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Affaire Ravatomanga

Depuis Melrose, Mamy joue ses dernières cartes pour être libéré

10 septembre 2026, 12:00

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Depuis Melrose, Mamy joue ses dernières cartes pour être libéré

■ Mᵉ Khushal Lobine, l'un des avocats de Mamy à la BRC, hier. © Tony Fine

La demande de remise en liberté de Mamy Ravatomanga a franchi, hier, sa dernière étape d’auditions. Entendu par visioconférence depuis Melrose, l’homme d’affaires malgache a rejeté les accusations de la Financial Crimes Commission (FCC), contestant plusieurs éléments de l’enquête et promettant de rester à Maurice s’il est libéré. Sa fille, son ancien avocat français et un éventuel garant ont également témoigné. Les plaidoiries sont prévues aujourd’hui et la décision de la Bail and Remand Court (BRC) est attendue le 21 septembre.

Depuis sa cellule de Melrose, Maminiana Ravatomanga a livré une longue déclaration dans laquelle il a réfuté les principaux éléments avancés contre lui par la FCC, tout en présentant les garanties qu’il entend offrir s’il retrouve la liberté.

C’est toutefois sur son état de santé que Ravatomanga a livré l’un de ses témoignages les plus personnels. Il affirme avoir une artère obstruée à 100 % et souffrir de cholestérol, de diabète et d’hypertension. Pour lui, les moyens médicaux disponibles à Melrose ne correspondent pas à la gravité de sa situation. Il a affirmé avoir subi quatre ou cinq crises en prison, accompagnées de «douleurs atroces» au thorax. Selon lui, les caméras de surveillance et les témoignages de codétenus pourraient confirmer ces épisodes. «Heureusement que j’avais en ma possession un médicament qui m’avait été prescrit par mes cardiologues», a-t-il expliqué. «Je survis grâce à des médicaments.»

La question des infrastructures médicales de Melrose a été directement abordée avec Jean Alex Casimir, représentant de la prison et témoin appelé par la FCC. Interrogé par Mᵉ Trishul Naga, avocat de la FCC, Casimir a confirmé la disponibilité d’une ambulance, d’un service d’urgence 24 heures sur 24 et d’un appareil ECG. Il a également indiqué que les détenus peuvent faire venir des médicaments de l’extérieur.

«Je resterai à Maurice»

Sur le risque de fuite, Mamy Ravatomanga affirme avoir pris lui-même des dispositions pour rassurer la justice. «J’ai demandé à ma fille de remettre tous les passeports aux autorités mauriciennes et c’est déjà fait», a-t-il affirmé. Il insiste également sur son absence de condamnation pénale. «Mon casier judiciaire est irréprochable. Je n’ai jamais été condamné», a-t-il déclaré.

Sa promesse devant la BRC est sans ambiguïté : «Je resterai à Maurice. Je me présenterai devant la justice à chaque fois que cela me sera demandé.»

En cas de libération, il résidera chez sa fille, à Hillside, Belle-Vue-Harel, a-t-il indiqué. Fait confirmé par sa fille Loviana qui vit dans cette résidence privée et sécurisée avec son époux, leurs deux enfants et sa mère. Locataire depuis août 2024, elle dispose d’un bail renouvelé jusqu’en juillet 2028.

L’avocat français et le document du PNF

La défense a ensuite entendu Mᵉ Hector Bernardini, avocat en France et habilité à exercer devant la Cour d’appel de New York. Il a expliqué avoir conseillé Mamy Ravatomanga et son épouse dans une enquête du Parquet national financier (PNF) français, ouverte en 2016, portant notamment sur le blanchiment et le bois de rose. Après l’arrestation de Mamy Ravatomanga à Maurice, en octobre 2025, il dit avoir sollicité le dossier complet auprès du PNF. Accès refusé. Il a alors rencontré Quentin Dandoy, premier procureur du PNF. Me Bernardini affirme que ce dernier lui a confirmé que la procédure concernant le bois de rose avait été close en 2023. Il a proposé à la Cour de soumettre une lettre destinée à confirmer cette information. Mais la Cour ne l’a pas admise comme preuve.

Un garant proposé

La défense a présenté Shakeer Fakeermamode, de MA Corporate Ltd, comme éventuel garant. Il connaît Mamy Ravatomanga depuis plus de dix ans et s’est déclaré prêt à assumer les obligations financières qui pourraient découler de la caution. Il a admis avoir été interrogé par le Federal Bureau of Investigation et par la FCC.

La balle est désormais dans le camp des avocats. Les submissions seront présentées aujourd’hui. La BRC rendra son ruling le 21 septembre.

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