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La main-d’œuvre étrangère en examen

8 novembre 2004, 20:00

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Maurice doit impérativement adopter une approche plus positive par rapport à la problématique de la main-d’œuvre migratoire. Une cinquantaine de participants venant de divers secteurs d’activité, d’organisations syndicales et de différents ministères se sont réunis depuis hier à l’hôtel Le Labourdonnais, à Port-Louis, pour discuter notamment de la main-d’œuvre étrangère. L’atelier bénéficie du soutient du Bureau international du travail (BIT).

Le ministère du Travail et de l’emploi souhaite concevoir et mettre en œuvre une politique cohérente et transparente sur toute la question. Il a eu sur le dos plusieurs cas de conflits industriels découlant d’une mauvaise gestion du phénomène des travailleurs étrangers, notamment dans la zone franche. Toujours est-il que l’économie mauricienne doit encore compter beaucoup sur l’apport des bras venus d’ailleurs. Le textile-habillement est le plus gros recruteur en termes de salariés expatriés, avec 22 000 ouvriers et cadres étrangers.

Par ailleurs, les activités de technologies de l’information et des communications (Tic), les services financiers et l’hôtellerie font de plus en plus appel aux expatriés pour des compétences pointues autrement indisponibles chez nous. “Le recours à la main-d’œuvre étrangère n’est plus une question de manque d’hommes uniquement. La principale motivation est d’ordre économique, c’est-à-dire de produire plus dans un laps de temps plus court, d’améliorer la compétitivité et la productivité et d’assurer une meilleure qualité des produits et des services”, a affirmé le ministre du Travail et de l’emploi, Showkutally Soodhun, lors de son intervention au séminaire.

Le ministre a largement évoqué les problèmes de relations industrielles dans lesquels sont impliqués les ouvriers étrangers. Il a énuméré les nombreuses mesures prises par son ministère pour assurer un meilleur traitement aux travailleurs venus de l’extérieur. (voir straight answers, en page 9)

Apport économique

Mais Maurice est aussi touchée par la main-d’œuvre migratoire dans le sens inverse. Le souhait grandissant de nos compatriotes à se trouver sous d’autres cieux nécessite une nouvelle considération.

Le responsable de l’International Migration Programme du BIT, Manolo Abella, a, pour sa part, présenté une nouvelle perspective pour aborder ce phénomène, qui a toujours été assimilée à une mouvance de brain drain. “L’émigration a ses aspects positifs. Il y a des gains sur le plan de rapatriement de revenus mais aussi en termes de connaissances.”

L’intervenant se réfère à l’expérience récente de l’Inde qui a vu beaucoup de ses ingénieurs informatiques se faire embaucher à Silicon Valley aux Etats-Unis. N’empêche que ce pays produit aujourd’hui beaucoup plus d’universitaires dans ce domaine qu’auparavant. La perspective de meilleurs salaires motive les gens à investir plus dans leur éducation, du moins dans certaines filières qui sont très demandées à travers le monde, affirme Manolo Abella. Les retombées positives ne s’arrêtent pas là. “Beaucoup de ceux qui ont réussi à Silicon Valley ont estimé qu’il est profitable de retourner et d’investir en Inde”, fait-il ressortir.

Le haut officiel du BIT aborde aussi l’apport des étrangers à l’économie locale. “Les petites économies se sont intégrées aux grands marchés afin de réussir. Cela s’applique tant aux produits finis qu’aux ressources.” Il cite l’exemple de Singapour qui s’est transformé en une économie florissante grâce à des expertises étrangères. D’autres pays tels la Suisse et le Luxembourg ont connu beaucoup de succès en adoptant cette approche.

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