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Le PMSD se contente d?être le moteur du développement
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Le PMSD se contente d?être le moteur du développement
En ce 12 juin 1983, jour anniversaire de la proclamation du premier 60-0 de notre histoire politique, pendant que, à la place du Quai, Anerood Jugnauth annonce l?imminence de la dissolution de l?Assemblée législative, élue ce jour-là et une nouvelle convocation des électeurs aux urnes, Gaëtan Duval, leader du PMSD, fait savoir à ses partisans, réunis à la place de la Gare, à Beau-Bassin, que son parti n?a plus les moyens de briguer une majorité parlementaire à l?Assemblée législative ni la possibilité de s?emparer seul du pouvoir politique. Il ne devient pas inutile pour autant car il sait pouvoir servir de moteur au développement économique au sein d?un gouvernement d?alliance nationale et saura se contenter de ce rôle certes de second plan mais tout de même assez prépondérant et même indispensable.
Cette déclaration de Gaëtan Duval vaut son pesant d?or et de sagesse politique. Tous les Mauriciens ne peuvent aspirer à devenir des politiciens. Tous les politiciens ne peuvent aspirer à devenir ministres et a fortiori Premier ministre. En fait, deux ou trois Mauriciens seulement à la fois peuvent raisonnablement ambitionner devenir Premier ministre, à la veille d?une élection législative. Cela ne veut certes pas dire que les autres comptent pour du beurre car les deux ou trois postulants aux délicates fonctions de Premier ministre de Maurice, aux pouvoirs dictatoriaux ou presque, ont besoin d?une équipe, offrant les meilleures assurances possibles, pour espérer rallier, sinon une majorité de votants, du moins une majorité de députés élus. Leurs charismes personnels ont certes un rôle prépondérant à jouer. Ils ne suffisent pourtant pas. Il leur faut pouvoir rassurer le plus grand nombre possible de votants et de citoyens, en démontrant qu?ils peuvent diriger harmonieusement une équipe compétente et expérimentée, efficacement motivée à assurer le développement économique du pays, sans mettre en péril aucune de ses valeurs culturelles, morales et humaines.
Avec raison et même expérience, Gaëtan Duval sait pouvoir représenter, au sein d?un gouvernement valable, les opérateurs économiques, voulant assurer le bon fonctionnement du moteur économique, notamment en favorisant la plus grande ouverture possible envers les pays amis pouvant nous aider sincèrement.
D?autres partis peuvent, autrement, apporter une caution sociale et syndicale à un gouvernement d?alliance. D?autres encore peuvent lui offrir leur engagement démontré à l?amélioration des services publics (éducation, santé, sécurité sociale, fourniture d?eau et d?énergie électrique, transport en commun) ou encore leur volonté inébranlable de militer en faveur de la plus grande démocratisation régionale possible. D?autres encore peuvent se prévaloir de leur attachement aux travaux agricoles, élevage compris, pour faire en sorte que la glèbe mauricienne soit la plus nourricière possible et pour qu?on se rapproche toujours davantage de l?autosuffisance alimentaire. D?autres enfin peuvent se prévaloir de leur ancrage au sein de certaines composantes ethniques, culturelles, régionales, de notre population, y compris les fonctionnaires, ancrage résultant d?un long travail désintéressé d?accompagnement, de prise en charge et de services. Ce ne sont donc pas les créneaux qui manquent, permettant à des politiciens, animés de bonnes intentions, d??uvrer ensemble, sans chercher à tout bout de champ de tirer la couverture dans une seule direction intéressée.
Tout parti politique digne de ce nom a intérêt à développer en son sein ces différentes spécialités et autres spécialistes. Les conflits et autres frictions n?interviennent que lorsque l?une ou l?autre composante d?une alliance, l?un ou l?autre membre d?un même parti, fait passer ses intérêts personnels avant les intérêts généraux et du bien commun. Il revient alors au leader de se faire l?arbitre d?un toujours possible conflit d?intérêt. Il va de soi que celui qui n?accepte pas l?arbitrage du leader n?a plus sa place au sein du groupe politique que ce dernier dirige.
Le PMSD de Gaëtan Duval apparaît d?autant plus, en cette mi-juin 1983, comme le seul capable de faire ronronner le moteur du développement économique, au sein de la future alliance Bleu-Blanc-Rouge qu?on cherche en vain son équivalent au sein du MMM. Face à un MSM, ouvert aux qualités indiscutables du PTr et du PMSD, le MMM demeure irrémédiablement centré sur la seule personnalité de son leader, Paul Bérenger, plus incapable que jamais de déléguer le moindre de ses pouvoirs.
Avec son humour coutumier, Gaëtan Duval précise que si on tire le volant trop à gauche moteur pou teigne. Le PMSD se contente de placer ses candidats dans seulement quatre circonscriptions, à savoir Beau-Bassin, Rose-Hill, Curepipe et Port-Louis Ouest, GRNO. Il promet de ne pas désigner 60 candidats comme le 11 juin 1982. Il fera mieux encore. Il en désignera 120 à la dernière minute en sus des candidats du PMSD : soixante pour le parti POP et soixante pour le PMSD. Dans la même veine, il propose à Satcam Boolell d?être son co-listier à... Beau-Bassin.
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