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Diane Henry, une nature sucrée
Voilà une technique qui lui réussit : la photo imprimée sur toile. Les effets captés par Diane Henry sont saisissants. Thème imposée : Nature Sucrée. Quand en plus la série de 17 photos sont montrées à l?Aventure du Sucre, il ne reste plus qu?à se laisser enivrer par l?odeur de sucre chaud qui vous accueille dès l?entrée du musée de Beau Plan.
Le temps de contourner le petit atelier où des enfants fabriquent des c?urs et des étoiles avec de la pâte à modeler, et voilà des fruits prêts à être croqués. La première série à attirer notre regard est une suite gourmande. Chair rouge et charnue des cerises et des fraises. Un soupçon d?acidité ? Que nenni. L??il du photographe a pris soin de les saupoudrer de sucre glacé, avant de les poser délicatement sur un lit de granulés tout aussi sucrés.
Idem pour ce duo de poires complices, comme surprises dans une danse de l?amour. Quand en plus le photographe fait valoir ses ?sens plastiques? et enrobe ses photos d?une citation de Malcolm de Chazal choisie avec à-propos, alors la dégustation des photos est complète. ?Sans le blanc, aucune couleur ne se reconnaîtrait?, écrivait la référence.
Du sucre tour à tour écrin, tapis, châle
Diane Henry l?a pris au mot. Son sucre est tour à tour écrin, tapis et châle de ses sujets fruités. Pour les restituer : des gros plans qui exposent la fragilité et le côté temporaire de ces fruits. C?est aussi ce qui fait la force des photos exposées. C?est connu, le gros plan est un art difficile qui exacerbe les imperfections et ne rate aucune inégalité de surface.
Le photographe s?en sort avec brio grâce à des installations ultra travaillées. Car pour saisir un instant sucré, il lui a d?abord fallu réussir son installation. Peaufiner pendant des heures l?angle des tiges des cerises pour en retirer toute la symétrie. Au final, l??il peut se livrer à une inspection détaillée des textures. Boire des yeux le jus du citron coupé au ras des pépins.
Impressionnante aussi la série consacrée aux plantes exotiques. Un intérêt botanique qui permet au photographe de rassembler des plantes peu connues. Un quatuor intriguant (Noela, Nasya, Nyssa et Nitza) qui raconte l?histoire d?une nature fragile, variée et jamais en manque d?imagination.
Les abeilles, vaillantes ouvrières de la nature n?ont pas été oubliées. ?L?abeille trop occupée à recueillir le suc des fleurs pour s?attarder à contempler les chambres paradisiaques où elle pénètre à tout instant. L?homme est trop occupé à gagner sa vie pour la vivre.? Autre extrait de Sens Plastique qui nous fait glisser sur la cire comme du velours grâce à l?objectif de Diane Henry. Combien d?heures pour approcher de la ruche et faire tirer le portrait d?une abeille.
C?est par son sens du détail, son ?il (grand ouvert) pour la lumière et sa palette de couleurs que l?exposition de Diane Henry sait retenir le visiteur.
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