Publicité
La fin de l?Ibernation
Viva Espana ! Au bout d?un Euro qui aura été riche en buts et en rebondissements, l?Espagne est devenue championne d?Europe en venant à bout de l?Allemagne en finale hier à Vienne (1-0). Une consécration légitime tant la ?Roja? a montré depuis trois semaines plus d?arguments et d?envie collective pour remporter le titre. Quatre ans après le surprenant sacre de la Grèce et son football cadenassé, c?est le retour du beau jeu qui est récompensé.
Depuis son sacre européen de 1964 et sa défaite en finale de l?Euro 1984 contre la France, on disait la ?Roja? frappée d?une malédiction dès qu?elle approchait le stade des quarts de finale. Toujours placée, jamais gagnante. Mais la ?seleccion? a cette fois fait sauter un verrou mental en quarts de finale face aux champions du monde italiens (0-0 a.p., 4-2 au t.a.b.), avant d?écraser en demies la surprenante Russie (3-0) pour se hisser en finale et enfin conjurer le sort.
Même privée du meilleur buteur de la compétition(4 buts), David Villa, et malgré l?intox Michael Ballack, l?Espagne ne s?est pas désunie et a affiché la même sérénité et la même maîtrise technique qui la caractérisent depuis le début du tournoi face à la Mannschaft.
Un succès acquis notamment grâce à sa force mentale. inoxydable. En acier trempé. Une force de caractère mise au service de la qualité technique du groupe. Une recette qui a permis à la ?Roja? d?être la seule équipe à avoir maintenu un très haut niveau tout au long du tournoi. Et, cerise sur le gâteau, les Ibères terminent avec un bilan de zéro défaite, meilleure attaque(12 buts) et meilleure défense (3 buts encaissés).
Ce qu?a réussi l?entraîneur Aragones est remarquable : faire une équipe là où existaient des clans et des rivalités. Un groupe uni, subtil mélange de jeunesse (Fabregas, Silva, Ramos, Villa, Torres, Iniesta) et d?expérience (Xavi, Casillas, Puyol, Marchena, Senna). Une Espagne nouvelle, portée par sa soif de vaincre et fidèle à sa philosophie de toujours : tout pour l?attaque et l?offensive.
Un travail entamé en 2004 et qui aujourd?hui porte ses fruits. Il est parvenu en quatre ans à donner une identité de jeu à la ?Seleccion?. Déjà, au dernier Mondial, ?le sage d?Hotaleza? avait effleuré le nouveau style de sa formation, le ?tiki-taka?. Un style de jeu tout en vitesse, en technicité, fait de passes et de mouvements jusqu?à l?abrutissement de l?adversaire. Ballack et compagnie peuvent en dire des nouvelles?
C?est donc la fin de l?Ibernation. L?Espagne est championne d?Europe pour la 4e fois de l?histoire, 44 ans après son dernier et unique trophée majeur. Débarrassée de ses vieux démons, l?Espagne peut désormais voir l?avenir en grand avec en ligne de mire la Coupe du monde 2010. Le reveil de ce mastodonte du jeu risque de faire mal?
Publicité
Publicité
Les plus récents