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Blair cherche à relancer une dynamique de paix

18 décembre 2006, 00:00

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Tony Blair a entrepris une tournée au Proche-Orient dans l?espoir d?y relancer le processus de paix et, par la même occasion, de se tailler un succès diplomatique moins d?un an avant de quitter le pouvoir.

Le Premier ministre britannique a entamé ce déplacement par la Turquie, où il a à coeur d?entendre les idées de son homologue islamo-conservateur Tayyip Erdogan sur les moyens de relancer un dialogue palestino-israélien bloqué depuis six ans.

Le dirigeant travailliste est au nombre de ceux qui pensent que le règlement de ce conflit est la clé du retour à la stabilité en Irak, où son engagement d?emblée aux côtés de George Bush pèse sur lourdement sur le bilan de ses 10 ans de pouvoir.

?Il s?agit d?intervenir auprès des pays islamiques modérés pour rallier leur soutien afin de progresser au Proche-Orient?, a expliqué un collaborateur de Blair au sujet de sa tournée dans l?ensemble de la région dont l?itinéraire est tenu secret pour des raisons de sécurité.

La carte turque de Blair

Blair veut faire miroiter aux Palestiniens, pratiquement au bord de la guerre civile ces jours-ci, ce dont ils pourraient bénéficier politiquement et financièrement s?ils finissaient par s?enten- dre sur un gouvernement d?union avec lequel Israël peut négocier.

Le chef du gouvernement britannique, soucieux aussi de contrer ce qu?il considère comme une menace hégémonique de l?Iran dans la région, notamment en Irak, souhaite rallier à son initiative le camp des États arabes modérés de la région.

Dans l?entourage de Blair, on se garde de tout excès d?optimisme. ?Il n?existe pas de bouton magique sur lequel nous pourrions soudainement appuyer?, a reconnu le porte-parole du 10, Downing Street.

Experts sceptiques

Les experts du Moyen-Orient sont eux aussi sceptiques devant la marge de manoeuvre dont disposerait un Premier ministre britannique quasiment sur le départ et très affaibli par son engagement en Irak et sa passivité devant l?offensive israélienne de cet été au Sud-Liban.

Selon l?analyste britannique Rosemary Hollis, les dirigeants arabes savent pertinemment que Blair n?a pas d?atouts en main et que ce sont les États-Unis qui sont maîtres du jeu dans cette partie du monde.

Un diplomate européen pense toutefois que Blair, qui milite ardemment pour l?entrée de la Turquie dans l?Union européenne, entend jouer à fond la carte d?Ankara, qui entretient de bons rapports avec toutes les parties au conflit proche-oriental et désire jouer un plus grand rôle régional.

© Le Monde 2006 Distribué par The New York Times Syndicate

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