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Drogues

Le piège des «gummies»

1 octobre 2026, 16:00

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Le piège des «gummies»

Bonbons gélifiés, cookies ou cigarettes électroniques peuvent cacher des substances illicites. Alors que l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) alerte après l’hospitalisation d’un collégien de 17 ans ayant consommé un «gummy» suspect à La Tour-Koenig, la «National Agency for Drug Control» (NADC) appelle à la mesure. Son «Chief Executive Officer» distingue les produits au cannabis ramenés par des voyageurs de ceux auxquels des trafiquants ajoutent des drogues synthétiques. Il annonce qu’une première étude sur leur prévalence dans les collèges a commencé.

La Woman Chief Inspector Santia Sumsurooah (photo), responsable de l’Education Cell de l’ADSU, tire la sonnette d’alarme à la suite de plusieurs affaires récentes qui ont mis en lumière cette tendance. Si ces saisies restent encore limitées en nombre, elles témoignent d’une évolution des modes de distribution et de consommation de drogues qui nécessite, selon elle, une vigilance accrue de la part du public.

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L’une des affaires les plus marquantes remonte à l’année dernière. À son arrivée à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam en provenance de France, une passagère mauricienne a été interceptée par les policiers de l’ADSU. Dans ses bagages, les enquêteurs ont découvert plusieurs sachets de gummies ainsi que des cigarettes électroniques jugées suspectes. Les produits ont été envoyés au Forensic Science Laboratory (FSL) pour analyse. Les résultats ont confirmé la présence de cannabis et de drogues synthétiques dans plusieurs des produits saisis.

Plus récemment, lors d’opérations menées dans différentes régions du Sud et dans le centre, les enquêteurs ont mis la main sur des sachets de gummies et de cookies. Là encore, les analyses scientifiques ont révélé la présence de substances illicites, notamment de drogues synthétiques incorporées dans ces produits.

Des produits attractifs pour les jeunes

Pour l’ADSU, le principal danger réside dans l’apparence de ces produits. Leurs couleurs, leurs saveurs et leur présentation peuvent facilement les faire passer pour de simples friandises ou des accessoires de vapotage. «Ces produits peuvent attirer particulièrement les jeunes et les adolescents qui ne soupçonnent pas toujours leur véritable contenu», explique la responsable de l’Education Cell.

Face à cette situation, l’unité antidrogue multiplie les campagnes de sensibilisation dans les écoles et collèges afin d’informer les élèves, les enseignants et les parents des risques associés à ces nouvelles formes de consommation.

L’ADSU appelle également le public à redoubler de prudence et à signaler tout produit suspect. Toute information peut être communiquée à l’unité via la hotline 148 ou aux numéros 203 1505 et 203 1242. Pour les enquêteurs, la vigilance collective demeure l’un des moyens les plus efficaces pour freiner la circulation de ces substances qui se présentent désormais sous des apparences trompeuses.

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Questions à… Kunal Naik, «Chief Executive Officer» de la NADC : «Il s’agit à ce stade de cas isolés»

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■ La NADC observe-t-elle une évolution des modes de consommation de drogues, notamment avec des substances incorporées dans des «gummies», «cookies» ou cigarettes électroniques ?

Il convient de distinguer deux situations. D’une part, nous avons connaissance de cas impliquant des passagers ayant transité par, ou provenant de pays où le cannabis est légal et qui transportent dans leurs bagages des produits contenant des cannabinoïdes, notamment sous forme de bonbons gélifiés, de cookies ou de liquides pour cigarettes électroniques. Même lorsque ces produits sont fabriqués conformément aux normes du pays d’origine, leur importation et leur possession demeurent illégales dans l’île.

Au regard des quantités saisies à ce jour, les cas recensés semblent principalement relever de la consommation personnelle ou concerner un marché de niche.

D’autre part, nous avons également connaissance de cookies, gummies et liquides de cigarettes électroniques auxquels les trafiquants ont rajouté des drogues synthétiques. Ces produits semblent également concerner un marché limité, notamment auprès de personnes susceptibles de les essayer avant une tentative de production plus élargie.

Il est toutefois important de préciser que ces pratiques ne constituent pas un phénomène nouveau et que les éléments dont nous disposons à ce stade ne permettent pas de conclure qu’elles concernent la majorité des consommateurs de drogues.

■ Disposez-vous de données sur ces saisies et sur l’origine de ces produits (importation par colis, voyageurs, fabrication locale) ?

Certaines informations relatives à ces saisies ont été communiquées par l’ADSU, compte tenu de l’intérêt qu’elles présentent en matière de surveillance du phénomène. Au niveau de la NADC, sur la base des informations actuellement disponibles, il s’agit à ce stade de cas isolés. Cela étant, la situation fait l’objet d’une vigilance particulière de notre Early Warning System (réunissant l’ADSU, la Mauritius Revenue Authority/Customs Anti-Narcotics Section, le Forensic Science Laboratory et les organisations non gouvernementales sur le terrain), qui opère sur une base pilote. L’objectif est de mieux comprendre les modes d’introduction et de circulation de ces produits sur le territoire.

■ Les jeunes et les adolescents constituent-ils une population particulièrement exposée à ces produits ?

Nous ne disposons pas d’informations pouvant aller dans ce sens. La NADC entreprend justement une étude en ce moment sur la prévalence de la drogue synthétique dans les collèges. C’est la première fois qu’une telle étude est faite localement, basée sur un échantillonnage scientifique et touchant les parents, les élèves et les administrateurs des écoles. L’étude est dans la phase de collecte de données.

■ Le cadre légal actuel, notamment sur les cigarettes électroniques, permet-il de contrôler efficacement ce qui circule, ou faut-il le revoir ?

Le phénomène des cigarettes électroniques est un exemple sans appel des conséquences d’une prohibition imposée sans consultation et sans campagne d’information.

L’importation, la vente et la fabrication de cigarettes électroniques sont interdites à Maurice en vertu des Public Health (Restrictions on Tobacco Products) Regulations 2022. Or, nous assistons depuis à une explosion de consommation, surtout parmi les jeunes et dans les collèges à Maurice. À la NADC, nous nous demandons s’il y a une relation de cause à effet entre les deux et si nous devrions tirer les leçons et revoir ce règlement.

L’objectif doit être l’encadrement et le contrôle de ces produits, et surtout la protection des citoyens des conséquences d’un marché noir et de produits non-contrôlés.

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