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Le DPP chez Valayden
La nouvelle a de quoi choquer. L?Attorney General et ministre de la Justice a présidé, le jeudi 2 février, une session de travail à laquelle assistait le Directeur des poursuites publiques (DPP). La réunion avait pour but de décider de la suite à donner aux conclusions du magistrat Raj Seeballuck sur l?enquête judiciaire instituée après le décès en cellule policière de Rajesh Ramlogun.
Rien n?a transpiré de cette réunion et rien ne permet de dire s?il y a eu entorse aux pouvoirs discrétionnaires du DPP. Interrogé vendredi après-midi par rapport à la mauvaise perception qu?une telle rencontre est susceptible de provoquer, le Premier ministre laisse poindre son étonnement.
« Est-ce que le DPP était présent ? » a-t-il d?abord répondu avant d?ajouter que « s?il s?y est rendu, c?est qu?il a jugé qu?il n?y avait rien de mal. Si DPP pa trouv sa korek, li pa ti pou ale ».
Toujours est-il que pour bon nombre de ceux qui pratiquent au barreau, c?est la toute première fois qu?un ministre de la Justice tient une telle réunion, et la première fois qu?un DPP répond à une telle invitation.
Un juriste d?expérience, qui choisit de garder l?anonymat, qualifie l?événement de « choquant ». Il s?étonne que le DPP ait assisté à une réunion présidée par l?Attorney General. Tout en attribuant l?épisode à «l?inexpérience du ministre de la Justice », il a du mal à s?expliquer pourquoi le Directeur des poursuites publiques a accepté de s?y rendre.
Pour sa part, Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, qualifie cette rencontre de «maldonne». L?éminent avocat est d?avis que « l?Attorney General n?a aucun droit de s?immiscer dans les affaires du Directeur des poursuites publiques. Je trouve drôle que le DPP puisse aller s?asseoir à la même table que l?Attorney General pour discuter de la marche à suivre sur n?importe quel dossier. Est-ce qu?il a présidé une réunion à laquelle a assisté le DPP, je ne le sais pas. Mais puisqu?il n?y a pas eu de démenti à l?article publié à ce sujet, je crois qu?il y a eu maldonne quelque part ».
Il est sans doute trop tôt pour savoir si ce qui s?est passé le 2 février va relancer le débat sur les pouvoirs du DPP. Un comité présidé sous l?ancien régime avait tenu plusieurs réunions et rédigé un projet d?amendement à ce poste. Le texte est cependant resté lettre morte.
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