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Chelsea, péril en la demeure

30 décembre 2006, 00:00

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Jose Mourinho a beau prier tous les saints de la terre, rien n?y fait. Chelsea est malade. Malade de ses certitudes, malade de sa folie.

Et ce soir, pour la réception du modeste Fulham à Stamford Bridge, c?est un peu de sa crédibilité personnelle que le Portugais mettra en jeu. Un derby londonien que la Maison Bleue, en temps normal, aurait certainement consommé sans risquer une indigestion. Mais nous ne sommes pas en temps normal et ça Mourinho le sait.

S?il ne l?avait jusque-là pas encore compris, Roman Abramovich a pu se rendre compte, à l?approche des festivités de fin d?année, qu?il ne suffit pas de traîner son indécente richesse sur les terrains de Premier League pour s?assurer du succès.

Non, l?argent ne fait pas le bonheur. Il y contribue certes, mais, en football, il en faut bien plus. Il faut, déjà, que les stars achetées à prix d?or veuillent bien s?intègrer dans le collectif, n?est-ce pas Schevchenko ? Mais si chacun tire de son côté, évidemment, c?est le Titanic revisité.

Ces dernières semaines, les Blues, doubles champions d?Angleterre en titre, et qui se croyaient assurés d?une troisième couronne avant d?avoir joué, ont bafouillé leur football de manière, totalement, incompréhensible, avec les résultats que l?on sait.

A Everton, puis face à Wigan, des adversaires sur le papier à leur portée, ils ont attendu le Money Time pour forcer la différence, 3-2, à chaque fois et grâce notamment à un Didier Drogba en état de grâce.

Mais ce qui devait arriver arriva. Mardi, face à l?étonnante équipe de Reading, ils ont été pris à leur propre piège. Incapables d?avancer, peu prédisposés à défendre, ils ont été heureux de s?en tirer avec un partage des points, 2-2. Pendant ce temps, Manchester United ne se posait aucune question face à Wigan, balayé en un éclair de temps, 3-1, ce qui lui a permis de porter à quatre points son avance au sommet du football anglais.

Evidemment, rien n?est encore perdu. Chelsea, qui doit encore recevoir son grand rival à Stamford Bridge, a toutes les raisons de penser que la deuxième partie de saison lui sera sans doute plus clémente. Mais Jose Mourinho sait désormais que le temps presse, que c?est maintenant ou jamais qu?il doit revoir sa copie.

Le problème, c?est qu?il ne suffit pas d?un coup de baguette magique pour que tout redevienne comme avant. Encore faudrait-il, en effet, que le sort ne s?acharne pas.

Ces dernières semaines, l?infirmerie n?a pas désempli à Stamford Bridge. L?absence la plus significative est celle de John Terry, capitaine courage des Blues, dont l?influence d?abord en défense, ensuite sur le jeu, n?est plus à prouver.

Blessé au dos, Terry a raté les quatre derniers matches de son équipe. Coïncidence ou pas, les Blues ont encaissé sept buts en son absence.

Pour le remplacer, Mourinho désespère de trouver la solution. Il faut dire qu?il n?a pas beaucoup de cartes en main. William Gallas étant parti traîner son amertume à Arsenal et Robert Huth ayant choisi le terrain du Riverside plutôt que le banc de Stamford Bridge, le Portugais se retrouve à court de défenseurs.

Evidemment, il ne manquera pas de saigner un peu plus le porte-feuille de Roman Abramovich dès l?ouverture du mercato en janvier. La solution la plus fiable, la plus facile serait Micah Richards, que Manchester City ne vendra pas pour des cacahuètes. On avait parlé de £ 16 m la semaine dernière, £ 18 m dimanche, £ 21 m mercredi et maintenant? £ 30 m ! Non, pas la peine de vous frotter les yeux, vous avez bien lu.

Le petit Richards, que personne ne connaissait la saison dernière, pourrait devenir, du jour au lendemain, le joueur le plus cher de Premier League. A Manchester City, ils ont tous compris que Chelsea cédera facilement à la surrenchère. Et le petit Richards s?en ira pour Londres comblé, pour réaliser, dans quelques semaines, quand Terry sera de retour, que sa place réelle est sur le banc? Ainsi va le football quand Abramovich est au pouvoir. Seul Shawn Wright-Phillips l?a vraiment compris, lui qui désespère de faire le chemin inverse.

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