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La Somalie sous loi martiale après la prise de Mogadiscio

30 décembre 2006, 00:00

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Les forces du gouvernement somalien et leurs alliés de l?armée éthiopienne sont entrés dans Mogadiscio et le Premier ministre a annoncé que la loi martiale serait proclamée aujourd?hui par le parlement pour maintenir le contrôle du pays.

La capitale du pays avait été abandonnée par ses anciens maîtres de l?Union des tribunaux islamiques.

Arrivé dans la capitale avant-hier en fin de journée, le chef du gouvernement somalien de transition, Ali Mohamad Gedi, a annoncé que le parlement somalien proclamerait aujourd?hui la loi martiale pour une durée de trois mois.

«Ce pays a connu l?anarchie et nous avons besoin de fermeté pour rétablir la sécurité, en particulier en ce qui concerne les milices indépendantes», a-t-il déclaré à la presse à Mundul Sharey, son village natal situé à 40 km au sud-ouest de Mogadiscio, où il ne s?était pas rendu depuis 2002.

La prise de Mogadiscio, que les milices islamiques contrôlaient depuis le mois de juin, est intervenue au terme d?une offensive de dix jours.

Selon le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, 2 000 à 3 000 combattants islamistes ont été tués dans le conflit qui a éclaté la semaine dernière, et 4 000 à 5 000 autres blessés. Les forces éthiopiennes compteraient plusieurs centaines de blessés. La prise de la capitale s?est faite elle sans effusion de sang.

A New York, à la suite de l?approbation de la reprise des vols humanitaires, les Nations unies ont annoncé l?accélération des préparatifs en vue d?une aide d?urgence à destination des Somaliens ayant fui les combats.

Selon le témoignage d?un habitant de la capitale, Abdikadar Abdulle, une «foule en liesse» a salué l?arrivée dans la capitale des forces pro-gouvernementales, appuyées par des chars et des avions éthiopiens. Des tirs ont néanmoins retenti dans plusieurs quartiers et des pillages ont été signalés.

L?Union des tribunaux islamiques avait rétabli un semblant d?ordre à Mogadiscio en y instaurant la loi islamique après en avoir chassé des chefs de guerre soutenus par Washington.

A Addis-Abeba, Meles Zenawi a dit vouloir éviter que la ville ne «sombre dans le chaos». «Nous ne laisserons pas Mogadiscio brûler», a-t-il déclaré. «Les chefs de l?Union des tribunaux islamistes, les Erythréens et les djihadistes internationaux sont en train de fuir (...) mais nous continuerons à les pourchasser, c?est notre plan.» Le porte-parole du gouvernement somalien, Abdirahman Dinari, a assuré que les islamistes avaient fui vers le port de Kismayo, plus au sud, et que le gouvernement intérimaire tenait 95 % du pays.

Le gouvernement a longtemps considéré Mogadiscio comme trop difficile à prendre. Son retour pourrait contribuer à affirmer sa légitimité et constituer une 14e tentative de restauration d?un pouvoir central, dans ce pays, depuis la chute en 1991 du dictateur Mohamed Siad Barré.

Mais des analystes estiment que la victoire des forces gouvernementales n?est nullement assurée et que le conflit pourrait bien prendre un tour nouveau.

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