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«Finance Bill»

Khushal Lobine : «Si j’étais au Parlement, j’allais voter un BIG NO»

2 août 2026, 11:00

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Khushal Lobine : «Si j’étais au Parlement, j’allais voter un BIG NO»

Khushal Lobine maintient son opposition à la réforme des pensions.

Le leader des Nouveaux Démocrates, Khushal Lobine, a affirmé sans détour que, s’il avait été présent à l’Assemblée nationale vendredi, il aurait lui aussi voté contre le Finance Bill. Contacté, il explique : «Si j’étais en meilleure condition physique et présent au Parlement, j’allais voter un BIG NO.»

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des positions qu’il défend depuis l’année dernière sur la réforme des pensions et le modèle économique du pays. Déjà, lors des débats parlementaires de juin 2025, Khushal Lobine s’était élevé contre toute réintroduction du means test pour la Basic Retirement Pension (BRP).

Dans son intervention à l’Assemblée nationale, il rappelait avoir été parmi les rares parlementaires à dénoncer cette orientation dès 2025. «Je maintiens la position que j’avais en juin 2025. Nous sommes pour le maintien de la Basic Retirement Pension. C’est l’un des piliers de l’État-providence.»

Le député expliquait alors que son opposition relevait d’une conviction politique profonde. Se présentant comme membre de la Fabian Society, il estimait qu’un retour du means test serait incompatible avec les principes de justice sociale. Il rappelait que Maurice avait déjà connu un système de sélection des bénéficiaires dans les années 1950 avant d’y mettre fin. Selon lui, depuis 1975, la pension universelle fait partie des trois grands piliers de l’État-providence, aux côtés de l’éducation gratuite et des soins de santé gratuits.

Pour Khushal Lobine, la pension ne doit pas être considérée uniquement sous un angle budgétaire, mais comme une question de dignité humaine. Il avait également plaidé pour la création d’un comité spécial de l’Assemblée nationale afin d’étudier en profondeur toute réforme des pensions. À ses yeux, un changement d’une telle ampleur nécessite de larges consultations publiques, à l’image des réformes constitutionnelles ou électorales.

Dans le même discours, il avait également critiqué une approche économique fondée uniquement sur les chiffres, le PIB ou les équilibres budgétaires. Il appelait à une «économie centrée sur l’être humain», privilégiant le bien-être, la santé mentale et la qualité de vie des citoyens plutôt que les seuls indicateurs financiers. Il estimait que le modèle économique néolibéral était aujourd’hui dépassé et devait évoluer vers une approche da- vantage axée sur les personnes.

Pourquoi n’aurait-il pas pu être révoqué ?

La situation de Khushal Lobine aurait toutefois été très différente de celle de Sydney Pierre, même s’il avait voté contre le projet de loi.

Sydney Pierre occupait les fonctions de junior minister. À ce titre, il faisait partie de l’exécutif et exerçait une responsabilité gouvernementale qui dépend de la confiance du Premier ministre. Après son vote contre le Finance Bill, le chef du gouvernement l’a révoqué, jugeant «inacceptable» qu’un membre de son gouvernement vote contre la majorité.

Khushal Lobine, en revanche, n’occupe aucun poste ministériel. Député de l’Alliance du changement et leader des Nouveaux Démocrates, il siège uniquement en tant que parlementaire élu. Son mandat lui est confié par les électeurs de sa circonscription, et non par le Premier ministre.

Ainsi, même s’il avait voté contre le Finance Bill, le Premier ministre n’aurait eu aucun pouvoir de le révoquer de son siège de député. Un vote dissident peut entraîner la perte d’une fonction gouvernementale lorsqu’un député est ministre ou junior minister, mais il ne met pas fin au mandat électif d’un parlementaire.

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