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L?art moderne vu par Michèle Malivel

13 mars 2006, 00:00

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Quelques figures se glissent dans la salle obscure. Michèle Malivel, historienne et conférencière en art, est au vif de la narration sur l?art moderne. Après de multiples conférences, de la peinture des origines au XXe siècle, elle en était vendredi, à l?ultime conférence : l?art moderne qui prit de l?ampleur après la guerre de 1914.

L?art changea de perspective après les guerres. Des peintres tels que Picasso et Braque véhiculent à partir de 1908, un mouvement artistique particulier : le cubisme. Les formes sont disséquées, géométriques. Certains pensent que l?art moderne date aux alentours de 1906 avec Les Demoiselles d?Avignon de Picasso.

Mais en sus du surréalisme, c?est l?art abstrait dans les années 1920 qui entre en scène. Frantisek Kupka, peintre tchèque, est l?un de ceux qui ont façonné l?art abstrait. ?Il parle en bloc vertical?, explique Michèle Malivel. C?est à travers cette thématique de la verticalité que Kupka parvenait à créer ce que nous appelons l?abstraction.

New York, la ville de l?art

Le mouvement s?est raffermi avec Hans Arp, peintre et sculpteur français qui a su réunir surréalisme et abstraction dans ses ?uvres. Fernand Léger, peintre français s?est aussi essayé à l?abstraction mais ?il n?y parvenait pas vraiment?, commente la conférencière. ?Il a cette façon singulière de se rapprocher de la présence humaine, mais il ne peut pas tout faire dans l?abstraction?. Ce n?est pourtant pas seulement la peinture qui aura connu l?abstraction.

?Constantin Brancusi a repris très souvent les mêmes matières pour en faire de l?art abstrait. Il fait des lignes très épurées, il leur redonne une part de rêve?, explique plus loin Michèle Malivel. L?artiste était à la recherche de l?essence du monde dans les lignes.

Le déclic de l?art moderne eu lieu aux États-Unis. Comme le dit Michèle Malivel, jusqu?en 1913, l?art américain puisait son inspiration de l?art européen. Quand les ?uvres de Gauguin ou de Duchamps débarquent à New York, un choc s?opère. Le mouvement qui suit est un mouvement de révolte.

George Wesley Bellows, peintre américain (1882 à 1925), décide de former une école qui dépeindra la vie moderne américaine. On lui doit surtout des scènes de combat de boxe intenses. Mais cette école est appelée ?l?école du jetable?. Le trop de réalisme est mal perçu. Vient par la suite l?art ?franc et direct? d?Edouard Hopper, exprimant toute sa solitude sur la toile. ?Ce peintre a ouvert les portes à toute une série du pop art?.

Ce trop de réalisme va inaugurer un nouveau mouvement : l?action painting. Jackson Pollock s?impose alors. Ce peintre américain n?hésitera pas à parfaire sa technique sur un panneau de six mètres utilisant aussi du dripping. ?Sa gestuelle est assez lyrique. À partir de ce moment, New York devient la ville de l?art?, retrace la conférencière. Cette peinture gestuelle débute à partir de 1947.

?L?expression simple d?une pensée complexe.? La technique s?affine. L?art devient moins élitiste. C?est le happening qui prime. Andy Warhol finira par porter une nouvelle vision. L?artiste souhaite toucher l?homme de la rue. C?est en incluant dans ses ?uvres d?art, les stars de l?époque qu?il y parvient.

La vision du pop art gagne de nombreux artistes-peintres. L?art moderne est à son apogée. Mais elle évolue encore. De nouvelles influences naissent.

Michèle Malivel s?est abstenue d?aller au-delà des années 60. Elle évite de plein gré de discourir sur les années de l?art contemporain. Pour ceux qui s?intéressent dorénavant au peintre Frida Kahlo, la conférencière les convie à un nouveau rendez-vous ce mercredi 15 mars au Dodo Club de Curepipe à partir de 18 h 30. L?entrée est ouverte au public.

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