Publicité
Le décollage à Plaine-Magnien
Terminée l?image de jeune chef effacé. Montant sur ses ergots, bombant le torse, Pravind Jugnauth a animé un congrès à Plaine-Magnien vendredi pour s?expliquer sur le tiraillement au sein de l?opposition. Sur la défensive, il met de côté son ton poli et bon chic bon genre qui lui collait à la peau. Il se laisse aller à un langage familier au grand plaisir de ses sympathisants. Galvanisant son auditoire composé de quelque 500 personnes, Pravind Jugnauth se dit « blessé » par la tentative de son allié d?hier à s?ingérer dans les affaires de son parti.
Il rappelle qu?en homme de « parole », il a respecté l?engagement du MSM de nommer Paul Bérenger au poste suprême en 2003, sous-entendant ainsi, comme il l?a fait lors de sa conférence de presse de mercredi, qu?il y a eu des pressions pour que tel ne soit pas le cas au moment de l?alternance. À l?écouter, ses relations avec Paul Bérenger ne se normaliseraient pas de sitôt. Il parle de « blessure qui prendra du temps à se cicatriser ».
Voulant sans doute se démarquer de Paul Bérenger, Pravind Jugnauth martèle : l?opposition doit travailler dans l?intérêt du pays et non pas se concentrer sur des intérêts personnels. Nul besoin d?une boule de cristal pour comprendre qui il a dans son viseur? Il maintient cependant que l?opposition ne doit pas se détourner de sa cible : éjecter l?Alliance sociale du pouvoir. Mais ce ne sera pas le cas si elle se tire dans les pattes.
Et Pravind Jugnauth fait la chronique du litige avec Paul Bérenger. Ce dernier a, dit-il, confié à Joe Lesjongard, le 16 février, sa stratégie de présenter Ashock Jugnauth comme futur Premier ministre . Le MSM et le MMM s?étant séparés depuis les élections, Joe Lesjongard s?était rendu chez Paul Bérenger pour discuter de la tenue du meeting du 1er mai.
Le président du MSM avait alors proposé que son leader prenne la parole en dernier en cas de meeting commun. Le MSM tenait ainsi à préciser qu?il appartient à Pravind Jugnauth de croiser le fer avec Navin Ramgoolam aux législatives de 2010. Pravind Jugnauth a recherché des précisions le 27 février et Paul Bérenger a réitéré sa proposition en faveur du député de Moka-Quartier-Militaire. Cela aurait fait Pravind Jugnauth sortir de ses gonds. Ce qu?il n?a pas dit en face de Paul Bérenger, il le dit à son auditoire à Plaine-Magnien :
« Be mwa ki role ? Mo pas kapav amene role Mickey ! »
Le sujet est abordé au bureau politique du MSM et il est décidé que le parti animera seul son meeting. « Mone kominik sa Paul mais line pane paret kontan, line en koler », poursuit Pravind Jugnauth. C?est ce qui l?a ainsi poussé à animer sa conférence de presse de mercredi « pour me forcer à dire la vérité à la population ».
« A par sa ti macadam la, zame mone gagne problem ek Paul », soutient ce dernier. Il invite toutefois Paul Bérenger à de la modération et à se «méfier des serpents qui l?entourent ». Il réaffirme n?avoir jamais réclamé sa démission en tant que leader de l?opposition et dit prendre note de sa déclaration selon laquelle il compte rester à son poste. C?est déjà un « signal encourageant » pour lui.
En tant qu?éventuel Premier ministre, Pravind Jugnauth a fait feu de tout bois avec les thèmes d?actualité : la montée des prix, la réforme de l?éducation et la dégradation de l?ordre public pour tenter de démontrer que le Parti travailliste a mené tout le monde en bateau pour se faire élire. Surtout sur les fameux projets IRS décriés par les rouges dont ils sont les plus ardents défenseurs aujourd?hui.
Publicité
Publicité
Les plus récents