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Jeûne et purification

15 septembre 2007, 00:00

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Cela ressemble à un supplice de tantale. De l?escalier extérieur déjà, la bonne odeur d?huile chaude qui vous accueille. Celle de la farine qui croustille. Des pommes de terre rendues fondantes par la vapeur. Du poulet assaisonné à souhait.

Les préparatifs du «kas karem» chez Abdool Sattar Nurudin commencent après la prière de 16 h 45. Retraité du port et ne voulant pas «donn traka» à sa femme Farida qui a le diabète, voilà le chef de famille qui met lui-même la main à la pâte. Et ce n?est pas son nez bouché et sa gorge qui le gratte, «parski mo finn mouye par lapli», qui vont l?empêcher de décider du menu, avec Farida et leur fille aînée Zaheera.

Des samoosa au poulet, des katless, des beignets de crevettes, des pâtés au fromage et au maïs. Attention? interdiction de goûter pendant la préparation. Pour des raisons évidentes. «Parfoi ou gagn seki trop sale ou soi seki fad, me pa fer narien, nou adapte», explique Sattar.

Et n?est-ce pas une épreuve supplémentaire que de préparer ces nourritures, voire même de voir des gens manger devant soi, alors que l?on est en carême ? Sattar secoue la tête. Il répond seulement : «Nounn fini abitie, nou pa gagn okenn tantasyon.» Avant de nous donner l?exemple d?une femme croyante qui ne jeûnera que 21 jours, suivant son cycle menstruel. Les huit autres jours, «elle doit manger en cachette. C?est considéré comme un péché si elle consomme de la nourriture devant un musulman qui jeûne.»

Une heure plus tard, les autres membres de la famille commencent à arriver. Il y a là, l?autre fille des Nurudin, Nushrat, leur gendre Ibrahim, la soeur de Sattar et Nafisa sa fille, et sa fille Rusha, cinq ans. Les jumeaux Zak et Zia, des cadeaux du Ramadan précédent. Un peu grand papa gato, Sattar nous raconte comment Zak est né le dernier jour du carême, l?an dernier, «troi minit avan larg karem» et que sa s?ur est «sorti zis zour Eid. Ou trouve, sa kado bondie sa, li pou toultan res enn souvenir.»

Rusha, du haut de ses cinq ans, dit à qui veut l?entendre qu?elle est en carême, elle aussi. Même si elle est encore trop jeune pour l?exercice, prescrit à partir de l?âge de 12 ans. Même si on ne la réveille pas avant le lever du soleil, qu?elle mange son tifin et que, quand elle revient de l?école en disant : «J?ai faim», «nou pa less li apercevoir ki nou pe fer karem».

Le rite auquel elle participe, c?est le «kas karem». «Nou met li dan lambians pou li fini abitie kan li vinn grand», explique Sattar. Il poursuit en disant que le carême n?est pas une pénitence, c?est un bien pour tout le corps. «C?est aussi des bénédictions pour après.» Comprenez le paradis.

A 17 h 45, la famille est rassemblée. C?est le moment du bain rituel, du wazoo, de la purification. Qui sera suivie du tasbih, un chapelet que l?on fait ensemble. Sattar poursuit ses explications. Explique qu?il est meilleur «pou enn misie larg karem dan lasanble». Mais comme nous sommes ses invités, Sattar, qui d?habitude bouge vers 17 h 55 pour la mosquée, reste au sein de la famille.

«C?est la première règle de l?hospitalité. Quand votre invité arrive, vous lui servez d?abord à manger et à boire, ensuite vous reprenez la conversation. Parski dan sa ler la ou pa kone kot li sorti, sipa li faim, li soif. Li enn benediktion sa.»

L?heure tourne. 18 h 06, c?est le moment. Juste un peu avant, des gateaux «soso» ont été partagés avec les voisins. L?un d?eux, «finn dir nou pa bisin aste dipain». Les Nurudin ont alors eu des «roti soso» à4 heures du matin. Sur la table, les fritures sans oublier les indispensables dattes. Le lait additionné de sirop, ce qui lui donne une belle couleur verte et rose.

Pour le dîner, c?est selon. Il y a ceux qui le prennent après la prière vers 18 h 15. Il y a ceux qui attendent la dernière prière à 20 heures, à laquelle il faut ajouter une sessionspéciale qui s?achève vers21 heures. «Ou kone bizin prosterne 37 foi, ena dimon ki prefer gard li impe leze pou lapriyer la.»

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