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Rencontre
Pierre Makyo : tout conte fait
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Rencontre
Pierre Makyo : tout conte fait
■ Pierre Makyo a porté notre compatriote, le dessinateur Laval Ng, vers d’autres horizons.
Les pieds dans le sable, les yeux sur le va-et-vient des festivaliers. Nous voilà transportée pour un voyage immobile au pays du merveilleux. Pierre Makyo n’est pas qu’un auteur de bande dessinée, un promoteur de talent ; c’est surtout un raconteur d’histoires qui se joue de nos incrédulités. Son film, Esprit simple, a été diffusé en ouverture du Festival du livre de Troud’Eau-Douce, le vendredi 2 octobre. «J’essaie d’écourter tout ce qui me concerne, c’est beaucoup moins intéressant que la rencontre que j’ai faite avec un maître des contes, Jean-Pascal Debailleul.»
Dans le parcours de Makyo, brille la collaboration avec notre compatriote, le dessinateur Laval Ng. Mais que de péripéties avant d’en arriver là. Pierre Makyo, qui est de Dunkerque, s’est d’abord intéressé aux contes soufis qui sont «courts, avec une philosophie puissante». Un saut dans une librairie parisienne, au rayon spiritualité. Il prend La Vie merveilleuse de Dhûn-I-Nûn l’Égyptien, mystique soufi du XIIᵉ siècle et rentre à Dunkerque. Quand il ouvre le livre, une photocopie d’un conte de Grimm, en tombe. «Dessus il y avait marqué : «Cher ami inconnu».»
Ce n’est pas un conte qu’il nous raconte ? «À chaque fois, les gens me disent : ‘t’es scénariste, tu l’as inventé.’ Pas du tout. Ce papier a changé ma vie.» Revenons à la photocopie. C’est le début de La sacoche, le vieux chapeau et la petite trompette. Dessous, il y avait marqué : «Si vous désirez connaître la fin de ce conte, cher ami inconnu, composez tel numéro.» Pierre Makyo appelle, tombe sur un répondeur qui dit : «Vous êtes branché sur la voie des contes.» Il laisse son numéro et le correspondant, Jean-Pascal Debailleul le rappelle. Ils prennent rendez-vous. «Pourquoi vous mettez des papiers dans les livres ?» Il répond : Pour provoquer ce genre de rencontres exceptionnelles. Vous pensez que vous avez trouvé le papier par hasard ? Il n’y a pas un cheveu de hasard dans l’univers’.»*
À l’époque, après 20 ans comme dessinateur, il voulait se consacrer aux scénarios. Il cherchait un dessinateur pour la série de BD, Balade au bout du monde. En parallèle, Makyo pratique l’éveil de la conscience globale, une expérience spirituelle, où l’on est attentif à tout, surtout quand on est en quête de réponse. «Et dans mon courrier, il y avait une enveloppe, avec dedans deux crayons et une gomme.»
Il continue de chercher un dessinateur pendant six mois, un an. Avant d’être invité à Cyclone BD-NRJ Réunion. Dans l’avion, un slogan publicitaire le frappe : «On ne vous a jamais envoyé aussi loin pour vous prouver notre fidélité.»
À l’hôtel, on lui explique qu’il y a un problème de place, est-ce qu’il est d’accord pour partager la chambre avec un dessinateur mauricien ? Makyo accepte. «Le lendemain matin, on fait connaissance en caleçon tous les deux. Il me dit qu’il a gagné le concours de BD à l’île Maurice et me montre son book.» Stupeur. «C’est exactement le dessinateur que je cherchais.» Avec Laval Ng, ils ont fait le quatrième cycle de BD, Balade au bout du monde paru chez Glénat. Une série qui s’est vendue à plus d’un million d'exemplaires au total.
La collaboration – qui compte une dizaine d’albums- se poursuit. En 2023, le tandem Makyo-Ng a signé l’adaptation en BD du roman policier de Nicolas Beuglet, Le Cri, paru aux éditions Philéas. Actuellement, le scénariste et le dessinateur planchent sur l’adaptation en BD des Passeurs de livres de Daraya, de Delphine Minoui. Du nom d’une ville où une bibliothèque clandestine de livres ont été sauvés de la destruction en Syrie, pendant le régime de Bachar el-Assad. Sortie prévue l’an prochain.
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