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Grant-in-Aid, droits syndicaux, NEF : la CTSP passe à l’offensive

10 septembre 2026, 16:32

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Grant-in-Aid, droits syndicaux, NEF : la CTSP passe à l’offensive

La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) a profité d’une conférence de presse, tenue ce jeudi 10 septembre 2026 à son siège de Rose-Hill, pour dresser un état des lieux de plusieurs dossiers brûlants. Au menu : les négociations autour du Grant-in-Aid (GIA) pour les écoles préscolaires privées, la défense des droits syndicaux dans le secteur privé, la situation des travailleurs étrangers et la manifestation nationale de la Platform Komun Sindikal, désormais fixée au 31 octobre.

Shanya Behary-Paray, membre de la CTSP, est revenue sur la réunion technique tenue dans la matinée avec des représentants du ministère de l’Éducation, du ministère des Finances, du ministère du Travail, du National Remuneration Board (NRB) et de l’Early Childhood Care and Education Authority.

Cette rencontre faisait suite aux discussions entamées le 1er septembre sur la réforme du Grant-in-Aid. Selon elle, plusieurs points ont progressé. «Notre objectif est que les assistantes enseignantes ne perdent pas leur emploi, tout en trouvant une solution pour les gestionnaires des écoles qui comptent moins de vingt enfants», a-t-elle expliqué.

Un dossier reste toutefois en suspens : la prise en compte des loyers des établissements. Un nouveau comité technique est d’ores et déjà convoqué le 14 septembre à 14 heures afin de tenter de finaliser ce dernier volet.

Pour Jane Ragoo, secrétaire générale de la CTSP, les discussions avancent, mais la menace d’une grève n’est pas levée. «Après la rencontre de lundi, nous communiquerons notre décision», a-t-elle indiqué, précisant que les syndicats ont déjà obtenu les autorisations de la police et de la municipalité pour organiser leur rassemblement au Jardin de la Compagnie.

Parallèlement, la CTSP poursuit ses démarches pour une révision salariale des employés des écoles préscolaires afin d’aligner leur rémunération sur celle des SEN Schools. Le ministre du Travail, Reza Uteem, aurait accepté de relancer le dossier auprès du NRB. «Le dossier semble être sur la bonne voie, mais le NRB manque de personnel et travaille actuellement sur plusieurs autres cas concernant les travailleurs des écoles primaires», a-t-elle nuancé.

Un parcours semé d’embûches pour se syndiquer

Au-delà des revendications salariales, Jane Ragoo a dénoncé les obstacles auxquels font face les salariés du privé souhaitant adhérer à un syndicat. Elle rappelle que près de 90 % des employés du secteur public sont syndiqués, contre seulement 13 % des quelque 450 000 travailleurs du secteur privé.

Selon elle, les amendements apportés à l’Employment Relations Act en 2019 n’ont pas simplifié la procédure. Les employés doivent entreprendre une longue démarche, remplir plusieurs formulaires, attendre jusqu’à 45 jours la réponse de l’employeur, puis saisir l’Employment Relations Tribunal (ERT) en cas de refus.

La syndicaliste cite un cas récent qu’elle juge «très grave». Des employés recrutés comme helpers souhaitaient rejoindre le syndicat. Alors que l’affaire arrivait à son terme devant le tribunal, leur employeur aurait modifié leur appellation en f**actory **workers, une démarche que l’ERT aurait acceptée. «La Constitution garantit pourtant le droit des travailleurs à se syndiquer. Nous avons déjà mandaté nos avocats et nous ne resterons pas silencieux face à ce précédent», a-t-elle affirmé.

Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, s’en est vivement pris au système des Labour Contractors, annonçant que la confédération compte saisir la Cour suprême. Il accuse certains recruteurs de fonctionner comme des «marchands d’esclaves», en important une main-d’œuvre étrangère tout en négligeant leurs obligations sociales, en particulier le paiement des cotisations au Portable Retirement Gratuity Fund.

Selon lui, la priorité d’embauche doit revenir aux travailleurs mauriciens. Il estime également que la possibilité offerte aux étudiants étrangers de travailler jusqu’à 30 heures par semaine risque de réduire les opportunités d’emploi pour les jeunes Mauriciens. «Certains employeurs voient dans la main-d’œuvre étrangère un avantage économique puisqu’il n’existe ni négociation collective ni véritable pouvoir de revendication», a-t-il soutenu.

Il a également critiqué les discours laissant entendre que les travailleurs devront exercer jusqu’à 65 ans, rappelant qu’aucune modification législative n’a, selon lui, entériné une telle obligation.

Cap sur le 31 octobre

Initialement prévue le 17 octobre, la grande manifestation de la Platform Komun Sindikal, à Port-Louis, a été reportée au 31 octobre afin de ne pas coïncider avec les célébrations de Doorga Pooja.

Reeaz Chuttoo a lancé un appel à une forte mobilisation citoyenne, estimant que «seule la pression populaire permettra d’obtenir des avancées durables». Il a également annoncé le lancement d’une campagne invitant les partis politiques à présenter, avant les prochaines élections, leurs projets de société ainsi que les sources de financement de leurs promesses.

Enfin, la CTSP a dénoncé la situation au sein de plusieurs organismes relevant de la Sécurité sociale, surtout la National Empowerment Foundation (NEF), où 192 employés seraient sous-payés depuis plusieurs années. Le syndicat prévoit d’organiser une assemblée des travailleurs et n’exclut pas le recours à une grève, estimant qu’«une institution de l’État ne peut pas se soustraire au respect des lois du travail».

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