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Fermeture annoncée de Concentrix
320 employés menacés de licenciement
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Fermeture annoncée de Concentrix
320 employés menacés de licenciement
La fermeture annoncée de Concentrix à Ébène plonge 320 salariés dans l’incertitude. Alors que la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) prend en charge leur défense, son président, Reeaz Chuttoo, avertit que d’autres centres d’appels pourraient bientôt connaître le même sort, notamment ceux dépendants du marché français.
⚫ La CTSP redoute un effet domino dans le BPO
L’annonce est tombée le 2 septembre comme un coup de massue. Concentrix, l’un des acteurs du Business Process Outsourcing (BPO) à Maurice, a informé ses employés de son intention de cesser ses activités dans le pays. Derrière cette décision, ce sont 320 emplois qui se retrouvent aujourd’hui suspendus à l’issue d’un préavis de trois mois, courant jusqu’en novembre. Très vite, les salariés se sont tournés vers la CTSP pour assurer leur représentation. Le syndicat sera épaulé par Mᵉ Rama Valayden, désigné comme conseiller légal des employés dans ce dossier.
Pour Reeaz Chuttoo, cette fermeture dépasse le seul cas de Concentrix. Le président de la CTSP estime qu’elle pourrait annoncer une vague de restructurations dans un secteur fortement dépendant de clients français. «Je pense qu’il y aura une longue série. Surtout après la loi qui vient d’être votée en France, où les centres d’appel qui desservent le territoire français doivent également s’y trouver.»
■ Les 320 employés de Concentrix à Ébène seront représentés par la CTSP de Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo (en photo) et Mᵉ Rama Valayden dans les négociations entourant la fermeture annoncée de l’entreprise.
Selon lui, plusieurs opérateurs mauriciens risquent de perdre leur principal marché. Il affirme que certaines petites entreprises ont déjà commencé à réduire leurs effectifs de manière discrète. «Il y a des compagnies qui ont licencié leur personnel en les faisant passer devant des comités disciplinaires. Tous les prétextes sont bons», déplore-t-il.
Cette inquiétude intervient alors que le BPO constitue l’un des piliers de l’économie des services à Maurice, employant plusieurs milliers de personnes et attirant également une importante maind’œuvre étrangère.
Priorité au redéploiement des Mauriciens
Face à cette crise, la CTSP plaide pour une intervention rapide du ministère du Travail. L’objectif serait d’établir une liste des travailleurs licenciés afin de faciliter leur redéploiement vers des entreprises du BPO qui ne sont pas dépendantes du marché français. Reeaz Chuttoo estime que les Mauriciens devraient être prioritaires dans ce processus. «Il y a énormément de travailleurs étrangers dans ce secteur, notamment des Malgaches. Le gouvernement doit appeler les opérateurs à reprendre cette ressource locale avant tout.»
Pour le syndicaliste, il s’agit moins de sauver une entreprise que de préserver des compétences déjà formées et immédiatement employables. La fermeture de Concentrix ravive également une vieille bataille syndicale : celle du paiement des «past years of service», prévue dans le Portable Retirement Gratuity Fund (PRGF).
Reeaz Chuttoo rappelle que lors du vote de cette réforme en octobre 2019, les entreprises devaient régulariser ces droits dans un délai de deux ans. Une disposition qui, selon lui, n’a jamais été pleinement appliquée. «À l’époque, le gouvernement actuel était dans l’opposition et avait rejeté cette mesure. Pourtant, elle constituait une véritable protection pour les travailleurs. Si elle avait été mise en œuvre, des entreprises comme Star Knitwear ou World Knits n’auraient pas vécu un tel traumatisme», soutient-il. Le syndicat estime que ce mécanisme aurait permis de mieux protéger les salariés confrontés à des fermetures soudaines.
Une négociation sous contrôle syndical
Les employés de Concentrix ont reçu une convocation pour une réunion prévue le11 septembre avec la direction. Mais la CTSP considère cette démarche comme inutile, l’entreprise ayant déjà confirmé son intention de stopper ses opérations. Le syndicat adressera donc une lettre officielle à la direction afin que toute proposition soit transmise directement aux délégués des travailleurs et à leur représentant légal.
De son côté, Concentrix justifie sa décision par une dégradation continue de la compétitivité de ses activités mauriciennes. L’entreprise affirme avoir perdu sept de ses principaux clients au cours des six dernières années, tout en n’en décrochant qu’un seul, lequel a mis fin à son contrat après seulement 18 mois. Faute de nouveaux marchés suffisants, la société estime ne plus pouvoir maintenir ses opérations à Maurice.
Pour les 320 employés, l’heure est désormais à l’attente. Mais au-delà de leur sort, c’est tout un pan de l’industrie du BPO qui pourrait être confronté à une profonde recomposition.
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