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National Agency for Drug Control
Cannabis : dépénaliser, décriminaliser ou légaliser ?
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National Agency for Drug Control
Cannabis : dépénaliser, décriminaliser ou légaliser ?
■ Kunal Naik, s’est entretenu hier avec le PM à l’issue de la remise du rapport sur le cannabis.
Le très attendu rapport de la National Agency for Drug Control (NADC) sur la réforme de la politique nationale relative au cannabis est désormais entre les mains du Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam. Le document lui a été remis hier par le Chief Executive Officer (CEO) Kunal Naik, et sa Chairperson, Nadia Peerun. Trois options ont été examinées : la dépénalisation, la décriminalisation et une légalisation strictement encadrée.
Lors de leur rencontre avec le chef du gouvernement, les deux responsables de la NADC ont présenté les principales recommandations contenues dans le rapport. Celui-ci est le fruit d’un travail multidisciplinaire et de consultations menées à travers le pays. Plus de 1 800 contributions ont ainsi été recueillies auprès de la population et des différentes parties prenantes.
Des professionnels issus de plusieurs domaines ainsi que des représentants de différents ministères ont participé à l’élaboration du document. L’objectif affiché est de permettre à Maurice de disposer d’une politique sur le cannabis qui soit responsable, cohérente et adaptée aux réalités du pays.
Trois modèles étudiés
Selon une source proche du dossier, trois options ont été étudiées par le groupe de travail. Notre interlocuteur insiste toutefois sur la nécessité de ne pas les confondre.
La première est la dépénalisation : l’usage du cannabis demeure interdit, mais n’est plus sanctionné par une peine de prison. La deuxième, la décriminalisation, consiste à faire sortir la possession de cannabis pour usage personnel du champ pénal. Dans ce scénario, l’usager serait orienté vers la réhabilitation plutôt que vers le tribunal.
La troisième option est celle d’une légalisation encadrée, qui permettrait un accès légal au cannabis, mais dans un cadre strictement limité et contrôlé.
Quel que soit le modèle qui pourrait éventuellement être retenu, un principe ne changerait pas, souligne notre source : le trafic de drogue resterait un crime et continuerait d’être poursuivi avec la plus grande sévérité.
La NADC ne prendra pas la décision
La remise du rapport au PM ne signifie pas qu’une décision a déjà été prise. La NADC n’a d’ailleurs pas le pouvoir de trancher sur la politique qui sera adoptée.
Le document doit désormais être examiné par la National Drug Control Commission, instance interministérielle présidée par le Premier ministre. Elle réunit notamment la PM adjointe, le ministre de la Santé, l’Attorney General ainsi que plusieurs ministres dont les portefeuilles sont directement ou indirectement concernés par la question des drogues. L’éducation, les finances, la jeunesse, l’égalité des genres, le travail, la sécurité sociale, l’environnement, l’agro-industrie, les collectivités locales, les arts et la culture ainsi que l’enseignement supérieur figurent notamment parmi les secteurs concernés.
Après cette étape, le dossier sera soumis au Conseil des ministres. C’est à l’issue de ce processus que le rapport devrait être rendu public et que les orientations retenues par le gouvernement seront connues.
Une agence de coordination et de soin
Notre interlocuteur rappelle également le rôle précis de la NADC, créée à la suite d’une loi votée par le Parlement en 2025. Sa mission première est de coordonner la réponse nationale face au problème de la drogue.
Son action repose notamment sur la prévention, particulièrement auprès des jeunes et dans les écoles, mais également sur le traitement, la réhabilitation et la réinsertion des personnes dépendantes. L’agence intervient aussi dans la réduction des risques, notamment ceux liés à la transmission du VIH et de l’hépatite C.
Elle est également chargée de favoriser la coordination entre les différents acteurs impliqués : ministères, établissements de santé, organisations non gouvernementales et forces de l’ordre.
Selon notre source, une perception erronée du rôle de l’agence s’est toutefois installée. La NADC n’a pas pour mandat d’«éradiquer» la drogue à Maurice et ne dispose pas du pouvoir d’arrêter les trafiquants. Ces responsabilités relèvent notamment de la police, des douanes et de la justice.
L’action de l’agence doit plutôt être évaluée, explique notre interlocuteur, à travers le nombre de personnes ayant accès aux traitements, l’efficacité des programmes de prévention auprès des jeunes ou encore la réhabilitation et la réinsertion des personnes dépendantes.
À l’issue de sa rencontre avec le PM, Kunal Naik s’est dit satisfait des échanges. Il a également évoqué les défis et contraintes auxquels la NADC est confrontée dans l’exercice de sa mission. Selon lui, le Premier ministre lui a assuré son soutien afin que des solutions puissent être apportées à ces difficultés.
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