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Bien nourrir son « bout d?chou »
Karine a trois ans. Un vrai chérubin qui vous fait craquer avec ses boucles et ses grands yeux noirs.
Et oncles, tantes et grands-parents ne sauraient rien lui refuser ! Il faut lui donner son lot quotidien de sucreries, sinon elle tape du pied, se met à pleurer. Alors tout ce petit monde cède à ses caprices. Résultat : tous les jours, ses petites mains se retrouvent pleines de bonbons, de chocolats et autres biscuits.
Il faut l?admettre, on choisit souvent la facilité pour avoir la paix quand il s?agit des enfants. Quitte à céder à leurs desiderata, comme pour Karine. Mais ce n?est pas là rendre service à un enfant quand on sait que, selon les résultats des Non-communicable diseases and nutrition surveys de 2004, 24,3 % des enfants et 10 % des adultes sont obèses. Des chiffres qui devraient donner à réfléchir quand on connaît toutes les complications, physiques ou mentales qui peuvent découler d?une surcharge pondérale. Face à un tel constat, le ministère de la Santé a décidé de préparer un plan d?action sur la nutrition.
Qu?on se le dise, bien manger commence dès le berceau dans l?univers social de la famille. Et les parents sont là pour inculquer de bonnes habitudes alimentaires à leurs enfants et s?assurer qu?ils grandissent sans problèmes de santé. Il faut pour cela que manger devienne pour l?enfant moment de joie et de jeu, tout en respectant les étapes de son développement. Voici quelques infos bonnes à savoir.
● Les céréales :
Elles doivent être introduites à partir de 4 mois. Elles contiennent des glucides complexes qui vont fournir à l?enfant de l?énergie lorsqu?il devient plus actif. Entre 8 et 10 mois, les céréales peuvent être présentées sous forme de bouillies pour être mangées à la petite cuillère.
En grandissant, bébé pourra prendre d?autres types de céréales telles que le riz, ou encore la semoule. Attention toutefois, certains enfants tolèrent mal le gluten que l?on retrouve dans le blé, l?orge, ou encore l?avoine. Les pédiatres recommandent donc les céréales sans gluten jusqu?à l?âge de 6 mois.
● Les ?ufs :
Riches en protéines, autant qu?en contiennent 50 g de viande ou de poisson, les ?ufs doivent être proposés à l?enfant à partir d?un an. De plus, ils renferment du fer, des lipides, et des vitamines. Commencez par un demi-?uf dur, puis un ?uf entier avant de les servir à l?enfant pochés, à la coque ou dans un dessert. À partir de 15 mois, il peut en manger sous forme d?omelette.
● La viande :
Source de protéines, elle peut être introduite à partir de 6 mois mais en très petites quantité. Pas plus de 10 g par jour à cet âge. La quantité doit graduellement augmenter. Il faut d?abord présenter la viande mixée, puis finement hachée. Toutes les viandes, rouges et blanches, peuvent lui être proposées, sauf les abats.
● Le poisson :
C?est l?un des aliments les plus riches en protéines et il peut être apporté dans l?alimentation de l?enfant à partir de 6 mois. Attention, pas plus de 10 g deux à trois fois par semaine. Cuisinez des filets de poisson pour éviter tout risque que votre enfant ne tombe sur une arête et, tout comme la viande, le poisson doit être cuisiné à point, sans ajout de matière grasse.
● Les légumes :
Riches en vitamines, ils seront amenés graduellement dans son alimentation à partir de 6 mois. L?enfant aura besoin de 200 g par repas. Des légumes pourront être introduits vers 18 mois. Veillez à ne pas mettre trop d?épices dans les repas de l?enfant pour qu?il puisse identifier et apprécier le goût de ses aliments.
Les petits pots sont une excellente façon de faire votre enfant consommer des légumes puisqu?ils sont cuisinés de manière appropriée et dans les proportions qu?il faut. Mais si les parents préfèrent préparer eux-mêmes la purée du bébé, ils peuvent prendre exemple sur la composition des petits pots.
● Les biscuits :
L?heure du goûter est le moment idéal pour introduire les biscuits. Ceux qui sont spécialement conçus pour les enfants contiennent la quantité de sucre, de matière grasse, de fer, de calcium et vitamine B dont ils ont besoin.
Il faut éviter de donner des viennoiseries et des pâtisseries avant 3 ans.
● Le sucre :
Il existe naturellement du sucre dans les céréales et les fruits. D?autres aliments tels que les bonbons et gâteaux contiennent des sucres ajoutés. Comme le bébé a un penchant naturel pour le sucré, il faut faire en sorte de ne pas l?habituer à des aliments qui le sont trop. Il développera une habitude du goût sucré sans que cela provoque un sentiment de satiété. Même si ces aliments sucrés deviennent partie intégrante des fêtes, il ne faut pas que l?enfant en consomme de manière systématique.
Faites-lui découvrir des aliments sans sucres ajoutés tels que certaines compotes. Et si les sucreries deviennent synonymes de récompense ou de solution à un caprice, gardez en tête qu?elles peuvent se transformer en moyen de chantage très efficace pour votre enfant.
● Les fruits :
Les bébés sont naturellement attirés par la saveur sucrée et ils adoptent facilement les fruits. Jusqu?à l?âge de trois ans, un enfant peut en manger deux par jour. Ils lui apporteront vitamines, fibres, glucides et minéraux. Vous pouvez commencer par donner des fruits cuits écrasés en purée, puis crus ou coupés en petits morceaux.
Mais comme pour toute chose, il faut une certaine modération. Vous ne devez pas exagérer en gavant votre enfant tout au long de la journée. Un surplus peut être cause de diarrhées ou peut même lui faire prendre du poids, car il ne faut pas oublier que les fruits contiennent du sucre.
J?AIME PAS ÇA !
Ce sont surtout des enfants de 4 et 5 ans qui développent une aversion pour certains aliments. Le réflexe premier pour nombre de parents est de gronder et de punir, réaction qu?il faut qu?ils maîtrisent car l?enfant risque de faire une association entre la punition et l?aliment qu?il refuse de manger. La situa-tion ne ferait qu?empirer. Les parents doivent donc s?armer de patience et faire preuve d?imagination. Comme ce sont très souvent les légumes que les enfants refusent de manger, les parents peuvent les transformer en purée ou en soupe, leur donner cet aliment en petites quantités, tout en leur expliquant l?importance d?en manger. Vous pouvez introduire de nouvelles couleurs, innover au niveau des saveurs, inventer des jeux, construire tout un monde autour de cet aliment.
Voilà certains problèmes que peuvent rencontrer les enfants qui sont en surpoids.
● Douleurs articulaires.
● Problèmes orthopédiques tels que les pieds plats et autres entorses.
● Troubles respiratoires comme l?asthme, les ronflements, et les apnées du sommeil.
● L?enfant peut se faire très mal quand il tombe.
Outre ces problèmes de santé, l?enfant obèse peut être victime de difficultés psychologiques en étant la proie des railleries et autres remarques désobligeantes de ses camarades de classe. Il finira alors par se sentir mis à l?écart. Cela peut avoir de graves répercussions sur sa santé mentale.
En outre, il existe des enfants qui souffrent de diabète dès l?âge de dix ans. Quant à l?hypertension et au cholestérol, ils n?apparaissent qu?à l?âge adulte, mais ceux qui s?alimentent mal peuvent en être victimes plus tôt.
NE JOUE PAS AVEC LA NOURRITURE !
Autre scénario qui met les nerfs des parents à rude épreuve : l?enfant qui joue avec sa nourriture. Le bébé va patauger dans sa purée, s?en mettre plein le visage et les vêtements. Un moment désagréable pour les parents, mais l?occasion pour l?enfant de découvrir de nouvelles textures, de faire connaissance avec la nourriture.
Et même s?il a besoin de cet apprentissage, les parents doivent savoir poser les limites, car l?enfant doit aussi apprendre comment manger, et que la nourriture n?est pas faite pour jouer avec.
QUAND IL GRIGNOTE TROP
Si certains ne veulent pas manger, d?autres en demandent trop. Si l?appétit est signe de bonne santé, il y a une limite à ne pas dépasser. Certains enfants veulent manger à toute heure et demandent surtout des aliments riches en graisse et en sucre. Cette habitude doit être corrigée peu à peu, et non de manière drastique, tout en étant accompagnée d?explications. Il faut instaurer des heures fixes pour les repas de l?enfant. Les fringales répétitives ne doivent pas être, quant à elles, prises à la légère car elles peuvent indiquer que votre enfant a des vers, ou qu?il a soif mais ne sait pas le reconnaître. Il sait seulement qu?il a besoin de quelque chose. Une habitude qui est facilement prise est le grignotage devant la télé. Assis à regarder ses émissions préférées, l?enfant voudra manger pour s?occuper. Les parents peuvent lui donner d?autres choses à faire comme, par exemple, lui demander de dessiner les personnages de telle ou telle émission en s?asseyant devant le petit écran.
EXEMPLE DE MENU
De 0 à 6 mois l?enfant ne consomme que du lait. Le meilleur demeure le lait maternel, qui possède tout ce dont bébé a besoin en quantités exactes. De plus, le lait contient des anticorps que le lait de vache n?a pas. Le lait de vache se rapproche certes beaucoup du lait maternel, mais sa composition n?est pas identique. Il n?est pas évident pour certaines mères d?allaiter leur enfant durant tout ce temps.
Elles peuvent alors se rabattre sur le lait spécialement conçu pour les enfants qui sont de différents groupes d?âge.
Entre trois et quatre ans, l?enfant mange déjà de tout et fait ses premiers pas à l?école. Commence alors une toute nouvelle aventure pour lui. Avec toutes les activités qu?il a à faire, il a d?autres besoins nutritionnels. Voici un exemple de menu proposé par Shameem Fatehmamode pour cet enfant qui découvre un autre monde.
■ Au petit-déjeuner : du lait ou du chocolat chaud.
Des céréales.
Un demi-?uf bouilli de temps à autre.
Deux à trois fois par semaine, les parents peuvent lui donner un petit-déjeuner protéiné si l?enfant en a envie, mais cela n?est pas obligatoire. On peut alors lui proposer un ?uf, du poulet. Et si l?enfant ne peut pas tout manger d?un coup, les parents peuvent lui donner sa nourriture à quinze minutes d?intervalle.
■ 10 heures/11 heures : un jus de fruit pressé ou un fruit.
■ Au déjeuner : des légumes en purée ou des grains secs.
80 grammes de protéines (poulet ou poisson).
Des féculents en très petites quantités (une timbale de riz/du pain/des pâtes).
Terminez avec un fruit et un yaourt.
■ Au goûter : des biscuits à base de céréales ou une tartine.
Un produit laitier.
■ Au dîner : comme le petit-déjeuner.
■ Avant d?aller se coucher : un verre de lait. Il faut faire attention à ce que tout soit donné en petites portions.
ALLERGIES : ATTENTION DANGER
Certains enfants peuvent avoir des réactions allergiques à certains aliments, et donc, la vigilance est de mise. Il faut faire attention aux symptômes tels que les crises d?asthmes, les irritations, les problèmes dermatologiques, les diarrhées, ou encore les vomissements. Si les parents voient quoi que ce soit d?anormal, ils doivent faire appel à un professionnel qui fera un diagnostic.
Des exemples d?allergènes qui sont les plus fréquents :
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Le lactose qui se trouve dans le lait. Dans de tels cas, il faut demander conseil au pédiatre pour savoir avec quoi remplacer le lait.
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L??uf, plus particulièrement le blanc d??uf.
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Les cacahuètes.
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La moutarde.
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Le poisson.
LA DIVERSIFICATION ALIMENTAIRE
Dès la naissance, bébé ne consomme que du lait, mais vers 4 à 6 mois, il commence à gigoter, à se retourner et ses besoins nutritionnels changent. Il a besoin de plus d?énergie. Parallèlement, son système de déglutition devient plus mature. Même si le lait demeure l?aliment de base, c?est la période d?initiation à la diversification alimentaire. Ce sont de toutes nouvelles découvertes qu?il va faire : saveurs, textures, se nourrir à la petite cuillère. Quelques règles simples sont à respecter durant cette période.
Les produits doivent être adaptés à ses besoins et seront introduits de manière progressive pour que son système digestif puisse s?habituer. L?enfant découvrira la saveur et la texture de ses premières céréales qui seront mises dans son biberon, ainsi que des fruits et des légumes. Vous pouvez commencer par verser une cuillerée à café de céréales dans son biberon le matin, puis deux pour répondre à ses besoins nutritionnels. Pour lui faire apprécier de nouveaux goûts, les recettes simples et mono-saveurs sont recommandées. L?introduction des saveurs une à une permet à son organisme de s?y habituer petit à petit et prévient d?éventuelles réactions alimentaires. C?est la période à laquelle vous pouvez faire goûter à votre enfant deux à trois petites cuillerées de pomme, de poire, de pêche ou de banane sous forme de purée bien lisse.
Ces fruits lui apportent des fibres, des vitamines et des minéraux. Les quantités peuvent être augmentées en suivant les conseils du pédiatre. Quant aux légumes, commencez par diluer deux à trois cuillerées de purée de légumes dans le biberon de lait infantile. Par la suite, essayez le goût pur du légume avec une cuillère en plastique. Votre enfant aura alors la vraie saveur du légume, tout en découvrant une nouvelle texture. Et s?il refuse, n?insistez pas? attendez le prochain repas.
LA SOUS-ALIMENTATION
On parle de plus en plus de suralimentation mais il ne faut pas oublier que d?autres enfants souffrent de malnutrition parce que les divers éléments nutritifs ne se retrouvent pas en quantité suffisante dans leur assiette. Une cascade de séquelles peut en découler : baisse des défenses immunitaires, complications dermatologiques comme l?eczéma, anémie, carences en protéines et en calcium qui menacent la croissance, avec des répercussions sur la masse osseuse et les cellules. Il existe également certains bébés qui naissent avec un poids bien en dessous de la normale. Cela peut être dû à un problème qu?aurait pu encourir la mère durant sa grossesse. Heureusement qu?une alimentation adéquate peut pallier ce problème par la suite.
LE POIDS IDEAL DE BEBE
En utilisant un graphique appelé courbe de corpulence, il est possible de déterminer si le poids d?un bébé est bien proportionnel à sa taille et à son âge.
Il existe, en outre, des graphiques différents pour les filles et les garçons, et les enfants de différentes tranches d?âge. Pour être fixé sur la question du poids, il faut faire appel à un professionnel de la santé qui établira un bilan en utilisant la courbe de corpulence.
L?indice de masse corporelle (IMC) ne peut être calculé qu?à partir de 2 ans. Il existe une formule spécifique pour les enfants, car il faut prendre en considération le fait que votre bout d?chou est en train de grandir et de se développer. Il ne peut donc être jugé de manière égale avec un adulte sur ce point.
À vue d??il, un adulte peut juger si l?enfant est trop gros. Si le bébé a des plis au niveau des poignets, des bras et des cuisses, cela indique qu?il est en surpoids. Les parents peuvent alors prendre les mesures nécessaires. Si vous estimez que votre enfant est trop gros, ne lui faites toutefois pas faire de régime sans un avis médical. Gardez toujours à l?esprit qu?un enfant est en pleine croissance et a besoin de certains aliments. En supprimant les nutriments qui lui sont nécessaires, vous risquez de mettre sa santé et sa croissance en danger.
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