses salariales. Ajoutez à cela les facteurs externes tels le fret. Le coût du transport maritime continue à subir les effets de la croissance chinoise. Cela met de la pression sur les coûts de nos matières premières?, indique Christian Ithier, directeur de communications chez FAIL.
Grippe aviaire
Après la dépréciation accélérée de la roupie l?année dernière, qui a beaucoup affecté les prix des intrants importés, l?industrie avicole n?a pas eu le temps de respirer. Les facteurs exogènes, tels le fret et le coût du maïs, sont venus s?ajouter à des conditions plus localisées. La hausse de l?électricité par 15 % n?est pas pour arranger les choses. ?Nous consommons beaucoup de courant dans les opérations d?abattage et de stockage du poulet. Les produits surgelés sont certes les plus touchés, mais il y a aussi un gros impact sur le poulet frais?, affirme notre interlocuteur chez Innodis.
Malgré les hausses de prix et certaines craintes liées à la santé (comme la grippe aviaire il y a quelques années), le poulet reste roi chez le consommateur. ?Malgré les récentes augmentations, le prix est toujours très abordable, comparé aux viandes rouges notamment?, estime Nicolas Kan Wah, directeur de la chaîne de supermarchés London Way. La qualité des produits et le goût du consommateur y sont certes pour quelque chose. ?Les consommateurs ont une nette préférence pour les marques locales. Les produits qu?on importe n?ont pas la même faveur?, fait ressortir Nicolas Kan Wah.
?La dernière augmentation frappant les produits Chantecler est minime, si on la compare aux hausses qui ont frappé les autres viandes ces derniers temps. La chance de Maurice est qu?il y a une industrie locale de volailles bien établie?, dit Christian Ithier de FAIL.
L?activité avicole à Maurice est presque exclusivement un business local. La consommation annuelle tourne autour de 30 000 tonnes, soit 25 kilos par tête d?habitant.
FAIL est le leader du marché, suivi d?Innodis. Poulet Mont Ida et Poulet Arc-en-ciel sont les deux autres producteurs industriels sur la place. La petite aviculture, dont un secteur informel, représente environ 20 % du marché.
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