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La douche froide

28 juin 2008, 00:00

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<B>Par Yannick GUITON</B>

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C?est la fin d?un beau conte de fées. Comme pour la Turquie, le temps des miracles est terminé pour la Russie? Méconnaissables face à l?Espagne, les Russes ont ponctué leur incroyable épopée par une défaite cinglante (0-3). Un brusque retour sur terre pour la bande à Guus Hiddink qui se voyait peut-être déjà en finale après sa magnifique prestation contre les Pays-Bas en quarts de finale.

La qualité de jeu retrouvée des Russes depuis le retour d?Andreï Arshavin nous promettait une demi-finale de folie entre deux équipes résolument tournées vers l?attaque. Mais voilà, il n?y a pas eu de match. La « Roja » n?a même pas eu besoin d?attendre les fautes de la Russie pour la surclasser une deuxième fois dans la compétition après le 4-1 en match d?ouverture. Des Espagnols condensés et incroyablement patients qui ont étouffé des Russes amorphes et sans inspiration, à l?image d?Arshavin, complètement inexistant jeudi.

Si les hommes de Guus Hiddink affichaient un mental de fer depuis le début du tournoi avec des performances solides à chaque sortie, cela fut une toute autre histoire jeudi soir. Pavlucthenko & Co ont craqué psychologiquement après le premier but ibérique. Ils n?ont pas su trouver les ressources mentales pour revenir dans la partie.

Autre point noir de la soirée : le physique. Jusque-là leur point fort, les Russes n?ont pas pu appuyer sur l?accélérateur. Il n?y avait plus de carburant dans le moteur. Leur exploit en quarts de finale les ont laissé sur les rotules pour les demies. Et avec la maîtrise technique et tactique des Espagnols, ils ont été bouffés cru !

De plus, le manque de profondeur de son banc a été préjudiciable à l?équipe russe. Faut dire que les remplaçants n?ont pas le même niveau que le onze de départ. Il faudra donc améliorer la détection des talents dans un pays qui possède un réservoir de population important (142 millions d?habitants, 2 millions de licenciés).

Cependant, malgré la douche froide, la Russie aura vécu un excellent Euro. Elle peut quand même se féliciter de sa renaissance internationale, puisque ce pays n?avait jamais été à pareille fête depuis l?éclatement de l?Union soviétique. Hiddink espère désormais que les résultats de la sélection va accélérer le développement des infrastructures et encourager les entraîneurs locaux à modifier leurs méthodes d?entraînement à travers le pays. Avec la plus jeune équipe du tournoi (moyenne d?âge de 26 ans), le renouveau russe ne fait que commencer?

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