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Maurice–La Réunion

Front commun contre les trafiquants

1 octobre 2026, 21:00

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Front commun contre les trafiquants

Les délégations mauriciennes et françaises réunies hier au Caudan Arts Centre. © Vashish Sookrah

Le neuvième Groupe de contact sur la sécurité a lancé hier une nouvelle phase de coopération entre Maurice et La Réunion. Au-delà du renouvellement de l’arrangement antidrogue, l’ambition affichée est de rapprocher les renseignements, les enquêtes, les moyens maritimes et la justice pour suivre des réseaux qui, eux, n’ont pas de frontière.

La signature a été brève. L’ambition, elle, se veut beaucoup plus vaste. Hier, au Caudan Arts Centre, le commissaire de police (CP) Rampersad Sooroojebally et le préfet de La Réunion, Patrice Latron, ont renouvelé l’arrangement technique consacré aux trafics de stupéfiants et de substances psychotropes. Autour d’eux, les autorités mauriciennes et françaises ont ouvert deux jours de discussions pour tenter de donner une nouvelle impulsion à leur coopération sécuritaire.

Pour l’Attorney General Gavin Glover, le constat est presque une évidence géographique : les réseaux criminels considèrent déjà Maurice et La Réunion comme un seul espace. Les services doivent donc apprendre à leur opposer une réponse qui fonctionne de la même manière.

Mieux coordonner le renseignement

L’enjeu se situe d’abord dans le renseignement. Gavin Glover propose des points de contact disponibles en permanence, des échanges immédiats, des livraisons surveillées et, lorsque les dossiers le permettent, de véritables investigations menées ensemble. Une coopération qui ne consisterait plus à transmettre une information après coup, mais à faire travailler les enquêteurs de part et d’autre de la mer sur le même fil.

Il a illustré cette logique par une interception réalisée en mer : plus de 200 kilos de stupéfiants, dont plus de 100 kilos d’héroïne, destinés, selon les premiers éléments, au marché mauricien. Les informations, venues notamment de Maurice et des Seychelles, auraient contribué à l’opération. L’équipage a été poursuivi à La Réunion, tandis que des suspects présentés comme les commanditaires ont été arrêtés à Maurice. Pour l’Attorney General, c’est la mécanique recherchée : renseignement, interception et justice qui se répondent.

Relier l’information à l’action

La mer constitue précisément le deuxième front. Maurice développe sa surveillance côtière ; la France dispose à La Réunion de moyens navals et aériens. Il s’agit désormais de faire communiquer ces capacités, y compris face à la pêche illégale ou au transport de déchets dangereux, susceptibles d’emprunter les mêmes routes.

Puis vient l’argent. Avec l’intégration de la Financial Crimes Commission au Groupe de contact, les enquêteurs financiers doivent pouvoir suivre les flux d’un réseau d’une rive à l’autre. Cette logique prendra une dimension nouvelle avec la future National Crime Agency (NCA). Gavin Glover a tenu à préciser que celle-ci ne réduira pas les prérogatives du CP ; elle doit compléter l’architecture existante, notamment contre le crime organisé, la cybercriminalité et la criminalité financière. Pour que cela fonctionne, la justice devra suivre. Les instruments d’entraide désormais en vigueur doivent permettre des échanges plus directs, rapides et dématérialisés.

Patrice Latron a résumé l’urgence : les trafiquants changent de routes, de produits et de méthodes. La réponse doit évoluer aussi. Au terme des deux jours, Gavin Glover ne veut pas seulement des déclarations de principe. Il réclame des décisions, des responsables désignés et des échéances. Car la prochaine frontière à faire disparaître n’est peut-être pas géographique, c’est celle qui sépare encore, dans une enquête, l’information de l’action.

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Gavin Glover : «La NCA deviendra une réalité»

La NCA aura bien sa place dans le paysage sécuritaire mauricien. Gavin Glover n’en démord pas. Interrogé par la presse, l’«Attorney General» a confirmé que le projet de loi instituant cette nouvelle agence sera présenté au Parlement, malgré les interrogations qu’il suscite.

Il se veut toutefois rassurant sur un point sensible : la place du commissaire de police (CP). «Le but de la NCA n’est pas de réduire le bureau du CP à peau de chagrin», a-t-il déclaré. Selon lui, le CP lui-même l’a rencontré et s’est dit satisfait de cette position. La déclaration intervient alors que le fonctionnement et la répartition des compétences de la future agence alimentent le débat. Gavin Glover dit avoir pris connaissance des réserves formulées la veille par le député de l’opposition Adrien Duval. Le projet n’est toutefois pas figé. Les consultations se poursuivent et l’«Attorney General» admet que certaines dispositions pourront être revues avant le passage du texte au Parlement.

«S’il faut faire des amendements, on les fera», a-t-il assuré. Une souplesse sur le contenu, mais pas sur l’objectif : pour Gavin Glover, la création de la NCA est désormais arrêtée dans son principe. «La NCA deviendra une réalité», affirme-t-il.

Sur les Chagos, le ton n’a pas changé. Pas de développement, pas d’interprétation. Gavin Glover a simplement indiqué qu’il préférait laisser la «quiet diplomacy», préconisée par le PM, faire son travail.

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