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Augmentation probable du prix de l?huile végétale
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Augmentation probable du prix de l?huile végétale
Allykhan Ramatollah est l?un des responsables de l?Hôtel Providence de la rue Sir Seewoosagur Ramgoolam, à Port-Louis. Ce restaurateur renommé déplore l?impact de la hausse générale des prix des denrées sur son commerce. Grand utilisateur d?huile végétale, il constate que le prix de sa consommation quotidienne a beaucoup augmenté en six mois.
Mais déjà Paul Clarenc, directeur général de Mauritius Oil Refineries Ltd (Moroil), a hier averti au téléphone qu?en juillet, dépendant de l?évolution de la situation de l?huile végétale à l?international, les prix risquent encore de monter. Les conditions internationales sont défavorables, prévient-il. «Le montant de cette augmentation, qui sera modérée, sera décidé lors d?une réunion que nous tiendrons dans les jours qui viennent.»
Le restaurateur Ramatollah, lui, explique ses difficultés quotidiennes : «Un fer blanc (NdlR : mesure de capacité) d?huile végétale me revenait à Rs 675, il y a six mois. Aujourd?hui, je l?achète à Rs 785. Je ne peux pas, pour autant, augmenter mes prix à cause de la concurrence, très dure dans notre secteur.» Depuis maintenant 50 ans, il roule sa bosse au milieu des gâteaux piments, des badia, des côtelettes, le tout assaisonné au massala ou autres épices aux senteurs chaudes des îles.
L?huile végétale, en effet, n?a pas échappé à l?emballement inflationniste. Son prix, sur le marché mondial, a littéralement bondi ces dernières années, mettant le pouvoir d?achat des ménages à rude épreuve. De février 2007 à février 2008, soit en un an, la tonne d?huile de tournesol, en Argentine (un pays producteur), a vu son prix exploser de 614 dollars américains à 1 685 dollars, soit une hausse de 174 %. Quant à l?huile brute de soja, elle a connu une augmentation de 145 %, son prix à la tonne étant passé de 611 dollars à 1 495 dollars. Enfin l?oléine de palme, importée de la Malaisie, n?a pas connu un meilleur sort. De 582 dollars la tonne, elle affiche 1 385 dollars en l?espace d?un an, connaissant ainsi une hausse de 124 %.
<B>Transformation en biocarburant</B>
Mais pour Paul Clarenc, bien que la situation soit déjà difficile tant pour les consommateurs que pour les distributeurs, elle aurait pu être pire, si des problèmes d?approvisionnement au niveau international n?étaient pas maîtrisés. Ce patron dont l?entreprise distribue les produits Moroil Tournesol, Moroil Soja et Moroil Rani explique :«D?abord grâce aux relations de grande confiance, datant de 40 ans, que Moroil entretient avec ses fournisseurs d?Argentine, du Brésil et de la Malaisie, nous arrivons à assurer la continuité de l?approvisionnement en huile végétale de qualité à la population. En ce qui concerne la hausse des cours de l?huile sur le marché international, nous essayons, autant que possible, de ne pas soumettre les consommateurs à cette volatilité des prix observée au plan mondial. Ainsi, nous évitons de réviser nos prix de façon intempestive. Tous les quatre mois, seulement après avoir apporté à l?autorité de tutelle les preuves nécessaires, nous procédons à la révision de nos prix, mais de façon toujours modérée. Tout se fait dans la transparence, en ayant à c?ur autant les intérêts des actionnaires de l?entreprise que ceux des consommateurs. Nous pratiquons des prix raisonnables, quelles que soient les difficultés auxquelles le marché international nous astreints.»
Même argument chez Ramdenee Edible Oil Products Ltd, distributeur de l?huile Raja. «En faisant une bonne planification de nos matières premières, nous arrivons à limiter nos coûts. Ainsi, nous arrivons à répercuter au consommateur une augmentation assez modeste, comparée à la situation générale sur le marché international de l?huile végétale où nous assistons à une inflation allant jusqu?à 140 % en un an», soutient Ashok Ramdenee, Managing Director de l?entreprise.
Plusieurs raisons expliquent cette hausse des prix. L?engouement pour transformer les réserves d?huile végétale en source de biocarburant dans certains pays développés fait partie des causes principales de la hausse des cours de l?huile végétale.
L?augmentation de la demande dans les pays émergents, comme la Chine et l?Inde, n?arrange guère la situation. La conjugaison de ces deux facteurs est à l?origine des spéculations sur les marchés à terme de ce produit.
Et s?il faut ajouter à tout cela les problèmes liés au fret maritime, devenu très strict depuis que l?huile végétale ne peut être transportée que par des navires spéciaux (dotés d?une double coque et à double fond), la coupe est pleine, pour le consommateur.
Mais Paul Clarenc rassure. Non seulement les craintes de pénurie sont écartées et la continuité de l?approvisionnement assurée, mais la qualité de l?huile végétale à Maurice respectera toujours les normes sanitaires en vigueur. «Pour la bonne santé du consommateur, nous faisons un mélange de 25 % d?oléine de palme pour 75 % d?huile de soja ou de tournesol, selon le cas. Les inspecteurs du ministère de la Santé nous rendent visite de façon régulière, pour prélever des échantillons à des fins d?analyse.»
Ce même pourcentage a été également confirmé par Ashok Ramdenee de Ramdenee Edible Oil Products Ltd.
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