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BRICS
Xi Jinping veut faire de la Chine le fer de lance de l’IA «open source
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Xi Jinping veut faire de la Chine le fer de lance de l’IA «open source
À l'occasion du 18e sommet des BRICS, qui s'est tenu à New Delhi les 12 et 13 septembre, le président chinois, Xi Jinping, a dévoilé une initiative destinée à structurer la coopération entre les 11 pays membres du bloc – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Iran, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Égypte, Éthiopie et Indonésie – autour de l'intelligence artificielle (IA).
Une «zone d'IA open source» pour contrer la domination américaine
Selon le compte rendu de son discours diffusé par la chaîne publique CCTV, Xi Jinping a proposé que la Chine prenne la tête de la création d'une véritable «zone open source pour l'IA» au sein des BRICS. L'objectif affiché : encourager les pays membres à mutualiser leurs efforts autour de modèles d'IA dont le code reste accessible et modifiable par tous, à l'opposé de la logique propriétaire adoptée par la plupart des géants américains du secteur.
Cette annonce s'inscrit dans le prolongement de «l'initiative sur une IA ouverte et inclusive» portée par le dirigeant chinois. Elle prévoit notamment : le soutien à la coopération dans le développement et l'application de grands modèles de langage (LLM) ; la mise en place de programmes de recherche et de formations spécialisées en intelligence artificielle destinés aux pays membres ; et la construction d'un écosystème ouvert pour l'IA, partagé entre les onze pays du bloc.
Xi Jinping a également plaidé pour la mise en place d'un «large cadre mondial de gouvernance de l'IA reposant sur un consensus», signe que Pékin cherche à peser davantage dans les discussions internationales sur l'encadrement de cette technologie.
Les entreprises chinoises spécialisées dans l'IA – DeepSeek, Alibaba et Zhipu AI, entre autres – publient aujourd'hui certains des modèles open source les plus performants au monde. À l'inverse, les principaux développeurs américains – OpenAI, Google, et Anthropic, etc. – privilégient largement des modèles fermés, dont le code et les poids ne sont pas rendus publics. En proposant cette «zone» dédiée à l'IA libre, la Chine cherche à transformer un avantage technologique en levier d'influence géopolitique auprès des pays émergents.
Le contexte du sommet : tensions et rapprochement sino-indien
Ce sommet, présidé par l'Inde cette année-ci sous la houlette du Premier ministre. Narendra Modi, marquait le retour de Xi Jinping sur le sol indien pour la première fois depuis 2019, dans un contexte de réchauffement progressif des relations entre les deux puissances asiatiques après des années de tensions frontalières dans l'Himalaya. Le président russe, Vladimir Poutine, ainsi que plusieurs autres chefs d'État – Afrique du Sud, Égypte, Indonésie, Iran, Éthiopie, Biélorussie, Kazakhstan, Malaisie, Thaïlande – ont également fait le déplacement.
Les conflits en cours au Moyen-Orient et en Ukraine, ainsi que leurs répercussions sur le commerce mondial et les marchés de l'énergie, ont largement dominé les échanges entre dirigeants, révélant au passage des divergences persistantes entre les membres du bloc sur ces dossiers géopolitiques.
La question de la gouvernance de l’’IA ne devrait pas s'arrêter à New Delhi. Xi Jinping doit se rendre aux États-Unis dans les prochaines semaines pour rencontrer le président américain, Donald Trump, et le sujet de l'encadrement mondial de l'IA figure parmi les thèmes pressentis pour ces discussions, alors que les inquiétudes grandissent quant à la capacité des États à garder le contrôle d'une technologie en pleine accélération.
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